La Lune suivie de pensées des pères de l’église, Richard Rolle, Jean Climaque, Jean de Naples, Diognète, Origéne, Anselme, Youssef Bousnaya, Aphraate le persan, André de Créte, Siluane, Imitation du Christ, etc …

La Lune

      
  • Publié le 02/01/08  ; Un petit documentaire sur la Lune, sur ce que la Terre serait sans elle et sur les autres satellites du système solaire.
  • Autor:
    Lunethique

  • Ressources:
    Daily


De Richard Rolle (vers 1300-1349), ermite anglais


« Je suis venu appeler…les pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »

Le Christ en croix appelle à grands cris…
Il offre la paix, il s’adresse à toi, désireux de te voir embrasser l’amour…:
Considère ceci, bien-aimé ! Moi le Créateur sans limite, j’ai épousé la chair
pour être capable de naître d’une femme. Moi, Dieu, je me suis présenté aux
pauvres comme leur compagnon. C’est une mère humble que j’ai choisie. C’est
avec les publicains que j’ai mangé. Les pécheurs ne m’ont pas inspiré
d’aversion. Les persécuteurs, je les ai supportés. J’ai fait l’expérience des
fouets, et c’est « jusqu’à la mort de la croix que je me suis abaissé » (Ph
2,8). « Qu’aurais-je dû faire que je n’aie fait ? » (Is 5,4) J’ai ouvert mon
côté à la lance. Mes mains et mes pieds, je les ai laissé transpercer. Ma chair
ensanglantée, pourquoi ne la regardes-tu pas ? Ma tête inclinée (Jn 19,30),
comment n’y prêtes-tu nulle attention ? J’ai accepté d’être compté au nombre
des condamnés, et voici que, submergé de souffrances, je meurs pour toi, afin
que toi, tu vives pour moi. Si tu ne fais pas grand cas de toi-même, si tu ne cherches
pas à te tirer des filets de la mort, repens-toi, du moins à présent, à cause
de moi qui ai répandu pour toi le baume tellement précieux de mon propre sang.
Regarde-moi sur le point de mourir, et arrête-toi sur la pente du péché. Oui,
cesse de pécher : tu m’as coûté si cher !
Pour toi je me suis incarné, pour toi aussi je suis né, pour toi je me suis
soumis à la Loi,
pour toi j’ai été baptisé, accablé d’opprobres, saisi, garrotté, couvert de
crachats, moqué, flagellé, blessé, cloué à la croix, abreuvé de vinaigre, et
enfin pour toi immolé. Mon côté est ouvert : saisis mon coeur. Accours, enlace
mon cou : je t’offre mon baiser. Je t’ai acquis comme ma part d’héritage, en
sorte que nul autre ne t’ait en sa possession. Remets-toi tout entier à moi qui
me suis tout entier livré pour toi.



Saint Jean Climaque (vers 575-vers 650), moine au Mont Sinaï

L’Echelle sainte, ch. 28 (trad. Petite Philocalie, Seuil 1979, p. 91 rev)

Que votre prière soit toute simple ; une seule parole a suffi au

publicain et à l’enfant prodigue pour obtenir le pardon de Dieu (Lc 15,21)…

Point de recherche dans les paroles de votre prière ; que de fois les

bégaiements simples et monotones des enfants fléchissent leur père ! Ne vous

lancez donc pas dans de longs discours afin de ne pas dissiper votre esprit

par la recherche des paroles. Une seule parole du publicain a ému la

miséricorde de Dieu ; un seul mot plein de foi a sauvé le bon larron (Lc

23,42). La prolixité dans la prière souvent emplit l’esprit d’images et le

dissipe tandis que souvent une seule parole a pour effet de le recueillir.

Vous sentez-vous consolé, saisi par une parole de la prière ? Arrêtez-vous-y,

car c’est que notre ange alors prie avec nous. Pas trop d’assurance, même si

vous avez obtenu la pureté, mais plutôt une grande humilité, et vous sentirez

alors une plus grande confiance. Même si vous avez gravi l’échelle de la

perfection, priez pour demander le pardon de vos péchés ; écoutez ce cri de

saint Paul : « Je suis un pécheur, moi le premier » (1Tm 1,15)… Si vous êtes

revêtu de douceur et libre de toute colère, il ne vous en coûtera plus

beaucoup pour libérer votre esprit de la captivité.


