La vie des fourmies suivie de citations ( 3 ), Baudoin de Ford, Cyrille de Jérusalem, Cardinal Martino, Grégoire le Grand, Augustin ,Dorothée de Gaza, Thérèse d’Avilla, Jean Tauler, Benoist XVI, Xénon de Vérone, Raniéro Cantalamessa, Hilaire.

La Biologie des Fourmis

Titre original:

LA BIOLOGIE DES FOURMIS
    
  • Publié le 27/12/07
  • Un reportage sur les fourmis, insectes fascinants par le nombre des espèces et par leur organisation.

  • Autor:
    EINSTEINXP

  • Ressources:
    DailyMotion





DE BAUDOUIN DE FORD ( 12éme siécle)

Le Seigneur discerne les pensées et les intentions du coeur.

Le
Seigneur connaît les pensées et les intentions de notre coeur. Nul
doute que lui, en effet, les connaisse toutes, mais nous, nous
connaissons seulement celles qu’il nous rend manifestes par la grâce du
discernement. Car l’esprit de l’homme ne sait pas toujours ce qui est
en lui, et même lorsqu’il s’agit de ses pensées, qu’elles soient
voulues ou non, il s’en fait une idée qui ne correspond pas toujours à
la réalité. Même celles qui se présentent avec évidence au regard de
son esprit, il ne les discerne pas avec précision, tant son regard est

obscurci.
Il arrive souvent, en effet, pour une raison humaine
ou qui relève du Tentateur, qu’on soit lancé par sa propre pensée dans
ce qui n’est que l’apparence de la piété, et qui, aux yeux de Dieu, ne
mérite nullement la récompense promise à la vertu. C’est qu’en effet
certaines choses peuvent prendre l’aspect de vertus véritables, comme
d’ailleurs de vices, et tromper les yeux du coeur. Par leurs séductions
propres, elles peuvent troubler la vue de notreintelligence au point
de lui faire prendre souvent pour du bien des réalités mauvaises en
fait, et inversement de lui faire discerner du mal là où, en fait, il
n’y en a pas. C’est là un aspect de notre misère et de notre ignorance,
qu’il nous faut beaucoup déplorer et grandement redouter.
Il est écrit à ce sujet: Il est des voies qui paraissent droites à l’homme, mais qui débouchent sur l’enfer. C’est pour nous garder de ce danger que saint Jean nous exhorte en disant: Eprouvez les esprits, pour voir s’ils viennent de Dieu.
Mais qui peut vérifier si les esprits viennent de Dieu, à moins d’avoir
reçu deDieu le discernement des esprits, et de pouvoir ainsi examiner
avec précision et sans se tromper les pensées, les affections et les
intentions de l’esprit? Ce discernement est à la source de toutes les
vertus et chacun en a besoin, soit pour conduire les autres, soit pour
se diriger et s’amender soi-même.
Droite est notre idée de ce
qu’il faut faire, quand elle est guidée par la volonté de Dieu; pure et
bonne est notre intention, quand elle se dirige vers Dieu en toute
simplicité. L’ensemble de notre vie en ce corps et de chacun de nos
actes sera pénétré de lumière à condition que notre oeil soit simple.
Cet oeil simple est vraiment tel, quand, à travers une réflexion
droite, il voit ce qu’il faut faire, et quand, dans une intention pure,
il passe à l’acte, simplement, et se garde de toute duplicité. La
pensée droite n’accepte pas l’erreur, intention purifiée exclut le
faux-semblant. Tel est le vrai discernement, en qui se rejoignent la
droiture de la pensée et la pureté de l’intention.
Ainsi, tout doit se faire à la lumière du discernement, comme en Dieu, et sous le regard de Dieu.L’ homme est à la recherche de 2 choses : la vérité et l’ amour et cela , il le trouve dans le Chtist .




Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur
de

l’Eglise


Catéchèse baptismale 10, 2-5 ; PG 33, 662s (trad. Bouvet/Orval)




Si quelqu’un veut honorer Dieu, qu’il se prosterne devant son Fils. Sans

cela, le Père n’accepte pas d’être adoré. Du haut du ciel, le Père a fait

entendre ces paroles : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis ma

complaisance » (Mt 3,17). Le Père s’est complu dans le Fils…qui est appelé «

Seigneur » (Lc 2,11), non pas abusivement comme les seigneurs humains, mais

bien parce que la seigneurie lui appartient naturellement de toute éternité…

Tout en demeurant lui-même et en gardant vraiment la gloire immuable de

son état de Fils, il s’ajuste néanmoins à nos faiblesses, comme un très habile

médecin et un maître compatissant. Il a fait cela alors qu’il était réellement

Seigneur, alors que son pouvoir n’était pas dû à un avancement, mais que la

gloire de la seigneurie était à lui par nature. Il n’était pas seigneur à

notre manière, mais qu’il était Seigneur en toute vérité, exerçant la

seigneurie avec
le consentement du Père sur ses propres créatures. Nous

autres, en effet, nous avons maîtrise sur des hommes qui sont nos égaux en

dignité comme en souffrance, souvent même sur des aînés. En notre Seigneur

Jésus Christ, au contraire, la seigneurie n’est pas de cette sorte : il est

d’abord Créateur, ensuite Seigneur. Il a tout créé selon la volonté du Père,

ensuite il exerce sa seigneurie sur ce qui n’existe que par lui.





