Citations ( 1 ) J.chrysostome, Jérôme, Pacien, Thomas More


 JEAN CHRYSOSTOME
SUR L’ÉVANGILE DE MATTHIEU


Le sel de la terre

Vous êtes le sel de la terre,
dit le Seigneur. ~ Ce n’est pas pour votre propre vie, veut-il dire,
mais c’est pour le monde entier que la Parole vous est confiée. Car ce
n’est pas à deux villes, à dix, à vingt, ou à un seul peuple que je
vous envoie, comme jadis les prophètes, mais à la terre, à la mer, au
monde entier, qui est plongé dans le mal. En disant: Vous êtes le sel de la terre,
il leur montrait que toute la nature humaine était affadie et corrompue
par le péché. C’est pourquoi il exige de ses disciples les vertus qui
sont les plus nécessaires et les plus efficaces chez ceux qui ont la
charge de la multitude. En effet, celui qui est doux, abordable
compatissant et juste ne renferme pas en lui-même ses bonnes actions,
mais il cherche à en faire comme des sources qui coulent pour l’utilité
d’autrui. De même, celui qui a le coeur pur, qui est un artisan de
paix, qui est persécuté pour la vérité, consacre sa vie au bien commun.

Ne croyez pas, leur dit-il, que vous serez
appelés à des combats ordinaires et que vous n’aurez à rendre compte
que d’affaires sans importance : Vous êtes le sel de la terre.
Qu’est-ce que cela veut dire? Ont-ils remis en bon état ce qui était
pourri? Pas du tout. Il n’est pas possible d’améliorer ce qui est déjà
corrompu, en y mettant du sel. Ils n’ont pas fait cela. Mais on avait
préalablement rénové ce qu’on leur avait confié, après l’avoir délivré
de son infection. C’est alors que les disciples salaient cette pâte
afin de la garder dans la nouveauté donnée par leur Maître. Car
délivrer de la pourriture du péché, ce fut l’action bienfaisante du
Christ ; mais ne plus y laisser revenir, c’était la tâche à laquelle
les disciples devaient donner leurs soins et leurs efforts.
Voyez-vous
comment Jésus Christ montre discrètement qu’ils sont supérieurs aux
prophètes? Il ne dit pas qu’ils sont chargés d’instruire la Palestine,
mais la terre entière.~ Ne vous étonnez donc pas, leur dit-il, si, en
négligeant les autres, c’est à vous que je m’adresse et si je vous
envoie vers de si grands dangers. Considérez en effet à combien de
villes, de territoires, de nations je vais vous envoyer pour y
présider. Aussi je ne veux pas seulement que vous soyez pleins de
sagesse, mais que vous rendiez les autres pareils à vous. Car si vous
ne le faites pas, c’est que vous n’avez même pas assez de sagesse pour
vous. ~
Si les autres s’affadissent, ils peuvent revenir par
votre intermédiaire; mais si ce malheur vous arrivait, vous
entraîneriez les autres à leur perte en même temps que vous. C’est
pourquoi, plus importantes sont les affaires qui vous sont confiées,
plus vous devez déployer d’ardeur. D’où cette parole: Si le sel
n’a plus de saveur, comment redeviendra-t-il du sel? Il n’est plus bon
à rien: on le jette dehors, et les gens le piétinent
. ~
Jésus venait de leur dire : ~ Si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous.
Il ne veut pas que ces paroles leur fassent craindre de se montrer, et
c’est pourquoi il leur dit: « Si vous n’êtes pas prêts à tout cela,
c’est en vain que vous avez été choisis. ~ Si la calomnie est
inévitable, elle ne vous fera aucun mal, mais elle témoignera de votre
fermeté. Au contraire, si vous avez peur et si vous abandonnez la
vigueur qui vous convient, vous tomberez dans des malheurs bien pires:
tout le monde dira du mal de vous et vous méprisera. C’est cela, être
piétiné par les gens».
Ensuite, il passe à une autre comparaison, plus noble: Vous êtes la lumière du monde. Il répète: du monde,
non pas d’un seul peuple ou de vingt villes, mais de toute la terre. Et
il s’agit d’une lumière intelligible, supérieure à celle du soleil, de
même qu’il s’agissait tout à l’heure d’un sel spirituel. D’abord le
sel, ensuite la lumière, pour t’enseigner quelle est l’importance du
gain procuré par une parole pénétrante, l’avantage apporté par une
doctrine vraiment sainte : c’est de lier l’auditeur, de ne pas lui
permettre le relâchement, de l’amener à considérer la vertu. Une ville située sur la montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau.
Par ces paroles encore, il les pousse à une vie rigoureuse, il leur
enseigne à être des soldats vigilants parce qu’ils sont exposés à tous
les yeux et qu’ils auront à combattre en plein théâtre du monde.



Saint Jérôme
(347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église

Lettre (trad. rev. Tournay)


Nous avons reçu plus que nous n’avons donné ; nous quittons de petites

choses et nous trouvons des biens immenses. Le Christ rend au centuple ce

qu’on fait pour lui : « Si tu veux être parfait, va, vends tout et donnes-en

le prix aux pauvres. Puis, viens et suis-moi ». « Si tu veux être parfait » —

les grandes choses sont toujours laissées à notre libre choix. De même

l’apôtre Paul ne fait pas un commandement de la virginité (1Co 7), car Jésus a

dit : « L’observe qui pourra ! Ce don vient de la miséricorde de Dieu » (cf Mt

19,12). « Si tu veux être parfait » ; on ne vous l’impose pas, afin que le

sacrifice étant volontaire, le mérite en devienne plus grand. Et cependant,

pour arriver à la perfection, il ne suffit pas simplement de mépriser les

richesses et de donner ses biens, de se libérer de ce qu’on peut perdre et

acquérir en un moment. Cela, les philosophes l’ont fait ; un chrétien doit

faire plus qu’eux.