DE JEAN DE NAPLES

Le
Seigneur est ma lumière et mon salut: de qui aurais-je peur?
C’était un
grand serviteur, celui qui savait comment on était éclairé. Il voyait la
lumière, non pas celle qui baisse sur le soir; mais cette lumière que l’oeil ne
voit pas. Les âmes éclairées par cette lumière ne courent pas vers le péché, ne
trébuchent pas dans le vice.
Le Seigneur disait en effet: Marchez tant que vous avez la lumière. De
quelle lumière parlait-il, sinon de lui-même? Il a dit en effet : Moi, la
lumière, je suis venu dans le monde
, afin que ceux qui voient ne voient
plus, et que les aveugles reçoivent la lumière. C’est donc lui, le Seigneur,
qui est notre lumière, notre soleil de justice, lui qui a fait rayonner
son Église catholique répandue partout, et c’est pour l’annoncer que le
Prophète s’écriait: Le Seigneur est ma lumière et mon salut: de qui
aurais-je peur?

L’homme éclairé intérieurement ne boite pas, il ne s’écarte pas du chemin, il
supporte tout. Celui qui voit de loin la patrie endure les difficultés, ne
s’attriste pas des épreuves temporelles mais trouve sa force en Dieu : il
abaisse son coeur, et il endure: son humilité entraîne la patience. Cette lumière
véritable qui éclaire tout homme venant en ce monde
se donne à ceux qui
craignent Dieu, se répand en celui que le Fils veut, partout où il veut, elle
se révèle à qui le Fils de Dieu veut.
Celui qui était assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort – dans les
ténèbres du mal et dans l’ombre du péché -lorsque la lumière se lève, a horreur
de lui-même, s’humilie, se repent, rougit de honte et dit: Le Seigneur est
ma lumière et mon salut: de qui aurais-je peur?
Ce salut est une grande
chose, mes frères. Ce salut ne craint pas la faiblesse, ne redoute pas la
fatigue, ne voit pas la douleur.
Nous devons donc crier de toutes nos forces, non seulement vocales mais
spirituelles: Le Seigneur est ma lumière et mon salut: de qui aurais-je
peur?
Si c’est lui qui éclaire, si c’est lui qui sauve, de qui aurais-je
peur? Que viennent les brouillards des tentations, le Seigneur est ma
lumière
. Elles peuvent venir, elles ne peuvent pas gagner; elles peuvent
assaillir notre coeur, mais non le vaincre. Que vienne l’aveuglement des
passions, le Seigneur est ma lumière. Il est notre force, lui qui se
donne à nous; aussi donnons-nous à lui. Accourez au médecin pendant que vous le
pouvez, pour éviter de le vouloir quand vous ne le pourrez plus.


 

DE LA LETTRE À DIOGNÈTE

Aucun homme n’a vu Dieu ni ne l’a connu: c’est lui-même qui s’est manifesté. Et
il s’est manifesté par la foi, qui seule a reçu le privilège de voir Dieu.
Car Dieu, Maître et Créateur de l’univers, qui a fait toutes choses et les a
disposées avec ordre, s’est montré pour les hommes non seulement plein d’amour,
mais plein de patience. Toujours il était ainsi, il l’est et le sera:
secourable, bon, sans colère, véridique; lui seul est bon. Ayant conçu un
dessein d’une grandeur inexprimable, il ne l’a communiqué qu’à son Enfant.
Tandis qu’il maintenait son sage projet dans le mystère et le tenait en
réserve, il semblait nous oublier et ne pas se soucier de nous. Mais quand il
eut dévoilé par son Enfant bien-aimé, quand il eut manifesté ce qu’il avait
préparé dès le commencement, il nous a tout offert à la fois: de jouir de ses
bienfaits, de voir, de comprendre; qui de nous aurait jamais pu s’y attendre ?
Dieu avait donc déjà tout disposé en lui-même avec son Enfant; mais, jusqu’à
ces derniers temps, il a toléré que nous nous laissions emporter à notre gré par
des mouvements désordonnés, entraînés par les voluptés et les passions.
Nullement parce qu’il se réjouissait de nos péchés ; il tolérait alors, sans
l’approuver, ce règne de l’iniquité. Bien au contraire, il organisait pour
maintenant le règne de la justice. Après avoir bien prouvé, dans cette première
période, que nos propres oeuvres nous rendaient indignes de la vie, il voulait
que nous en devenions maintenant dignes par l’effet de sa bonté. Il voulait
qu’après nous être montrés incapables d’accéder par nous-mêmes au royaume de
Dieu, nous en devenions capables par sa puissance.
Lorsque notre perversité fut à son comble, et qu’il fut devenu pleinement
manifeste que son salaire – le supplice et la mort – était imminent, c’est
alors qu’arriva le temps que Dieu avait marqué pour faire connaître désormais
sa bonté et sa puissance: quelle surabondance de l’amour de Dieu et de sa bonté
pour les hommes ! Il ne nous a pas détestés, il ne nous a pas repoussés, il
ne nous a pas tenu rancune; au contraire, il a longtemps patienté, il nous a
supportés. Dans sa pitié pour nous, il a pris en charge nos propres péchés, il
a livré son propre Fils pour nous racheter: le saint pour les criminels,
l’innocent pour les méchants, le juste pour les injustes, l’incorruptible pour
les corrompus, l’immortel pour les mortels
. Qu’est-ce qui aurait pu couvrir
nos péchés, sinon sa justice ? Par qui pouvions-nous être rendus justes,
criminels et impies que nous étions, sinon par le seul Fils de Dieu ?
Quel échange plein de douceur ! Quelle réalisation insondable ! Quels bienfaits
inespérés ! Le crime du grand nombre est enseveli dans la justice d’un seul, et
la justice d’un seul rend juste un grand nombre de criminels !