Card. Martino : Pas de vraie justice sans charité et pas de charité sans vérité
Inauguration au Vatican de la 18ème Assemblée générale de Caritas Internationalis

ROME,
Mercredi 6 juin 2007 (ZENIT.org) –
Le Président du
Conseil pontifical Justice et Paix a expliqué: « La
justice n’est pas la charité. Il n’y a d’ailleurs aucun
ordre civil qui puisse rendre superflu le service de l’amour
».
La justice, a-t-il poursuivi, « a besoin
de la charité car, sans elle, elle ne saura se
purifier du primat de l’intérêt et du pouvoir qui l’aveuglent
».
Selon le cardinal Martino, « la réalité
matérielle ne peut se comprendre vraiment sans la transcendance (…)
la raison a besoin, précisément pour pouvoir être entendue comme
raison, d’être purifiée par la foi ; tout comme la
justice par la charité
. L’échec de tous les systèmes qui
mettent Dieu entre parenthèses
en témoignent ».
« La réalité a besoin de Dieu pour être vraiment
elle-même ; les systèmes politiques ont besoin de la religion
pour être pleinement eux-mêmes ; l’analyse rationnelle et critique a
besoin de la perspective de foi pour rencontrer l’histoire »,
a-t-il souligné.
Concernant le choix préférentiel pour les
pauvres et la lutte politique pour la justice, le cardinal
Martino a rappelé ce qu’affirme le pape dans son livre
« Jésus de Nazareth » : « La pauvreté purement
matérielle ne sauve pas, même si les défavorisés de ce
monde peuvent, bien entendu, compter de manière spéciale sur la
bonté divine ».
« Mais le cœur des
personnes qui ne possèdent rien peut s’être endurci, devenir mauvais
– plein d’avidité et de désir de possession, oublieux de
Dieu et n’aspirer qu’aux biens matériels », écrit encore le
pape.
En effet, souligne le cardinal Martino «
la vraie façon de servir les pauvres n’est pas de
partir de leur pauvreté en terme sociologique mais de partir
du Christ pauvre ».

« C’est pour cela
qu’à Aparecida, le pape a proposé de partir du Christ,
de la foi apostolique que nous a transmise l’Eglise. Il
a incité les fidèles latino-américains à revitaliser leur foi en
Jésus Christ, notre seul et unique Maître et Sauveur, qui
nous a révélé l’expérience unique de l’Amour infini de Dieu
le père pour les hommes »
, a-t-il ajouté.
A ce propos le président de Justice et Paix a
expliqué que l’erreur de la « théologie de la libération
» est de vouloir « partir du principe de libération
au lieu de partir du Christ libérateur », enlevant ainsi
de la force à « la doctrine chrétienne et à
l’enseignement de l’Eglise, autrement dit au lieu théologique à partir
duquel la pauvreté du continent latino-américain pouvait devenir chrétiennement provocatrice
».
« De cette manière – a
constaté ensuite le cardinal Martino – ces courants radicaux de
la théologie de la libération ont eu un effet sécularisateur
qui a fini par alimenter la culture relativiste ».

« Cela arrive malheureusement souvent quand il s’agit
d’engagement social et de solidarité ; quand cet engagement n’est
vu que comme une œuvre de justice et non, surtout,
comme une œuvre de charité ; de cette charité qui
nous a été révélée par Jésus Christ et que l’Eglise
continue de nous enseigner »
, a-t-il ajouté.
«
La charité chrétienne n’est pas un amour aveugle, mais un
amour intelligent – a réaffirmé le prélat –. Seuls ceux
qui sont animés d’une vraie charité auront la capacité de
découvrir les causes de la misère, de trouver les moyens
pour la combattre et pour la vaincre définitivement ».

« L’évangélisation – a-t-il poursuivi – s’est toujours développée
en même temps que la promotion humaine et la libération
chrétienne authentique. Aimer Dieu et aimer son prochain vont de
pair
: dans le plus humble nous trouvons Jésus et
en Jésus nous trouvons Dieu
Le président
du Conseil pontifical Justice et Paix a ensuite précisé que
« la Doctrine sociale de l’Eglise effectue le travail de
‘purification’ et, en tant qu’annonce du Christ, rappelle à celui
qui œuvre pour la justice et la paix, les authentiques
racines – christologiques et ecclésiales – de son engagement pour
la charité et dans la charité ».
« Comme le dit la lettre encyclique Centesimus annus, nous
devons placer la lutte pour la justice dans le cadre
du témoignage rendu au Christ Sauveur » a déclaré le
cardinal Martino.
En conclusion, le cardinal a affirmé
que le « Christ nous montre le visage de Dieu,
un visage de charité et de vérité, inséparablement unies. Ne
pensons pas pouvoir témoigner de la charité sans la vérité
; annoncer la vérité demande des efforts de charité et
chaque geste de charité – si ce geste est pur,
désintéresséetclairvoyant – est un témoignage de la vérité
».




SAINT GRÉGOIRE LE GRAND SUR LE LIVRE DE JOB (Editeur : P. Roguet)
Nous sommes à l’aurore de la lumière parfaite.

Parce
que le point du jour, ou l’aurore, passe des ténèbres à la lumière, on
a bien raison de désigner par ces noms toute l’Église des élus. C’est
elle en effet qui est conduite de la nuit de l’incroyance à la lumière
de la foi, et qui, pareille à l’aurore, s’ouvre au jour, après les
ténèbres, dans le rayonnement de la lumière d’en haut.Le Cantique dit
donc très bien: Qui est celle-ci, qui s’avance comme l’aurore à son lever?
En effet, la sainte Église, désirant les récompenses de la vie céleste,
a été appelée aurore, puisque, en quittant les ténèbres des péchés,
elle resplendit de la lumière de justice.
Mais on peut trouver
une considération plus subtile dans cette comparaison avec le point du
jour et l’aurore. Celle-ci, ou le point du jour, annoncent que la nuit
est passée, mais ils ne font pas découvrir l’éclat du jour dans sa
plénitude ; cependant, en chassant la nuit, ils accueillent le jour;
ils apportent une lumière toute mêlée de ténèbres. Nous tous, qui
suivons la vérité, sommes-nous autrechose, en cette vie, qu’une
aurore? Car nous accomplissons déjà des actes qui relèvent de la
lumière, et pourtant, sur certains points, bien des restes de ténèbres
demeurent en nous. Le Seigneur l’a bien dit, par la bouche du Prophète:
Aucun vivant n’est juste devant toi. Et il est encore écrit: Nous trébuchons tous, bien souvent. ~
Aussi, lorsque Paul disait: La nuit est bientôt finie, il n’ajoutait pas: Le jour est venu, mais: Le jour est tout proche.
En effet,lorsqu’il suggère qu’après la fin de la nuit le jour n’est
pas encore venu, mais qu’il approche, il montre qu’avec l’aurore on est
après les ténèbres, mais encore avant le soleil.
L’Église
parfaitement sainte des élus sera le plein jour, lorsqu’elle ne
comportera plus le mélange d’aucune ombre de péché. Ce sera le plein
jour, lorsque brillera en elle la ferveur parfaite de la lumière
intérieure. ~ Il est donc très juste de montrer que l’aurore est encore
comme en devenir, avec cette parole: As-tu fait connaître à l’aurore sa place?
Faire connaître sa place à quelqu’un, c’est en effet l’inviter à passer
d’un endroit à un autre. Quelle est la place de l’aurore, sinon la
pleine lumière de la vision éternelle? Lorsqu’elle parvient à cette
place, elle ne garde plus rien des ténèbres de la nuit écoulée.
L’aurore s’efforçait de rejoindre sa place, quand le Psalmiste disait: Mon âme a soif du Dieu vivant; quand pourrai-je m’avancer, paraître devant la face de Dieu? ~
L’aurore se hâtait de parvenir à cette place qu’elle connaissait, lorsque saint Paul disait avoir le désir de s’en aller pour être avec le Christ. Et encore: Pour moi, vivre, c’est le Christ, et mourir est un avantage.


Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de

l’Église


De Trinitate, 8,12 ; PL 42, 958 (trad. Orval)



Celui qui n’aime pas son frère n’est pas

dans l’amour, et celui qui n’est pas dans l’amour n’est pas en Dieu, car «

Dieu est amour » (1Jn 4,8).En

outre, celui qui n’est pas en Dieu n’est pas dans la lumière, car « Dieu est

lumière, il n’y a pas de ténèbres en lui » (1Jn 1,5). Celui donc qui n’est pas

dans la lumière, quoi d’étonnant qu’il ne voie pas la lumière, autrement dit,

qu’il ne voie pas Dieu, puisqu’il est dans les ténèbres ? Il voit son frère

d’une vue humaine, qui ne permet pas de voir Dieu. Mais si ce frère qu’il voit

d’une vue humaine, il l’aimait d’un amour spirituel, il verrait Dieu qui est

l’amour même, de cette vue intérieure qui permet de le voir…

Qu’il ne soit plus question de

savoir combien de charité nous devons à notre frère, combien à Dieu :

incomparablement plus à Dieu qu’à nous, autant à nos frères qu’à nous-mêmes ;

or nous nous aimons d’autant plus nous-mêmes que nous aimons Dieu davantage.

C’est donc d’une seule et même charité que nous aimons Dieu et le prochain,

mais nous aimons Dieu pour lui-même, nous et le prochain pour Dieu.





SAINT DOROTHÉE DE GAZA
La fausse paix de l’esprit.

Celui
qui s’accuse soi-même, quelle joie, quel repos il possède, partout où
il va! Qu’une peine, qu’un outrage, qu’une épreuve quelconque lui
survienne, il juge d’avance qu’il en est digne et il n’est jamais
troublé. Y a-t-il un état qui soit davantage exempt de soucis?
Mais,
dira-t-on, si un frère me tourmente, et qu’en m’examinant je constate
que je ne lui en ai fourni aucun prétexte, comment pourrai-je m’accuser
moi-même?
En fait, si quelqu’un s’examine avec crainte de Dieu,
il découvrira qu’il a certainement donné un motif de reproche par une
action, une parole, ou une attitude. Et s’il voit qu’en rien de tout
cela il n’a, soi-disant, donné aucun motif d’hostilité pour le présent,
c’est vraisemblablement qu’il a tourmenté ce frère une autre fois, pour
le même sujet ou pour un autre, ou bien encore parce qu’il a tourmenté
une autre fois un autre frère. Et c’est pour cela, parfois même pour
une autre faute, qu’il devait souffrir ainsi.
Il arrive aussi
qu’un frère, se croyant installé dans la paix et la tranquillité,
lorsqu’on lui dit une parole pénible, soit plongé dans le trouble. Et
il juge qu’il a raison de s’affliger, se disant en lui-même: "S’il
n’était pas venu me parler et me troubler, je n’aurais pas péché. "

C’est
une illusion, c’est un faux raisonnement. Celui qui lui a dit cette
parole, y a-t-il introduit la passion? Il lui a révélé lapassion qui
était en lui, afin qu’il s’en repente, s’il le veut. Ainsi, ce frère
était pareil à un pain de pur froment, d’apparence brillante, mais qui,
une fois rompu, ferait voir sa corruption.
Il était installé
dans la paix, croyait-il, mais il avait au-dedans de lui une passion
qu’il ignorait. Qu’un frère lui dise une seule parole, et aussitôt a
jailli la corruption qui était cachée en lui. S’il veut obtenir
miséricorde, qu’il se repente, qu’il se purifie, qu’il progresse, et il
verra qu’il devra plutôt remercier son frère d’avoir été pour lui la
cause d’un tel profit. En effet, les épreuves ne l’accableront plus
autant. Plus il progressera, plus elles lui paraîtront légères. A
mesure en effet que l’âme progresse, elle se fortifie et devient
capable de supporter tout ce qui lui arrive.


 Benoît XVI, en la solennité de la Sainte-Trinité.

Benoît XVI
a présidé ce matin, sous la pluie, la messe de
la solennité de la Sainte-Trinité, au cours de laquelle il
a proclamé quatre nouveaux saints : Georges Preca, prêtre de
Malte (1880-1962), fondateur de la « Societas Doctrinæ Christianæ »;
Simon de Lipnicki (1435 ca.-1482), prêtre et franciscain polonais ;
Charles de Saint-André Houben (1821-1893), prêtre passioniste hollandais qui vécut
surtout en Irlande ; Marie Eugénie de Jésus Milleret (1817-1898),
religieuse française fondatrice de l’Institut des religieuses de l’Assomption.