Il ne suffit pas de quitter les biens terrestres, il faut suivre le

Christ. Mais suivre le Christ, qu’est-ce que c’est ? C’est renoncer à tout

péché, et adhérer à toute vertu. Le Christ, c’est la Sagesse éternelle, ce

trésor qu’on trouve en un champ (Mt 13,44), dans le champ des Saintes

Ecritures. C’est la perle précieuse pour laquelle il en faut sacrifier

beaucoup d’autres (Mt 13,46). Le Christ, c’est encore la sainteté, la sainteté

sans laquelle personne ne verra la face de Dieu. Le Christ est notre

rédemption, notre rédempteur ; il est notre rançon (1 Tm 2,6). Le Christ est

tout : celui donc qui acceptera de tout quitter pour lui retrouvera tout en

lui. Celui-là pourra dire : « Ma part d’héritage, c’est le Seigneur » (Ps

15,5)… Ne donnez pas seulement votre argent, si vous voulez suivre Jésus

Christ. Donnez-vous vous-même à lui ; imitez le Fils de l’Homme qui n’est pas

venu pour être servi, mais pour servir (Mc 10,45).



SERMON DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
SUR L’ÉVANGILE DE MATTHIEU


Discerner le Corps du Christ

Tu
veux honorer le Corps du Christ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu. Ne
l’honore pas ici dans l’église, par des tissus de soie tandis que tu le
laisses dehors souffrir du froid et du manque de vêtements. Car celui
qui a dit: Ceci est mon corps, et qui l’a réalisé en le disant, c’est lui qui a dit: Vous m’avez vu avoir faim, et vous ne m’avez pas donné à manger, et aussi: Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. Ici le corps du Christ n’a pas besoin de vêtements, mais d’âmes pures; là-bas il a besoin de beaucoup de sollicitude.



HOMÉLIE DE SAINT PACIEN DE BARCELONE
SUR LE BAPTÊME


Le baptême, entrée dans l’humanité nouvelle

Le péché d’Adam s’était communiqué à tout le genre humain. Comme dit l’Apôtre: Par
un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché est
venue la mort; ainsi la mort est passée en tous les hommes
. Donc,
il est nécessaire que la justice du Christ soit communiquée au genre
humain; et de même qu’Adam, par le péché, a perdu sa descendance, de
même le Christ, par sa justice, donnera la vie à ses enfants. L’Apôtre
y insiste: De même que tous sont devenus pécheurs parce qu’un seul
homme a désobéi, de même tous deviendront justes parce qu’un seul homme
a obéi. Comme le péché avait régné pour la mort, ainsi, par la justice,
la grâce régnera pour la vie éternelle
.
Quelqu’un me dira:
«Mais le péché d’Adam s’est communiqué à ses descendants parce qu’ils
étaient engendrés par lui; est-ce que nous descendons du Christ, pour
que nous puissions être sauvés par lui ?» Que tes pensées ne se placent
pas au niveau de la chair. Tu vas voir comment nous sommes engendrés
par le Christ. A la fin des temps, certes, le Christ a reçu de Marie
une âme avec la chair: cette chair, il est venu la sauver, il ne l’a
pas abandonnée au séjour des morts, il l’a unie à son esprit et il l’a
faite sienne. Ce sont là les noces du Seigneur, qui l’ont uni à une
seule chair, afin que, selon ce grand mystère, ils soient deux en une seule chair: le Christ et l’Église.
Le
peuple chrétien est né de ces noces, sur lesquelles est descendu
l’Esprit du Seigneur. Par l’infusion et le mélange d’une semence venue
du ciel, aussitôt, avec les substances de nos âmes nous nous
développons dans les entrailles de notre mère et, en grandissant dans
son sein, nous vivons dans le Christ. C’est ce qui a fait dire à
l’Apôtre : Le premier Adam avait reçu la vie; le dernier Adam est un être spirituel qui donne la vie. C’est ainsi que le Christ engendre des enfants dans l’Église par ses prêtres, selon l’Apôtre : Dans le Christ, je vous ai engendrés.
Et c’est ainsi que la semence du Christ, c’est-à-dire l’Esprit de Dieu,
fait naître l’homme nouveau qui remue dans le sein de sa mère, qui est
mis au monde dans la fontaine baptismale, par les mains du prêtre, avec
la foi pour témoin. ~
On doit donc admettre que le Christ engendre, puisque l’Apôtre Jean le dit : Tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.
Cela ne peut s’accomplir que par le sacrement du baptême, par la
chrismation, et par l’évêque. Le baptême en effet lave les péchés; la
chrismation répand en outre le Saint-Esprit, et nous obtenons l’un et
l’autre par la main et la bouche de l’évêque. C’est ainsi que l’homme
tout entier naît de nouveau, et est renouvelé dans le Christ: De même que le Christ est ressuscité des morts, ainsi mènerons-nous une vie nouvelle, nous aussi,
c’est-à-dire: pour qu’après avoir abandonné les erreurs de la vie
ancienne ~, par l’Esprit, nous ayons une conduite nouvelle dans le
Christ.



Saint Isaac le Syrien (7ème siècle), moine à Ninive, près de Mossoul dans
l’actuel Irak


Discours ascétiques, 1ère série, n° 72 (trad. DDB 1981, p.366)


« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie
boisson »

L’Arbre de la vie est l’amour de Dieu. Adam l’a perdu dans sa chute et
n’a plus jamais retrouvé la joie, mais il travaillait et peinait sur la terre
pleine d’épines (Gn 3,18). Ceux qui se sont privés de l’amour de Dieu mangent
dans leurs oeuvres le pain de leur sueur (Gn 3,19), quand bien même ils
marcheraient sur une voie droite ; c’est là le pain qu’il a été donné à la
première créature de manger après la chute. Jusqu’à ce que nous trouvions
l’amour, notre travail est là, sur la terre des épines…; quelle que soit notre
justice personnelle, c’est à la sueur de notre visage que nous vivons.