 Benoit XVI

Au début de son pèlerinage de foi, la foi de Marie rencontre la foi de Joseph. 

« Gaudete in Domino
semper
– Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur » (Ph 4, 4). . L’apôtre exhorte les chrétiens à se
réjouir parce que la venue du Seigneur, c’est-à-dire son retour glorieux, est
certain et ne tardera pas. L’Eglise fait sienne cette invitation, alors qu’elle
se prépare à célébrer Noël, et son regard se dirige toujours plus vers
Bethléem. En effet, nous attendons la seconde venue du Christ avec une
espérance sûre, parce que nous avons connu la première. Le mystère de Bethléem
nous révèle le Dieu-avec-nous, le Dieu qui nous est proche, pas simplement au
sens spatial, et temporel. Il est proche de nous parce qu’il a en quelque sorte
‘épousé’ notre humanité. Il a pris sur lui notre condition, en choisissant
d’être comme nous en toute chose, excepté le péché, pour nous faire devenir
comme Lui. La joie chrétienne jaillit donc de cette certitude :
Dieu est proche, il est avec moi, il est
avec nous, dans la joie et dans la douleur, dans la santé et dans la maladie,
comme un ami et un époux fidèle
. Et cette joie demeure aussi dans l’épreuve, dans la souffrance
même, et elle reste, non en superficie, mais au plus profond de la personne qui
se confie à Dieu et met en Lui sa confiance.
Certains se demandent : mais, cette joie est-elle encore possible aujourd’hui ?
La réponse, ils la donnent par leur vie, les hommes et les femmes de tout âge
et de toute condition sociale, heureux de consacrer leur existence aux autres !
La bienheureuse Mère Teresa de Calcutta n’a peut-être pas été, à notre époque,
un témoin inoubliable de la vraie joie évangélique ? ».
Elle vivait chaque jour en contact avec la
misère, la dégradation humaine, la mort. Son âme a connu l’épreuve de la nuit
obscure de la foi, et pourtant, elle a donné à tous le sourire de Dieu.

Nous lisons dans un de ses écrits : «
Nous attendons avec impatience le paradis, où il y a Dieu,
mais il est en notre pouvoir d’être au paradis dès ici-bas, et dès ce
moment-ci. Etre heureux avec Dieu signifie : aimer comme lui, aider comme lui,
donner comme lui, servir comme lui
» (La joie du Don, Seuil, Paris, 1975).
La joie entre dans le
cœur de qui se met au service des petits et des pauvres
. En qui aime ainsi, Dieu fait sa demeure, et l’âme est
dans la joie. Si au contraire, on fait du bonheur une idole, on se trompe de
chemin, et il est vraiment difficile de trouver la joie dont parle Jésus
. C’est malheureusement la
proposition des cultures qui mettent le bonheur individuel à la place de Dieu,
une mentalité qui a son effet emblématique dans la recherche du plaisir à tout
prix, dans la diffusion de l’usage de drogues en guise de fuite, de refuge dans
des paradis artificiels, qui se révèlent ensuite comme totalement illusoires.