« Chers frères et sœurs, invitait le pape, rendons
grâce à Dieu pour les merveilles qu’il a accomplies dans
les saints, dans lesquels resplendit sa gloire. Laissons-nous attirer par
leurs exemples, laissons-nous guider par leurs enseignements, afin que toute
notre existence devienne comme la leur un cantique de louange
à la gloire de la Très sainte Trinité. Que Marie,
la reine des saints, et l’intercession de ces quatre nouveaux
‘frères aînés’ que nous vénérons aujourd’hui avec joie, nous obtienne
cette grâce .
Nous célébrons aujourd’hui
la solennité de la Très sainte Trinité. Après le temps
pascal, après avoir revécu l’événement
de la Pentecôte qui renouvelle
le baptême de l’Eglise dans l’Esprit Saint, nous tournons pour
ainsi dire le regard vers ‘les cieux ouverts’ pour entrer
par les yeux de la foi dans dans les profondeurs
du mystère de Dieu, qui se reflète dans la vie
des saints ; nous la contemplons surtout dans ceux que
je viens de proposer à la vénération de l’Eglise universelle
: Georges Preca, Simon de Lipnicki, Charles de Saint-André Houben,
Marie-Eugénie de Jésus Milleret ».
« Dans la première lecture, tirée
du Livre des Proverbes, entre en scène
la Sagesse qui se tient aux côtés de Dieu comme
une assistante, comme ‘architecte’. Le ‘panorama’ sur le cosmos observé
par ses yeux est étonnant. La Sagesse elle-même confesse :
‘Je me récréais sur le globe terrestre, en trouvant mes
délices au milieu des enfants des hommes’. C’est au milieu
des êtres humains qu’elle aime demeurer, parce qu’en eux elle
reconnaît l’image et la ressemblance du Créateur ».
« La Sagesse
de Dieu se manifeste dans le cosmos, dans la variété
et la beauté de ses éléments, mais ses chefs-d’œuvre, ce
sont les saints », a expliqué le pape.
« Dans le
passage de la Lettre de saint Paul apôtre aux Romains, nous trouvons une image semblable : celle
de l’amour de Dieu ‘répandu dans les cœurs’ des saints,
c’est-à-dire des baptisés, ‘par l’opération de l’Esprit Saint’ qui leur
a été donné. C’est par le Christ que passe le
don de l’Esprit, ‘Personne-amour, Personne-don’, comme l’a défini le Serviteur
de Dieu Jean-Paul II, a expliqué Benoît XVI.
« Par le
Christ, l’Esprit de Dieu nous rejoint comme le principe de
vie nouvelle, ‘sainte’ », «
Dans la même perspective, de la Sagesse de Dieu incarnée
dans le Christ et communiquée dans l’Esprit saint, l’Evangile nous
a suggéré que Dieu le Père continue à manifester son
dessein d’amour par les saints.
Le Christ est « la
Sagesse incarnée, le Logos créateur qui trouve sa joie dans
le fait d’avoir sa demeure parmi les enfants des hommes
au milieu desquels il a dressé sa tente »
«
Puisse l’exemple de sainte Marie-Eugénie inviter les hommes et les
femmes d’aujourd’hui à transmettre aux jeunes les valeurs qui les
aideront à devenir des adultes forts et des témoins joyeux
du Ressuscité ».
« Que les jeunes n’aient pas
peur d’accueillir ces valeurs morales et spirituelles, de les vivre
dans la patience et la fidélité. C’est ainsi qu’ils construiront
leur personnalité et qu’ils prépareront leur avenir ; Marie-Eugénie Milleret
nous rappelle tout d’abord, l’importance de l’Eucharistie dans la vie chrétienne et
dans la croissance spirituelle ».
« En effet, comme elle
le souligne elle-même, expliquait le pape, sa première communion fut
un temps fort, même si elle ne s’en aperçut pas
complètement à ce moment-là. Le Christ, présent au plus profond
de son cœur, travaillait en elle, lui laissant le temps
de marcher à son rythme, de poursuivre sa quête intérieure
qui la conduirait jusqu’à se donner totalement au Seigneur dans
la vie religieuse, en réponse aux appels de son temps
».
Pour ce qui est de son charisme d’éducation, le
pape précisait : « Elle percevait notamment l’importance de transmettre
aux jeunes générations, en particulier aux jeunes filles, une formation
intellectuelle, morale et spirituelle, qui ferait d’elles des adultes capables
de prendre en charge la vie de leur famille, sachant
apporter leur contribution à l’Église et à la société ».

Benoît XVI soulignait aussi l’alliance, chez la nouvelle sainte, de
l’action et de la contemplation : « Tout au long
de sa vie elle trouva la force pour sa mission
dans la vie d’oraison, associant sans cesse contemplation et action
». « Chaque saint participe à la richesse du
Christ reçue du Père et communiquée en temps voulu.C’est
toujours la même sainteté de Jésus, c’est toujours lui, le
‘Saint’ que l’Esprit Saint modèle dans les ‘âmes saintes’ en
formant les amis de Jésus et les témoins de sa
sainteté », a affirmé le pape.


Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église


Relations, n° 33 (trad. OC, Cerf 1995, p. 407)


La vérité sur la très sainte Trinité m’avait été exposée par des
théologiens
mais je ne l’avais pas comprise comme je le fais à présent, après
ce que Dieu m’a montré… Ce qui me fut représenté, ce sont trois Personnes
distinctes, que l’on peut considérer et entretenir séparément. Je me suis dit
ensuite que le Fils seul s’est incarné, ce qui montre clairement
la réalité de
cette distinction. Ces Personnes se connaissent, s’aiment et
communiquent
entre elles. Mais si chaque Personne est distincte, comment
disons-nous
qu’elles n’ont toutes trois qu’une seule essence ?
De fait, c’est là ce que
nous croyons ; c’est une vérité absolue, pour laquelle
je souffrirais mille
fois la mort. Ces trois Personnes n’ont qu’un seul vouloir,
un seul pouvoir,
une seule souveraineté, de sorte qu’aucune d’elles ne peut rien
sans les
autres et qu’il n’y a qu’un seul Créateur de tout ce qui est créé. Le
Fils
pourrait-il créer une fourmi sans le Père ? Non, parce qu’ils
n’ont qu’un même
pouvoir. Il en est de même du Saint Esprit.
Ainsi, il n’y a qu’un seul Dieu tout-puissant, et les trois Personnes ne
forment
qu’une seule Majesté. Quelqu’un pourrait-il aimer le Père, sans aimer
le Fils et
l’Esprit Saint ? Non, mais celui qui se rend agréable à l’une de
ces trois Personnes, se rend agréable à toutes les trois, et celui qui offense
l’une d’elles offense les deux autres. Le Père peut-il
exister sans le Fils et
sans l’Esprit Saint ? Non, parce qu’ils n’ont
qu’une même essence, et là où se
trouve une des Personnes se trouvent
les deux autres, parce qu’elles ne
peuvent pas se séparer.
Comment donc voyons-nous trois Personnes distinctes ? Comment le Fils
s’est-il
incarné, et non le Père ou l’Esprit Saint ? Je ne l’ai pas saisi ;
les théologiens le savent. Ce que je sais, c’est que les trois Personnes ont
concouru à cette oeuvre merveilleuse. Au reste,je ne m’arrête pas
longtemps à
des questions de ce genre ; mon esprit s’attache aussitôt
à cette vérité que
Dieu est tout-puissant, que l’ayant ainsi voulu, il l’a pu, et qu’il
pourra de
même tout ce qu’il voudra. Moins je comprends ces choses, plus je les crois,
et
plus elles me donnent de dévotion. Dieu soit à jamais béni ! Amen.