Mais quand nous avons trouvé l’amour, nous nous nourrissons du pain
céleste, et nous sommes réconfortés en dehors de toute oeuvre et de toute
peine. Le pain céleste est le Christ, qui est descendu du ciel et a donné la
vie au monde. Et telle est la nourriture des anges (Ps 77,25). Celui qui a
trouvé l’amour se nourrit du Christ chaque jour et à toute heure, et il en
devient immortel. Car il a dit : « Celui qui mange du pain que je lui donnerai
ne verra jamais la mort. » Bienheureux est celui qui mange du pain de l’amour,
qui est Jésus. Car celui qui se nourrit de l’amour se nourrit du Christ, le
Dieu qui domine l’univers, ce dont Jean témoigne quand il dit : « Dieu est
amour » (1Jn 4,8).

Donc celui qui vit dans l’amour reçoit de Dieu le fruit de la vie. Il
respire dans ce monde l’air même de la résurrection, cet air dont les justes
ressuscités font leurs délices. L’amour est le Royaume. C’est de lui que le
Seigneur a mystérieusement ordonné à ses apôtres de se nourrir ; manger et
boire à la table de mon Royaume (Lc 22,30), qu’est-ce d’autre que l’amour ?
Car l’amour est capable de nourrir l’homme au lieu de tout aliment et de toute
boisson. . Tel est « le vin qui réjouit le coeur de l’homme » (Ps 104,16) ;
bienheureux celui qui boit de ce vin .





Saint Thomas More (1478-1535)
, homme d’Etat anglais, martyr


Dialogue du réconfort dans les tribulations (trad. Écrits des saints, Soleil
Levant, p.23-24)



« L’oeuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé
»


La fondation sur laquelle nous nous appuyons, c’est la foi. Sans la foi,
inutile d’espérer apporter quelque réconfort spirituel… Quel soutien la
Sainte Écriture pourrait-elle procurer à quelqu’un qui ne croirait pas qu’elle
est la Parole de Dieu et que sa Parole est vraie ? On doit y trouver bien peu
de profit si on ne croit pas que c’est la Parole de Dieu ou si, admettant même
qu’elle l’est, on croit qu’elle peut contenir des erreurs ! Suivant que la foi
est plus ou moins forte, les paroles de réconfort de la Sainte Écriture feront
plus ou moins de bien.


Cette vertu de la foi, aucun homme ne peut l’acquérir par lui-même, ni
non plus la donner à un autre… La foi est un don gratuit de Dieu, et comme
le dit saint Jacques : « Tout bien, toute perfection nous vient d’en haut, du
Père des lumières. » (Jc 1,17) C’est pourquoi nous qui, à beaucoup de signes,
sentons que notre foi est faible, prions-le pour qu’il la fortifie.



Saint Grégoire le Grand (vers 540-604), pape, docteur de l’Église

Homélie 14 sur l’Evangile ; PL 76, 1129-1130 (trad. Brésard, 2000 ans C, p
136)




Voici que celui qui est bon, non par un don reçu, mais par nature, dit :
« Je suis le bon Pasteur ». Et il poursuit, pour que nous imitions le modèle
qu’il nous a donné de sa bonté : « Le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis
» (Jn 10,11). Lui, il a réalisé ce qu’il a enseigné ; il a montré ce qu’il a
ordonné. Bon Pasteur, il a donné sa vie pour ses brebis, pour changer son
corps et son sang en notre sacrement, et rassasier de l’aliment de sa chair
les brebis qu’il avait rachetées. La route à suivre est montrée : c’est le
mépris qu’il a fait de la mort. Voici placé devant nous le modèle sur lequel
nous avons à nous conformer. D’abord nous dépenser extérieurement avec
tendresse pour ses brebis ; mais ensuite, si c’est nécessaire, leur offrir
même notre mort.

Il ajoute : « Je connais — c’est-à-dire j’aime — mes brebis et mes
brebis me connaissent ». C’est comme s’il disait en clair : « Qui m’aime, me
suive ! », car celui qui n’aime pas la vérité ne la connaît pas encore. Voyez,
frères très chers, si vous êtes vraiment les brebis du bon Pasteur, voyez si
vous le connaissez, voyez si vous percevez la lumière de la vérité. Je parle
non de la perception de la foi mais de celle de l’amour ; vous percevez non
par votre foi, mais par votre comportement. Car le même évangéliste Jean, de
qui vient cette parole, affirme encore : « Celui qui dit qu’il connaît Dieu,
et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur » (1Jn 2,4). C’est
pourquoi, dans notre texte, le Seigneur ajoute aussitôt : « De même que le
Père me connaît et que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis
», ce qui revient à dire clairement : Le fait que je connais mon Père et que
je suis connu de mon Père, consiste en ce que je donne ma vie pour mes brebis.
En d’autres termes : Cet amour par lequel je vais jusqu’à mourir pour mes
brebis montre combien j’aime le Père.




Benoît XVI
présente
saint Augustin comme un modèle de conversion

Il célèbre la messe à Pavie, où se trouve la tombe du saint

ROME,
Vendredi 20 avril 2007 (ZENIT.org) – Le pape Benoît
XVI a présenté ce dimanche saint Augustin d’Hippone comme un
modèle de conversion à notre époque. Le pape était en
visite pastorale à Pavie (Lombardie), dans le nord de l’Italie,
où se trouve la tombe du saint.

C’est à saint Augustin,
évêque et docteur de l’Eglise (354-430) que le pape a
consacré son homélie au cours de la messe qu’il a
présidée dans les Jardins du Collège Borromée à Pavie. Benoît
XVI connaît bien saint Augustin à qui il a consacré
sa thèse de doctorat et qu’il considère comme un maître.

«
Jésus, le Ressuscité, vit aujourd’hui encore », a déclaré le
pape.

« Conversion » et « pardon des péchés », sont
« des mots clés de la catéchèse de Pierre »,
a-t-il ajouté, en faisant référence à la première lecture de
la messe de ce dimanche.