Chers frères et sœurs, à Noël aussi on peut se tromper de chemin, échanger la
vraie fête avec celle qui n’ouvre pas le cœur à la joie du Christ. Que la Vierge Marie aide
tous les chrétiens, et les hommes à la recherche de Dieu,
à arriver
enfin à Bethléem, pour rencontrer l’Enfant qui est né pour nous, pour le salut
et le bonheur de tous les hommes.


D’Origène (vers 185-253), prêtre et théologien


Josué a traversé le Jourdain pour attaquer la ville de Jéricho. Mais Saint Paul
enseigne : « Nous ne luttons pas contre des hommes, mais contre les forces
invisibles, les puissances des ténèbres qui dominent le monde, les esprits du
mal qui sont au-dessus de nous » (Ep 6,12). Les choses qui ont été écrites sont
des images et des symboles. Car Paul dit ailleurs : « Ces évènements servaient
d’exemple ; ils ont été écrits pour notre instruction, à nous qui voyons
arriver la fin des temps » (1Co 10,11). Si donc ces choses ont été écrites pour
notre instruction, eh bien ! pourquoi tardes-tu ? Comme Josué, partons pour la
guerre, prenons d’assaut la plus vaste cité de ce monde, c’est-à-dire la
méchanceté, et détruisons les murailles orgueilleuses du péché.
Regarderais-tu alentour quel chemin il faut prendre, quel champ de bataille il
faut choisir ? Tu vas trouver, sans doute, mes paroles étonnantes, elles sont
pourtant vraies : limite tes recherches à toi seul. En toi est le combat que tu
vas livrer, à l’intérieur de toi l’édifice du mal et du péché qu’il faut
abattre ; ton ennemi sort du fond de ton coeur. Ce n’est pas moi qui le dis,
mais le Christ ; écoute-le : « C’est du coeur que viennent les pensées
mauvaises, meurtres, adultères, inconduites, vols, faux témoignages,
diffamations » (Mt 15,19). Réalises-tu la puissance de cette armée ennemie qui
s’avance contre toi du fond de ton coeur ? Voilà nos vrais ennemis.



PRIERE DE S. ANSELME A MARIE , le 8 Décembre ,
jour de l’ Immaculée conception .

Le ciel et les astres, la terre et les
fleuves, le jour et la nuit, et tout ce qui obéit ou sert à l’homme, se félicite
d’être par toi, ô notre Dame, rendu en quelque sorte à sa beauté première, et
même doté d’une grâce nouvelle et ineffable. Car tous, pour ainsi dire, étaient
morts, alors que dépouillés de leur dignité naturelle, qui est d’être au
pouvoir et au service de ceux qui louent Dieu – c’est là le motif même de leur
création – ils étaient opprimés et dégradés par un culte idolâtrique, étranger
au but de leur existence. Ils se réjouissent donc d’être comme ressuscités,
puisque désormais les voilà soumis à la domination et embellis par l’usage des
adorateurs du vrai Dieu. Ils ont comme exulté lorsque leur fut accordée la
faveur, nouvelle et inestimable, non seulement de sentir invisiblement
au-dessus d’eux la royauté de Dieu, leur propre Créateur, mais encore de le
voir les sanctifier visiblement, dans leur sphère à eux, en en faisant lui-même
usage. Tels sont les si grands biens échus à l’univers, par le fruit béni du
sein de Marie, la bénie.
Par la plénitude de ta grâce, Marie, les êtres retenus en enfer se réjouissent
d’être libérés, et les créatures au-delà du ciel d’être restaurées. Oui, c’est
bien par ce glorieux Fils de ta glorieuse virginité que tous les justes
disparus avant sa mort vivifiante exultent de voir la fin de leur captivité, et
les anges, le relèvement de leur cité à moitié détruite. O femme remplie et
plus que remplie de grâce, dont la surabondante plénitude se répand sur toute
la création pour la rétablir ! O Vierge bénie et plus que bénie, dont la
bénédiction est source de bénédictions pour toute la nature, non seulement pour
la nature créée, de la part de son Créateur, mais aussi pour le Créateur, de la
part de sa création !
Dieu a donné son Fils, fruit unique de son cœur, qui était son égal et qu’il
aimait comme lui-même : il l’a donné à Marie, et, du sein de Marie, il en fait
son Fils, non pas quelqu’un d’autre, mais le même en personne, de sorte qu’il
est par sa nature le même Fils unique de Dieu et de Marie. Toute la création
est l’œuvre de Dieu, et Dieu est né de Marie ! Dieu a tout créé, et Marie a
enfanté Dieu ! Dieu qui a tout formé, s’est formé lui-même du sein de Marie, et
ainsi il a refait tout ce qu’il avait fait. Lui qui a pu tout faire de rien,
n’a pas voulu refaire sans Marie sa création détruite. Dieu est donc le Père de
toutes les choses créées, et Marie la mère de toutes les choses recréées. Dieu
est le Père de la création universelle, et Marie la mère de la rédemption
universelle. Car Dieu a engendré celui par qui tout a été fait, et Marie a
enfanté celui par qui tout a été sauvé. Dieu a engendré celui sans qui
absolument rien n’existe, et Marie a enfanté celui sans qui absolument rien
n’est bon. Oui, le Seigneur est vraiment avec toi : il t’a
fait un don tel que la nature entière t’est grandement redevable, à toi, en
même temps qu’à lui.