Jean Tauler (vers 1300-1361), dominicain à Strasbourg


Sermon 7 (trad. Cerf 1979, p.31)

Devenir une vigne qui porte du fruit



Les pieds de vigne, on les lie, on les
échalasse, on courbe les sarments de haut en bas, on les attache à des pieux
solides pour les soutenir. Par là on peut entendre la douce et sainte vie et
la passion de Notre Seigneur Jésus Christ qui doit être en tout le soutien de
l’homme de bien. L’homme doit être courbé, ce qu’il y a en lui de plus haut
doit être abaissé, et il doit s’abîmer dans une véritable et humble
soumission, du fond de son âme. Toutes nos facultés, intérieures et
extérieures, celles de la sensibilité et de l’avidité aussi bien que nos
facultés rationnelles, doivent être liées, chacune à leur place, dans une
véritable soumission à la volonté de
Dieu.
Ensuite on retourne la
terre autour des pieds de vigne et on sarcle les mauvaises herbes. L’homme
doit ainsi se sarcler, profondément attentif à ce qu’il pourrait y avoir
encore à arracher du fond de son être, pour que le divin Soleil puisse s’en
approcher plus immédiatement et y briller. Si tu laisses alors la force d’en
haut faire là son oeuvre, le soleil aspire l’humidité du sol dans la force
vitale cachée dans le bois, et les grappes poussent magnifiques. Puis le
soleil, par sa chaleur, agit sur les grappes et les fait s’épanouir en fleurs.
Et ces fleurs ont un parfum noble et bienfaisant… Alors, le fruit devient
indiciblement doux. Que cela nous soit donné à tous.



Benoît XVI pour la Journée mondiale des

Missions
qui sera célébrée le 21 octobre 2007 sur le
thème : « Toutes les Eglises pour le monde entier
»