« Le chemin que nous devons
faire, le chemin que Jésus nous indique s’appelle ‘conversion’. Mais
de quoi s’agit-il ? Que faut-il faire ? »
s’est
interrogé le pape, devant une foule de quelque 20.000 personnes.

Le
pape a présenté le chemin de conversion de saint Augustin
en expliquant ses « trois conversions » qui « en
réalité ont été une unique grande conversion à la recherche
du Visage du Christ puis en cheminant avec Lui ».

«
La première conversion fondamentale a été le cheminement intérieur vers
le christianisme, vers le ‘oui’ de la foi et du
Baptême »
, a-t-il expliqué. Selon certains historiens, cette première conversion
aurait eu lieu à Pâques, en l’an 387.

Saint Augustin «
était toujours tourmenté par la question de la vérité. Il
voulait trouver la vérité », a-t-il poursuivi.

« Il avait toujours
cru – parfois vaguement, parfois plus clairement – que Dieu
existait et qu’Il prenait soin de nous. Mais le grand
combat intérieur de ses années de jeunesse avait été de
connaître vraiment ce Dieu, de se familiariser vraiment avec ce
Jésus Christ et d’arriver à Lui dire ‘oui’ avec toutes
les conséquences », a expliqué le pape.

« Il nous raconte
que, à travers la philosophique platonique il avait appris et
reconnu que ‘au commencement était le Verbe’ – le Logos,
la raison créatrice. Mais la philosophie ne lui indiquait aucune
voie pour l’atteindre ; ce Logos demeurait lointain et intangible
», a poursuivi Benoît XVI.

« C’est seulement dans la foi
de l’Eglise qu’il a ensuite trouvé la deuxième vérité essentielle
: le Verbe s’est fait chair. Et ainsi le Verbe
nous touche, nous le touchons », a expliqué le pape.

La
« deuxième conversion » de saint Augustin a eu lieu
après son baptême, à Hippone, en Afrique alors qu’il avait
fondé un petit monastère et fut consacré prêtre, de force,
à la demande populaire.

« Le beau rêve de la vie
contemplative s’était évanoui, la vie d’Augustin s’en trouvait fondamentalement changée.
Il devait maintenant vivre avec le Christ pour tous »,
a expliqué Benoît XVI.

« Il devait traduire ses connaissances et
ses pensées sublimes dans la pensée et le langage des
gens simples de sa ville », a-t-il ajouté.

« La grande
œuvre philosophique de toute une vie, dont il avait rêvé,
demeura non écrite. Une chose plus précieuse nous fut donnée
à la place : l’Evangile traduit dans le langage de
la vie quotidienne », a poursuivi le pape.

« Voilà la
deuxième conversion que cet homme, luttant et souffrant, dût réaliser
continuellement : être toujours à nouveau là pour tous ;
donner sa vie, sans cesse à nouveau, avec le Christ,
afin que les autres puissent Le trouver, puissent trouver la
vraie Vie », a-t-il expliqué.

Enfin, la troisième conversion de saint
Augustin a eu lieu lorsqu’il découvrit que « un seul
est vraiment parfait et que les paroles du Discours de
la montagne sont entièrement réalisées en un seul : en
Jésus Christ lui-même ».

« Toute l’Eglise en revanche – nous
tous, y compris les Apôtres – doit prier chaque jour
: ‘pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux
qui nous ont offensés’ » écrivait saint Augustin (cf. Retract.
I 19, 1-3).

« Augustin avait appris un dernier degré d’humilité
– non seulement l’humilité d’insérer sa grande pensée dans la
foi de l’Eglise, non seulement l’humilité de traduire ses grandes
connaissances dans la simplicité de l’annonce, mais également l’humilité de
reconnaître qu’il avait lui-même, ainsi que toute l’Eglise pèlerine, continuellement
besoin de la bonté miséricordieuse d’un Dieu qui pardonne ».

«
Et nous – ajoutait-il – nous nous rendons semblables au
Christ, le Parfait, dans la mesure la plus grande possible,
lorsque nous devenons comme Lui des personnes de miséricorde »,
a-t-il précisé.

Le pape a conclu par cette exhortation : «
Remercions Dieu pour la grande lumière qui rayonne de la
sagesse et de l’humilité de saint Augustin et prions le
Seigneur afin qu’il donne à chacun de nous, jour après
jour, la conversion nécessaire, et nous conduise ainsi vers la
vraie vie ».



le pape Benoît
XVI

Chers frères et sœurs,

Après le temps des
fêtes, nous revenons aux catéchèses normales, même si apparemment, il
règne encore un climat de fête sur la Place. Avec
les catéchèses, nous revenons, comme je l’ai dit, au filon
commencé auparavant. Nous avons tout d’abord parlé des douze apôtres,
puis des disciples des apôtres, nous parlons à présent des
grandes personnalités de l’Eglise naissante, de l’Eglise antique. Dans la
dernière, nous avions parlé de saint Irénée de Lyon, nous
parlons aujourd’hui de Clément d’Alexandrie, un grand théologien qui naquit
probablement à Athènes autour de la moitié du deuxième siècle.
Il hérita d’Athènes cet intérêt prononcé pour la philosophie, qui
devait faire de lui l’un des hérauts du dialogue entre
foi et raison dans la tradition chrétienne. Encore jeune, il
rejoignit Alexandrie, la « ville symbole » de ce carrefour
fécond entre différentes cultures qui caractérisa l’époque hellénistique. Il y
fut le disciple de Pantène, jusqu’à lui succéder dans la
direction de l’école catéchétique. De nombreuses sources attestent qu’il fut
ordonné prêtre. Au cours de la persécution de 202-203, il
quitta Alexandrie pour se réfugier à Césarée, en Cappadoce, où
il mourut vers 215.

Les œuvres les plus importantes qui nous
restent de lui sont au nombre de trois: le Protreptique,
le Pédagogue et les Stromates. Même s’il ne semble pas
que cela fût l’intention originelle de l’auteur, le fait est
que ces écrits constituent une véritable trilogie, destinée à accompagner
de manière efficace la maturation spirituelle du chrétien. Le Protreptique,
comme le dit la parole elle-même, est une « exhortation
» adressée à celui qui commence et cherche le chemin
de la foi. Mieux encore, le Protreptique coïncide avec une
Personne : le Fils de Dieu, Jésus Christ, qui se
fait
l’« exhortateur » des hommes, afin qu’ils entreprennent de
manière décidée le chemin vers la Vérité. Jésus Christ lui-même
se fait ensuite Pédagogue, c’est-à-dire l’« éducateur » de ceux
qui, en vertu du Baptême, sont désormais devenus des fils
de Dieu. Enfin, Jésus Christ lui-même est aussi
Didascalo, c’est-à-dire
le « Maître » qui propose les enseignements plus profonds
.
Ceux-ci sont rassemblés dans la troisième œuvre de Clément, les
Stromates, parole grecque qui signifie « tapisseries »: il s’agit,
en effet, d’une composition non systématique de thèmes divers, fruits
de l’enseignement habituel de Clément.

Dans son ensemble, la catéchèse clémentine
accompagne pas à pas le chemin du catéchumène et du
baptisé pour que, avec les deux « ailes » de
la foi et de la raison, ils parviennent à une
profonde connaissance de la Vérité, qui est Jésus Christ, le
Verbe de Dieu.
Seule cette connaissance de la personne, qui
est la vérité, est la « véritable gnose », l’expression
grecque qui signifie « connaissance », « intelligence ». C’est
l’édifice construit par la raison sous l’impulsion d’un principe surnaturel.
La foi elle-même édifie la vraie philosophie, c’est-à-dire la vraie
conversion sur le chemin à prendre dans la vie. Donc,
la gnose authentique est un développement de la foi, suscité
par Jésus Christ dans l’âme qui est unie à Lui
.
Clément distingue ensuite deux degrés de la vie chrétienne. Premier
degré: les chrétiens croyants, qui vivent la foi de manière
ordinaire, mais toujours ouverte aux horizons de la sainteté. Et
ensuite, le deuxième degré: les « gnostiques », c’est-à-dire ceux
qui mènent déjà une vie de perfection spirituelle; dans tous
les cas, le chrétien doit partir de la base commune
de la foi, à travers un chemin de recherche, il
doit se laisser guider par le Christ, et ainsi parvenir
à la connaissance de la Vérité et des vérités qui
forment le contenu de la foi
. Cette connaissance — nous
dit Clément — devient dans l’âme une réalité vivante: ce
n’est pas seulement une théorie, c’est une force de vie,
c’est une union d’amour transformatrice. La connaissance du Christ n’est
pas seulement pensée, mais elle est amour qui ouvre les
yeux, transforme l’homme et crée la communion avec le Logos,
avec le Verbe divin, qui est vérité et vie. Dans
cette communion, qui est la parfaite connaissance et qui est
amour, le chrétien parfait atteint la contemplation, l’unification avec Dieu.

Clément
reprend finalement la doctrine selon laquelle la fin ultime de
l’homme est de devenir semblable à Dieu. Nous sommes créés
à l’image et à la ressemblance de Dieu, mais cela
est aussi un défi, un chemin; en effet, le but
de la vie, la destination ultime, est vraiment de devenir
semblable à Dieu. Cela est possible grâce à la connaturalité
avec Lui, que l’homme a reçue au moment de la
création, en vertu de laquelle il est déjà en soi
— déjà en soi — image de Dieu. Cette connaturalité
permet de connaître les réalités divines, auxquelles l’homme adhère tout
d’abord par la foi et qui, à travers la foi
vécue, la pratique de la vertu, peut grandir jusqu’à la
contemplation de Dieu. Ainsi, dans le chemin de la perfection,
Clément ajoute à l’exigence morale autant d’importance qu’il en attribue
à l’exigence intellectuelle. Les deux vont de pair, car on
ne peut pas connaître sans vivre et on ne peut
pas vivre sans connaître. L’assimilation à Dieu et sa contemplation
ne peuvent être atteintes à travers la seule connaissance rationnelle:
dans ce but, une vie selon le Logos est nécessaire,
une vie selon la vérité. Les bonnes œuvres doivent par
conséquent accompagner la connaissance intellectuelle comme l’ombre suit le corps.

Deux
vertus enrichissent en particulier l’âme du « vrai gnostique ».
La première est
la liberté par rapport aux passions (apátheia);
l’autre est l’amour, la véritable passion, qui assure l’union intime
avec Dieu et la contemplation. L’amour donne la paix parfaite,
et met le « vrai gnostique » en mesure d’affronter
les plus grands sacrifices, même le sacrifice suprême, à la
suite du Christ, et le fait monter degré après degré
jusqu’au sommet des vertus
. Ainsi, l’idéal éthique de la philosophie
antique, c’est-à-dire la libération des passions, vient de Clément, redéfini
et conjugué avec l’amour, dans le processus incessant d’assimilation à
Dieu.