Chers frères et sœurs,

A l’occasion de la
prochaine Journée mondiale des Missions, je voudrais inviter le Peuple
de Dieu tout entier — pasteurs, prêtres, religieux, religieuses et
laïcs — à une réflexion commune sur l’urgence et sur
l’importance que revêt, à notre époque également, l’action missionnaire de
l’Eglise. Les paroles à travers lesquelles Jésus Christ, crucifié et
ressuscité, confia aux Apôtres le mandat missionnaire, avant de monter
au Ciel, ne cessent en effet de résonner, comme un
rappel universel et un appel ardent : «Allez, de toutes
les nations faites des disciples, les baptisant au nom du
Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant
à observer tout ce que je vous ai prescrit
».
Et il ajouta : « Et voici que je suis
avec vous jusqu’à la fin du monde
» (Mt 28,
19-20). Dans l’œuvre exigeante d’évangélisation, nous accompagne et nous soutient
la
certitude que le Christ, le maître de la moisson,
est avec nous et guide sans cesse son peuple. Le
Christ est la source népuisable de la mission de l’Eglise.
Cette année, en outre, un motif supplémentaire nous pousse à
un engagement missionnaire renouvelé : nous célébrons en effet le
50e anniversaire de l’Encyclique du Serviteur de Dieu Pie XII
Fidei donum, par laquelle fut promue et encouragée la coopération
entre les Eglises pour la mission ad gentes.
« Toutes
les Eglises pour le monde entier » : tel est
le thème choisi pour la prochaine Journée mondiale des Missions.
Celui-ci invite les Eglises locales de tous les continents à
une conscience partagée de la nécessité urgente de relancer l’action
missionnaire face aux multiples et graves défis de notre temps.
Les conditions dans lesquelles vit l’humanité ont certainement changé, au
cours des dernières décennies. Un grand effort a été accompli
pour la diffusion de l’Evangile, en particulier à partir du
Concile Vatican II. Il reste toutefois encore beaucoup à faire
pour répondre à l’appel missionnaire que le Seigneur ne se
lasse pas d’adresser à tous les baptisés. Il continue d’appeler
en premier lieu les Eglises dites d’antique tradition, qui, par
le passé, ont fourni aux missions, au-delà des moyens matériels,
également un nombre important de prêtres, de religieux, de religieuses
et de laïcs, donnant lieu à une coopération efficace entre
communautés chrétiennes. De cette coopération ont jailli d’abondants fruits apostoliques
tant pour les jeunes Eglises en terre de mission, que
pour les réalités ecclésiales dont provenaient les missionnaires. Face à
l’avancée de la culture sécularisée
, qui semble parfois pénétrer toujours
plus les sociétés occidentales, et en considérant en outre la
crise de la famille, la diminution des vocations et le
vieillissement progressif du clergé, ces Eglises courent le risque de
se refermer sur elles-mêmes, de regarder l’avenir avec moins d’espérance,
et de ralentir leurs efforts missionnaires. Mais le moment est
précisément venu de s’ouvrir avec confiance à la Providence de
Dieu, qui n’abandonne jamais son Peuple et qui, avec la
puissance de l’Esprit Saint, le guide vers l’accomplissement de son
dessein éternel de salut.
Le Bon Pasteur invite également les Eglises
de récente évangélisation à se consacrer généreusement à la mission
ad gentes
. Bien qu’elles rencontrent de nombreuses difficultés et obstacles
dans leur développement, ces communautés sont en croissance constante. Heureusement,
certaines d’entre elles bénéficient d’une abondance de prêtres et de
personnes consacrées, dont un grand nombre, en dépit des nombreuses
nécessités in loco, sont toutefois envoyés pour accomplir leur service
apostolique ailleurs et également dans les terres d’ancienne évangélisation. On
assiste de cette façon à un « échange de dons
» providentiel, qui bénéficie à l’ensemble du Corps mystique du
Christ. Je souhaite vivement que la coopération missionnaire s’intensifie, en
valorisant les potentialités et les charismes de chacun. Je souhaite,
en outre, que la Journée mondiale des Missions contribue à
rendre toutes les communautés chrétiennes et chaque baptisé toujours plus
conscients de l’universalité de l’appel du Christ à diffuser son
Royaume jusqu’aux extrémités de la planète. « L’Eglise est missionnaire
par nature — écrit Jean-Paul II dans l’Encyclique Redemptoris missio
— car le précepte du Christ n’est pas quelque chose
de contingent ni d’extérieur, mais il est au cœur même
de l’Eglise. Il en résulte que toute l’Eglise, que chaque
Eglise, est envoyée aux païens
. Les jeunes Eglises elles-mêmes, précisément
“pour que ce zèle missionnaire fleurisse chez les membres de
leur patrie”, doivent “dès que possible, participer effectivement à la mission universelle de l’Eglise en envoyant elles aussi des missionnaires
pour annoncer l’Evangile par toute la terre, même si elles
souffrent d’une pénurie du clergé » (n. 62).
Cinquante ans après
l’appel historique de mon prédécesseur Pie XII avec l’Encyclique Fidei
donum
, en vue d’une coopération entre les Eglises au service
de la mission, je voudrais répéter que l’annonce de l’Evangile
continue de revêtir un caractère actuel et urgent
. Dans l’Encyclique
citée Redemptoris missio, le pape Jean-Paul II, pour sa part,
reconnaissait que « la mission de l’Eglise est plus large
que la “communion entre les Eglises”: elle doit non seulement
assurer l’aide pour la réévangélisation, mais aussi et surtout être
orientée dans le sens de l’activité spécifiquement missionnaire
» (n.
64). L’engagement missionnaire reste donc, comme je l’ai répété à
plusieurs reprises, le premier service que l’Eglise doit à l’humanité
d’aujourd’hui
, pour orienter et évangéliser les transformations culturelles, sociales et
éthiques ; pour offrir le salut du Christ à l’homme
de notre temps, dans de nombreuses régions du monde humilié
et opprimé à cause des formes de pauvreté endémiques, de
la violence, de la négation systématique des droits humains.
L’Eglise ne
peut se soustraire à cette mission universelle ; celle-ci revêt
pour elle une forme d’obligation. Le Christ ayant confié en
premier lieu à Pierre et aux Apôtres le mandat missionnaire,
celui-ci revient aujourd’hui avant tout au successeur de Pierre, que
la Providence divine a choisi comme fondement visible de l’unité
de l’Eglise, et aux évêques directement responsables de l’évangélisation, tant
comme membres du Collège épiscopal que comme pasteurs des Eglises
particulières (cf. Redemptoris missio, n. 63). Je m’adresse donc aux
pasteurs de toutes les Eglises, placés par le Seigneur à
la tête de son unique troupeau, afin qu’ils partagent la
préoccupation de l’annonce et de la diffusion de l’Evangile
.Ce
fut précisément cette préoccupation qui poussa, il y a cinquante
ans, le Serviteur de Dieu Pie XII à rendre la
coopération missionnaire plus conforme aux exigences des temps. En particulier
face aux perspectives de l’évangélisation, il demanda aux communautés d’ancienne
évangélisation d’envoyer les prêtres pour soutenir les Eglises de fondation
récente. Il donna ainsi vie à un nouveau « sujet
missionnaire » qui, dès les premières paroles de l’Encyclique, a
précisément pris le nom de « Fidei donum ». Il
écrivit à ce propos : « Aussi bien, considérant la
foule innombrable de nos fils qui spécialement dans les pays
d’ancienne chrétienté, bénéficient des richesses surnaturelles de la foi et,
par ailleurs, la foule plus innombrable encore de ceux qui
attendent toujours le message du salut, Nous voulons vous exhorter
instamment, Vénérables Frères, à soutenir par votre zèle la cause
sacrée de l’expansion de l’Eglise dans le monde». Et il
ajouta: Dieu veuille qu’à notre appel l’esprit missionnaire pénètre plus
profondément au cœur de tous les prêtres et, par leur
ministère, enflamme tous les fidèles!» (AAS XLIX 1957, 226).
Rendons grâce
au Seigneur pour les fruits abondants obtenus par cette coopération
missionnaire en Afrique et dans d’autres régions de la terre.
D’innombrables prêtres, après avoir quitté leurs communautés d’origine, ont placé
leurs énergies apostoliques au service de communautés parfois à peine
nées, dans des régions pauvres et en voie de développement.
Parmi eux figurent de nombreux martyrs qui, au témoignage de
la parole et au dévouement apostolique, ont uni le sacrifice
de la vie. Nous ne pouvons pas non plus oublier
les nombreux religieux, religieuses, et laïcs volontaires qui, avec les
prêtres, se sont prodigués pour diffuser l’Evangile jusqu’aux extrémités du
monde. Que la Journée mondiale des Missions soit une occasion
de rappeler dans la prière nos frères et sœurs dans
la foi, ainsi que tous ceux qui continuent de se
prodiguer dans le vaste domaine missionnaire. Nous demandons à Dieu
que leur exemple suscite partout de nouvelles vocations et une
conscience missionnaire renouvelée chez le peuple chrétien. En effet, chaque
communauté chrétienne naît missionnaire, et c’est précisément sur la base
du courage d’évangéliser que se mesure l’amour des croyants pour
leur Seigneur. Nous pourrions ainsi dire que, pour les croyants,
il ne s’agit plus simplement de collaborer à l’activité d’évangélisation,
mais de se sentir eux-mêmes acteurs et coresponsables de la
mission de l’Eglise. Cette coresponsabilité exige que croisse la communion
entre les communautés et que s’intensifie l’aide réciproque en ce
qui concerne tant le personnel (prêtres, religieux, religieuses et laïcs
volontaires) que l’utilisation des moyens aujourd’hui nécessaires pour évangéliser.
Chers frères
et sœurs, le mandat missionnaire confié par le Christ aux
Apôtres nous concerne véritablement tous. Que la Journée mondiale des
Missions soit donc une occasion propice pour en prendre plus
profondément conscience et pour préparer ensemble des itinéraires spirituels et
de formation appropriés qui favorisent la coopération entre les Eglises
et la préparation de nouveaux missionnaires pour la diffusion de
l’Evangile à notre époque. N’oublions pas, toutefois, que la contribution
première et prioritaire
la prière. « La moisson
est abondante mais les ouvriers peu nombreux — dit le
Seigneur —. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer
des ouvriers à sa moisson » (Lc 10, 2). «
Tout d’abord, écrivait le pape Pie XII de vénérée mémoire,
il y a cinquante ans, priez donc, vénérables Frères et
chers fils ; priez davantage. Souvenez-vous des immenses besoins spirituels
de tant de peuples encore si éloignés de la vraie
foi ou si démunis de secours pour y persévérer »
(AAS, cit. p. 240; cf. Osservatore Romano en langue française
n. 18 du 3 mai 1957). Et il exhortait à
multiplier les Messes célébrées pour les Missions, observant que «
ces intentions sont celles mêmes du Seigneur, qui aime son
Eglise et la voudrait répandue et florissante en tous lieux
de la terre » (ibid., p. 239).
Chers frères et sœurs,
je renouvelle moi aussi cette invitation plus que jamais actuelle.
Que dans toutes les communautés s’étende l’invitation commune au «
Notre Père qui est aux Cieux » afin que vienne
son Royaume sur terre. Je fais appel en particulier aux
enfants et aux jeunes, toujours prêts à de généreux élans
missionnaires. Je m’adresse aux malades et aux personnes souffrantes, en
rappelant la valeur de leur collaboration mystérieuse et indispensable à
l’œuvre du salut. Je demande aux personnes consacrées et en
particulier aux monastères de clôture d’intensifier leurs prières pour les
missions. Que grâce à l’engagement de chaque croyant s’étende dans
toute l’Eglise le réseau spirituel de la prière au service
de l’évangélisation. Que la Vierge Marie, qui a accompagné avec
une sollicitude maternelle le chemin de l’Eglise naissante, guide nos
pas également à notre époque et nous obtienne une nouvelle
Pentecôte d’amour. Qu’en particulier, elle nous rende tous conscients d’être
missionnaires, c’est-à-dire envoyés par le Seigneur pour être des témoins
à tout moment de notre existence. J’assure les prêtres «
Fidei donum », les religieux, les religieuses, les laïcs volontaires
engagés sur les frontières de l’évangélisation, ainsi que tous ceux
qui se consacrent à l’annonce de l’Evangile, de mon souvenir
quotidien dans la prière, tandis que je donne avec affection
à tous la Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 27 mai 2007,