L’Alexandrin crée ainsi la deuxième grande occasion de dialogue entre
l’annonce chrétienne et la philosophie grecque. Nous savons que saint
Paul à l’Aréopage, à Athènes, où Clément est né, avait
réalisé la première tentative de dialogue avec la philosophie grecque
— qui avait été en grande partie un échec —,
mais ils lui avaient dit : « Nous t’écouterons une
autre fois ». A présent, Clément reprend ce dialogue et
l’ennoblit au plus haut degré dans la tradition philosophique grecque.
Comme l’a écrit mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II dans l’Encyclique
Fides et ratio, Clément d’Alexandrie va jusqu’à interpréter la philosophie
comme « une instruction propédeutique à la foi chrétienne »
(n. 38). Et, de fait, Clément est allé jusqu’à soutenir
que Dieu aurait donné la philosophie aux Grecs « comme
un Testament qui leur est propre » (Strom. 6, 8,
67, 1). Pour lui, la tradition philosophique grecque, presque comme
la Loi pour les Juifs, est un lieu de «
révélation », ce sont deux courants qui en définitive vont
vers le Logos lui-même. Ainsi, Clément continue à indiquer avec
décision le chemin de celui qui entend « donner raison
» de sa propre foi en Jésus Christ. Il peut
servir d’exemple aux chrétiens, aux catéchistes, aux théologiens de notre
époque, à qui Jean-Paul II, dans la même Encyclique, recommandait
de « reprendre et mettre en valeur le mieux possible
la dimension métaphysique de la vérité afin d’entrer ainsi dans
un dialogue critique et exigeant avec la pensée philosophique contemporaine
».

Nous concluons, en faisant nôtres quelques expressions de la célèbre
« prière au Christ Logos », avec laquelle Clément conclut
son Pédagogue. Il supplie ainsi: « Sois propice à tes
fils »; « Accorde-nous de vivre dans ta paix, d’être
transférés dans ta ville, de traverser sans en être submergés
les flots du péché, d’être transportés au calme auprès de
l’Esprit Saint et de la Sagesse ineffable: nous, qui nuit
et jour, jusqu’au dernier jour chantons un chant d’action de
grâce à l’unique Père,… au Fils pédagogue et maître, avec
l’Esprit Saint
. Amen! » (Ped. 3, 12, 101).



Homélie du Pape
(
dimanche de la Divine Miséricorde )

Chers frères et
sœurs,

Je vous renouvelle à tous mes souhaits de Bonne Pâque,
en ce dimanche qui en clôt l’Octave, et qui est
traditionnellement appelé, comme je l’ai déjà dit dans mon homélie,
Dimanche in Albis. Par la volonté de mon vénéré prédécesseur
le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, mort précisément après les
premières vêpres de cette fête, ce dimanche est également dédié
à la Miséricorde divine. En cette fête si particulière, j’ai
célébré une messe ce matin, place Saint-Pierre, accompagné par des
cardinaux, des évêques et des prêtres, par des fidèles de
Rome et de nombreux pèlerins qui ont voulu se rassembler
autour du pape à la veille de ses 80 ans.
Je renouvelle à tous du fond du cœur mes remerciements
les plus sincères, que j’étends à l’Eglise tout entière, qui
m’entoure de son affection, spécialement en ces jours, comme une
véritable famille.

Comme je le disais, ce dimanche conclut la semaine
ou, plus proprement, « l’Octave » de Pâques, que la
liturgie considère comme un jour unique : « le jour
que fit le Seigneur » (Ps 117, 24). Il ne
s’agit pas d’un temps chronologique, mais spirituel, que Dieu a
ouvert dans le tissu des jours lorsqu’il a ressuscité le
Christ d’entre les morts. L’Esprit Créateur, en infusant une vie
nouvelle et éternelle dans le corps enseveli de Jésus de
Nazareth a porté à son accomplissement l’œuvre de la création
en suscitant une « prémice » : la prémice d’une
humanité nouvelle qui en même temps est prémice d’un monde
nouveau et d’une ère nouvelle. Ce renouvellement du monde peut
être résumé en une parole : celle que Jésus ressuscité
a prononcée comme salutation et bien plus comme une annonce
de sa victoire à ses disciples : « Paix à
vous »
(Lc 24,36; Jn 20,19.21.26). La paix est un
don que le Christ a laissé à ses amis (cf.
Jn 14, 27) comme une bénédiction destinée à tous les
hommes et à tous les peuples
. Non pas la paix
selon la mentalité du « monde », en tant qu’équilibre
de forces, mais une réalité nouvelle, fruit de l’Amour de
Dieu, de sa Miséricorde. C’est la paix que Jésus Christ
a gagnée au prix de son Sang, et qu’il communique
à ceux qui placent leur confiance en lui. « Jésus,
j’ai confiance en toi » : ces paroles résument la
foi du chrétien, qui est foi dans la toute-puissance de
l’Amour miséricordieux de Dieu.

Chers frères et sœurs, en vous remerciant
à nouveau de votre proximité spirituelle, en cette occasion de
mon anniversaire et de l’anniversaire de mon élection comme Successeur
de Pierre, je vous confie tous à Marie, Mère de
Miséricorde, Mère de Jésus qui est l’Incarnation de la Miséricorde
divine. Avec son aide, laissons-nous renouveler par l’Esprit pour coopérer
à l’œuvre de paix que Dieu est en train d’accomplir
dans le monde et qui ne fait pas de bruit,
mais se réalise dans les innombrables gestes de charité de
tous ses enfants.



Saint Irénée de Lyon (vers 130-vers 208),
évêque, théologien et martyr


Contre les Hérésies, IV, 20, 7 (trad. SC n°100, p. 647 rev.)


« Dieu, personne n’a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du
Père, c’est lui qui l’a révélé. » (Jn 1,18)



Dès le commencement, le Fils est celui qui révèle le Père, puisqu’il est
auprès du Père depuis le commencement. Au temps fixé, c’est lui qui a montré
aux hommes, pour leur profit, les visions prophétiques, la diversité des
grâces
, les ministères et la glorification du Père, tout cela comme une
mélodie bien composée et harmonieuse. En effet, là où il y a composition, il y
a mélodie ; là où il y a mélodie, il y a temps fixé ; là où il y a temps fixé,
il y a profit. C’est pourquoi, pour le profit des hommes, le Verbe s’est fait
le dispensateur de la grâce du Père, selon ses desseins. Il montre Dieu aux
hommes et présente l’homme à Dieu, tout en préservant l’invisibilité du Père,
de peur que les hommes n’en viennent à mépriser Dieu et pour qu’ils aient
toujours des progrès à faire, et en même temps rendant Dieu visible aux hommes
de nombreuses façons, de peur que, privés totalement de Dieu, ils n’en
viennent jusqu’à perdre l’existence.

Car la gloire de Dieu c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est
la vision de Dieu
. Si déjà la révélation de Dieu par la création donne la vie
à tous les êtres qui vivent sur la terre, combien plus la manifestation du
Père par le Verbe donne la vie à ceux qui voient Dieu !




Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Edith Stein] (1891-1942)
, carmélite,
martyre, co-patronne de l’Europe


Poésie « Heilige Nacht » (trad. Malgré la nuit, Ad Solem 2002, p.21)


« Afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle "



Mon Seigneur et mon Dieu,
tu m’as guidée sur un long chemin obscur,
pierreux et dur.
Mes forces semblaient souvent vouloir m’abandonner,
je n’espérais presque plus voir un jour la lumière.Mon coeur se
pétrifiait dans une souffrance profonde
quand la clarté d’une douce
étoile se leva à mes yeux
.
Fidèle, elle me guida et je la suivis d’un
pas d’abord timide, plus assuré ensuite.
J’arrivai enfin devant la porte
de l’Eglise.
Elle s’ouvrit. Je demandai à entrer.Ta bénédiction
m’accueille par la bouche de ton prêtre.
A l’intérieur des étoiles se
succèdent,

des étoiles de fleurs rouges qui me montrent le chemin jusqu’à
toi…
Et ta bonté permet qu’elles m’éclairent dans mon chemin vers toi.
Le mystère qu’il me fallait garder caché au profond de mon coeur, je
peux désormais l’annoncer à haute voix :
Je crois, je confesse ma foi
!
Le prêtre me conduit aux marches de l’autel, j’incline le
front,

l’eau sainte coule sur ma tête.Seigneur, est-il possible
à quelqu’un de renaître
une fois écoulée la moitié de sa vie ? (Jn
3,4)
Tu l’as dit, et c’est pour moi devenu réalité.Le poids des
fautes et des peines de ma longue vie m’a quittée.

Debout, j’ai reçu le
manteau blanc placé sur mes épaules,
symbole lumineux de la pureté !
J’ai porté à la main le cierge dont la flamme annonce qu’en moi
brûle ta vie sainte.
Mon coeur est désormais devenu la crèche qui attend
ta présence.
Pour peu de temps ! Marie, ta mère, qui est aussi la
mienne, m’a donné son nom.
A minuit elle dépose en mon coeur son enfant
nouveau-né.
Oh! nul coeur humain ne peut concevoir ce que tu
prépares à ceux qui t’aiment (1Co 2,9).
Tu es à moi désormais et jamais
plus je ne te quitterai.
Où que puisse aller la route de ma vie, tu es
auprès de moi.
Rien jamais ne pourra me séparer de ton amour (Rm 8,39).



Méliton de Sardes (?-v.195), évêque

Homélie pascale, 57-67 (trad. coll. Icthus vol. 10, p. 35 rev ; cf SC 123)
(EAQ)



Le mystère de la Pâque s’est accompli dans le corps du Seigneur. Mais
déjà il avait annoncé ses propres souffrances dans les patriarches, les
prophètes et tout son peuple ; il les avait confirmées par un sceau dans la
Loi et les prophètes. Ce futur inouï et grandiose a été préparé de longue date
; préfiguré depuis longtemps, le mystère du Seigneur a été rendu visible
aujourd’hui, car ancien et nouveau est le mystère du Seigneur…

Veux-tu donc voir le mystère du Seigneur ? Regarde Abel comme lui
assassiné, Isaac comme lui enchaîné, Joseph comme lui vendu, Moïse comme lui
exposé, David comme lui traqué, les prophètes comme lui malmenés au nom du
Christ. Regarde enfin la brebis immolée sur la terre d’Égypte, qui frappa
l’Égypte et sauva Israël par son sang.

Par la voix des prophètes aussi s’annonçait le mystère du Seigneur.
Moïse dit au peuple : « Vous verrez votre vie suspendue sous vos yeux, nuit et
jour, et vous ne croirez pas à votre vie » (Dt 28,66). Et David : « Pourquoi
les nations en tumulte et ce vain grondement des peuples ? Les rois de la
terre se sont soulevés, les princes ont ensemble conspiré contre le Seigneur
et son Oint » (Ps 2,1). Et Jérémie : « Je suis comme un agneau innocent amené
à l’abattoir. Ils trament de mauvais desseins contre moi, disant : Allons…,
arrachons-le de la terre des vivants, et nul ne se souviendra plus de son nom
» (11,9). Et Isaïe : « Comme une brebis, il fut mené au sacrifice ; comme un
agneau muet devant le tondeur, il n’ouvre pas la bouche. Qui racontera sa
naissance ? » (53,7)

Bien d’autres événements ont été annoncés par de nombreux prophètes
touchant le mystère de la Pâque, qui est le Christ… C’est lui qui nous a
délivrés de la servitude du monde comme de la terre d’Égypte, et nous a
arrachés à l’esclavage du démon comme de la main de Pharaon.



Prière de saint Anselme de Canterbury


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18-01-2007

Anselme« Venez et échappez un petit moment à vos occupations.
Dérobez-vous pendant ce bref laps de temps au tumulte de vos pensées.
Venez et rejetez le poids de vos tracas,
Oubliez vos laborieuses entreprises.
Consacrez ces quelques instants à Dieu et reposez-vous en Lui.
Chassez tout de votre esprit sauf Dieu
Et ce qui peut vous aider à Le trouver.
Puis, ayant bien fermé la porte de votre chambre,
Cherchez-Le »


La vie est une chance, saisis-la.
La vie est beauté, admire-la.
La vie est béatitude, savoure-la.
La vie est un rêve, fais-en une réalité.
La vie est un défi, fais-lui face.
La vie est un devoir, accomplis-le.
La vie est en jeu, joue-le.
La vie est précieuse, prends en soin.
La vie est une richesse, conserve-la.
La vie est amour, jouis-en.
La vie est un mystère, perce-le.
La vie est promesse, remplis-la.
La vie est un hymne, chante-le.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est une tragédie, prends-la à bras le corps.
La vie est une aventure, ose-la.
La vie est un bonheur, mérite-le.
La vie est la vie, défends-la


Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de
l’Église


Sermon 233 ; PL 38, 1112 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 332)



« Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création »

Vous avez entendu ce que dit le Seigneur à
ses disciples après la résurrection. Il les envoie prêcher l’Évangile, et ils
l’ont fait. Écoutez : « Sur toute la terre s’en va leur message et leurs
paroles jusqu’aux extrémités du monde » (Ps 18,5). Pas à pas, l’Évangile est
parvenu jusqu’à nous et jusqu’aux confins de la terre. En peu de mots, le
Seigneur s’adressant à ses disciples établit ce que nous devons faire et ce
que nous devons espérer. Il dit, en effet, comme vous l’avez entendu : « Celui
qui croira et sera baptisé sera sauvé. » Il demande notre foi et il nous offre
le salut. Si précieux est ce qu’il nous offre que ce qu’il nous demande n’est
rien.« Ainsi, mon Dieu, les fils
des hommes à l’ombre de tes ailes ont abri…, au torrent de tes délices tu les
abreuves, car en toi est la source de vie » (Ps 35,8s). Jésus Christ est la
source de la vie. Avant que la source de vie ne parvienne jusqu’à nous, nous
n’avions qu’un salut humain, semblable à celui des animaux dont parle le
psaume : « L’homme et le bétail, tu les sauves, Seigneur » (Ps 35,7). Mais
maintenant la source de la vie est venue jusqu’à nous, la source de la vie est
morte pour nous. Nous refusera-t-il sa vie, celui qui pour nous a donné sa
mort ? Il est le salut, et ce salut n’est pas vain comme l’autre. Pourquoi ?
Parce qu’il ne passe pas. Le Sauveur est venu. Il est mort, mais il a tué la
mort. Il a mis à la mort un terme en lui. Il l’a assumée et il l’a tuée. Où
donc est maintenant la mort ? Cherche-la dans le Christ et elle n’y est plus.
Elle y a été, mais elle est morte là. Ô vie, mort de la mort ! Reprenez
courage : elle mourra aussi en nous. Ce qui s’est accompli dans la Tête
s’accomplira aussi dans les membres, et la mort mourra aussi en nous.


Il est normal d’étre triste,devant tous les souffrances
causés par les hommes , la politique , l’éducation ,
la maladie ; le Christ lui-méme est passé par la souffrance et la
douleur physique et morale ; mais quand on ne peut plus rien faire :

Sainte Rose de Lima disait que nos larmes sont à Dieu et que quiconque
les verse sans songer à lui, les lui vole. Elles sont à Dieu et à celle
qui a donné à Dieu la chair et le sang de son Humanité.
et saint Ambroise, se souvenant de Monique, appelle Augustin « le fils
de si grandes larmes
…», à quelle profondeur ne faut-il pas entendre
que nous sommes fils des Larmes de la Créature d’exception qui a reçu
l’incomparable privilège, en tant que Mère de Dieu, d’offrir au Père
éternel une réparation suffisante pour le crime sans nom ni mesure qui
servit à Jésus à accomplir la rédemption du monde ?
Quand sainte Monique pleurait sur les égarements du futur docteur de la
grâce, ses larmes étaient comme un fleuve de gloire qui portait son
fils incrédule dans ses bras infatigablement étendus à l’Auteur de la
Grâce. Mais cependant, elle n’avait que ses larmes à offrir et c’était
la conversion de ce seul fils qu’elle avait en vue ..

(  de Léon Bloy )


Orbites des Etoiles Multiples

Les systèmes d’étoiles binaires et multiples sont très
fréquents dans notre univers. A peu près la moitié des
étoiles se trouvent dans des systèmes contenant deux ou plusieurs
étoiles. Cette page montre les orbites typiques des étoiles à
l’intérieur de systèmes à deux, trois et quatre étoiles.
Ces simulations sont limitées à des systèmes parfaits avec
des étoiles de même masse. Les systèmes multiples réels
sont bien plus complexes avec des étoiles de masses différentes
à des distances très variées.

Systèmes d’étoiles doubles

Sur l’image de gauche, on montre un système binaire type. Les deux étoiles
suivent des orbites elliptiques autour de leur centre de masse commun.
L’image de droite montre un cas très particulier où les orbites
sont parfaitement circulaires.

a binary star system

a binary star system

Un système d’étoiles
doubles
Un système circulaire

 

Systèmes d’étoiles triples

A gauche, un système triple typique. Deux des étoiles orbitent
l’une autour de l’autre à courte distance, et la troisième, plus
lointaine, orbite autour des deux premières. La figure de droite montre
un système très particulier où les trois étoiles
orbitent selon une figure en huit. Les simulations numériques ont montré
que ce type d’orbites peut être stable pendant des milliards d’années.
Bien que personne n’ait encore trouvé de système triple avec de
telles orbites en huit (quelques astronomes en ont cherché), il n’est
pas impossible que ce type de système existe quelque part dans notre
Galaxie.

a triple star system

a figure-of-eight star system

Un système triple
Un système "en huit"

 

Systèmes d’étoiles quadruples

La figure de gauche montre un type de système quadruple. Il est constitué
d’une paire d’étoiles doubles orbitant autour d’un centre de masse commun.
Sur la figure de droite, on montre un autre genre de système quadruple.
Dans celui-ci, deux étoiles doubles très proches orbitent rapidement
l’une autour de l’autre. Une troisième étoile orbite autour des
deux premières comme dans un système triple, et une quatrième
étoile plus lointaine orbite autour des trois premières.

a quadruple star system

a quadruple star system

Un système quadruple
Un autre système quadruple

Tiré de : http://atunivers.free.fr/



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