solennité de Pentecôte.


 SAINT ZÉNON DE VÉRONE SUR JOB
Job et le Christ.

Autant
qu’il nous est donné de le comprendre, frères très chers, Job offrait
une préfiguration du Christ. Comparons-les pour saisir cette vérité.
Job est appelé par Dieu un homme juste. Le Christ est la justice, et
tous les bienheureux se désaltèrent à sa source ; car c’est de lui
qu’il est dit: Pour vous se lèvera le soleil de justice. Job est appelé un homme vrai. Mais la vraie vérité, c’est le Seigneur, qui dit dans l’Évangile: Moi, je suis le Chemin et la Vérité.
Job
fut riche
. Et y a-t-il plus riche que le Seigneur, lui dont tous les
riches sont les serviteurs, lui qui possède le monde entier et toute la
nature, comme dit saint David: Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants.
Le diable tenta Job par trois fois. De même, d’après l’Évangile, il a
essayé par trois fois de tenter le Seigneur. Job a perdu toutes les
richesses qu’il avait. Et le Seigneur a délaissé par amour pour nous
tous les biens au ciel; il s’est fait pauvre pour nous rendre riches.
Le diable, dans sa fureur, a fait mourir les fils de Job. Et le peuple
pharisien, dans sa folie, a tué les fils du Seigneur, les prophètes.
Job fut couvert d’ulcères. Et le Seigneur, en s’incarnant, a été
souillé par les péchés de tout le genre humain.
La femme de
Job l’exhorte à pécher. Et la Synagogue pousse le Seigneur à imiter la
conduite corrompue des anciens. On nous rapporte que les amis de Job
l’insultèrent. Et le Seigneur a été insulté par ses prêtres, par ses
adorateurs. Job est assis sur un fumier plein de vermine. Le Seigneur
lui aussi gisait sur un véritable fumier, c’est-à-dire sur la boue de
ce monde, parmi des hommes qui sont une véritable vermine, tout
bouillants de crimes et de convoitises diverses.
Job a
retrouvé la santé et la richesse. Le Seigneur, en ressuscitant
, a donné
à ceux qui croient en lui non pas seulement la santé, mais
l’immortalité, et il a retrouvé sa domination sur toute la nature,
comme il l’a lui-même affirmé: Tout m’a été confié par mon Père.
Job a engendré des fils pour le remplacer. Le Seigneur aussi, après les
prophètes, a engendré ses fils, les saints Apôtres. Job, ayant retrouvé
le bonheur, s’est endormi dans la paix. Et le Seigneur demeure béni
éternellement, avant les siècles, et à partir des siècles, et pour tous
les siècles des siècles.
Marchons dans la fidélité à Dieu, notre Père. Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour. Il sait bien de quoi nous sommes pétris, il n’oublie pas que nous sommes poussière. Dieu
qui as relevé le monde par les abaissements de ton Fils, donne à tes
fidèles une joie sainte : tu les as tirés de l’esclavage du péché ;
fais-leur connaître le bonheur impérissable.


 le
père Raniero Cantalamessa
OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale.

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 16, 12-15


J’aurais encore
beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous
n’avez pas la force de les porter.
Quand il viendra, lui,
l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout
entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de
lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu ;
et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Il
me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître.
Tout ce qui appartient au Père
est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit
: Il reprend ce qui vient de moi pour vous
le faire connaître.


Dans l’Evangile, tiré des
discours d’adieu de Jésus, se profilent en arrière plan trois
sujets mystérieux, inextricablement unis entre eux. « Quand il viendra,
lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité
tout entière… Tout ce qui appartient au Père est à
moi [au Fils !] ». En réfléchissant sur ces textes
et d’autres textes de la même teneur, l’Eglise est parvenue
à sa foi en Dieu un et trine.
Beaucoup s’interrogent :
« Mais qu’est-ce que ce rebus de trois qui sont
un et un qui est trois ? ». Ne serait-ce
pas plus facile de croire en un Dieu unique tout
simplement, comme le font les juifs et les musulmans ?
La réponse est simple. L’Eglise croit à la Trinité, non
pas parce qu’elle prend goût à compliquer les choses mais
parce que cette vérité lui a été révélée par le
Christ. La difficulté de comprendre le mystère de la Trinité
est un argument en faveur et non contre le caractère
véridique de ce mystère. Aucun homme n’aurait pu, de lui-même,
imaginer un tel mystère.
Après que le mystère ait été révélé,
nous comprenons de manière intuitive que, si Dieu existe, il
ne peut être qu’ainsi : un et trine dans le
même temps. L’amour ne peut exister qu’entre deux personnes ou
plus ; si par conséquent « Dieu est amour »,
il doit y avoir en lui quelqu’un qui aime, quelqu’un
qui est aimé et l’amour qui les unit. Les chrétiens
sont eux aussi monothéistes ; ils croient en un Dieu
qui est unique, mais pas solitaire. Qui aimerait Dieu s’il
était absolument seul ? Lui-même peut-être ? Mais alors ce
ne serait plus de l’amour mais de l’égoïsme ou du
narcissisme.
La Trinité nous offre un formidable enseignement de vie. Ce
mystère est l’affirmation par excellence que nous pouvons être semblables
et divers : semblables de par notre dignité et divers
de par nos caractéristiques. N’est-ce pas ce que nous avons
le plus besoin d’apprendre, pour bien vivre dans ce monde
? C’est-à-dire que nous pouvons être divers de par la
couleur de notre peau, notre culture, notre sexe, notre race,
notre religion, mais que nous jouissons de la même dignité,
comme personnes humaines ?
C’est dans la famille que cet enseignement
s’applique d’abord et le plus naturellement. La famille devrait être
un reflet terrestre de la Trinité. Celle-ci est faite de
personnes diverses de par leur sexe (homme et femme) et
leur âge (parents et enfants), avec toutes les conséquences qui
dérivent de ces diversités : des sentiments différents, des attitudes
et des goûts différents. Le succès d’un mariage et d’une
famille dépend de la capacité de cette diversité à tendre
vers une unité supérieure : unité d’amour, d’intentions, de collaboration.
Il
n’est pas vrai qu’un homme et une femme doivent nécessairement
avoir le même tempérament et les mêmes dons ; qu’ils
doivent tous deux être joyeux, vivaces, extrovertis et instinctifs, ou
tous deux introvertis, calmes, et réfléchis. Nous savons même les
conséquences négatives qui peuvent découler, déjà sur le plan physique,
de mariages entre personnes d’une même famille, au sein d’un
cercle restreint. Le mari et la femme ne doivent pas
être une « douce moitié » de l’autre, dans le
sens de deux moitiés parfaitement égales, comme une pomme coupée
en deux, dans le sens que chacun est la moitié
manquante de l’autre et le complément de l’autre. C’est ce
que Dieu signifiait lorsqu’il dit : « Il n’est pas
bon que l’homme soit seul : il faut que je
lui fasse une aide qui lui soit assortie » (Gn
2, 18). Tout ceci suppose l’effort d’accepter la diversité de
l’autre, ce qui est la chose la plus difficile pour
nous et que seuls les plus mûrs réussissent à faire.
Nous
voyons également à travers cela combien il est erroné de
considérer la Trinité comme un mystère éloigné de la vie,
qu’il convient de laisser à la spéculation des théologiens. Au
contraire ce mystère est extrêmement proche, pour une raison très
simple : nous avons été créés à l’image du Dieu
un et trine, nous en portons l’empreinte et sommes appelés
à réaliser cette même synthèse sublime d’unité et de diversité.


Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église


De Trinitate, VII, 26-27



« Par quelle autorité fais-tu cela ? »



Il est bien au Père, ce Fils qui lui ressemble. Il vient de lui, ce Fils
qu’on peut lui comparer, car il lui est semblable. Il est son égal, ce Fils
qui accomplit les mêmes oeuvres que lui (Jn 5,36)… Oui, le Fils accomplit
les oeuvres du Père ; c’est pourquoi il nous demande de croire qu’il est le
Fils de Dieu. Il ne s’arroge pas là un titre qui ne lui serait pas dû ; ce
n’est pas sur ses propres oeuvres qu’il appuie sa revendication. Non ! Il rend
témoignage que ce ne sont pas ses propres oeuvres, mais celles de son Père. Et
il atteste ainsi que l’éclat de ses actions lui vient de sa divine naissance.
Mais comment les hommes auraient-ils pu reconnaître en lui le Fils de Dieu,
dans le mystère de ce corps qu’il avait assumé, dans cet homme né de Marie ?
C’est pour faire pénétrer en leur coeur la foi en lui que le Seigneur
accomplissait toutes ces oeuvres : « Si j’accomplis les oeuvres de mon Père,
alors, même si vous ne voulez pas croire en moi, croyez au moins mes oeuvres !
» (Jn 10,38)
Si l’humble condition de son corps semble un obstacle pour croire en sa
parole, il nous demande de croire au moins en ses oeuvres. En effet, pourquoi
le mystère de sa naissance humaine nous empêcherait-il de percevoir sa
naissance divine ?… « Si vous ne voulez pas croire en moi, croyez en mes
oeuvres, pour savoir et reconnaître que le Père est en moi, et moi dans le
Père »…
Telle est la nature qu’il possède par naissance ; tel est le mystère
d’une foi qui nous assurera le salut : ne pas diviser ceux qui sont un, ne
pas priver le Fils de sa nature, et proclamer la vérité du Dieu Vivant né du
Dieu Vivant… « Comme le Père qui m’a envoyé est vivant, de même, moi, je vis
par le Père » (Jn 6,57). « Comme le Père a la vie en lui-même, de même il a
donné au Fils d’avoir aussi en lui-même la vie » (Jn 5,26).


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