La Vierge Marie comprenait certainement,
mieux que tout autre, les promesses de Dieu à son Peuple, car elle avait tout
pour pénétrer plus loin le mystère de Dieu.
Elle était d’abord attentive et entièrement tournée vers Dieu selon le premier
commandement « Ecoute Israël, le Seigneur ton Dieu est l’Unique » (Dt 6,4).
Elle cherchait le Seigneur en priant avec les Psaumes : « Mon âme a soif de toi
! » (Ps 42,3). Elle était aussi toute humble or « Dieu résiste aux orgueilleux,
mais il se révèle aux humbles » (Jc 4,6). Et il se révélait d’autant plus à la Vierge sainte que son
coeur, totalement libre et immaculé, lui rendait le Ciel plus transparent : «
heureux les coeurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5,8).
Elle attendait donc, dans la recherche amoureuse, la prière et la lecture la Parole de Dieu, « méditant
en son coeur » (Lc 2,19) toutes les promesses de Dieu à son Peuple, à commencer
par la première annonce d’un salut, celle de la Genèse, juste après la
chute, quand Dieu dit au serpent : « Je mettrais une hostilité entre la Femme et toi, entre ta
descendance et sa descendance. Elle t’écrasera la tête et toi, tu l’atteindras
au talon » (Gn 3,15).


De Benoît XVI  Mercredi 28 novembre 2007

  Chers frères et sœurs,

Selon l’opinion répandue aujourd’hui, le christianisme serait une religion
européenne, qui aurait ensuite exporté la culture de ce continent dans d’autres
pays. Mais la réalité est beaucoup plus complexe, car la racine de la religion
chrétienne se trouve dans l’ancien Testament et donc à Jérusalem et dans le
monde sémitique. Le christianisme se nourrit toujours à cette racine de
l’Ancien Testament. Même son expansion, au cours des premiers siècles, a eu
lieu aussi bien vers l’occident — vers le monde gréco-latin, où il a ensuite
inspiré la culture européenne — que vers l’orient, jusqu’à la Perse, l’Inde, contribuant
ainsi à susciter une culture spécifique, en langues sémitiques, avec une
identité propre. Pour montrer cette multiplicité culturelle de l’unique foi chrétienne
des origines, j’ai parlé dans la catéchèse de mercredi dernier d’un
représentant de cet autre christianisme, Aphraate, le Sage persan, presque
inconnu chez nous. Dans cette même optique, je voudrais aujourd’hui parler de
saint Ephrem le Syrien, né à Nisibe vers 306 dans une famille chrétienne. Il
fut le représentant le plus important du christianisme de langue syriaque et
réussit à concilier d’une manière unique la vocation du théologien et celle du
poète. Il se forma et grandit à côté de Jacques, évêque de Nisibe (303-338), et
il fonda avec lui l’école de théologie de sa ville. Ordonné diacre, il vécut
intensément la vie de la communauté chrétienne locale jusqu’en 363, année où la
ville de Nisibe tomba entre les mains des Persans. Ephrem immigra alors à
Edesse, où il poursuivit son activité de prédicateur. Il mourut dans cette
ville en l’an 373, victime de la contagion de la peste qu’il avait contractée
en soignant les malades. On ne sait pas avec certitude s’il était moine, mais
il est cependant certain qu’il est resté diacre toute sa vie et qu’il a
embrassé l’état de virginité et de pauvreté. C’est ainsi qu’apparaît dans la
spécificité de son expression culturelle, l’identité chrétienne commune et
fondamentale : la foi, l’espérance – cette espérance qui permet de vivre pauvre
et chaste dans ce monde, en plaçant toutes ses attentes dans le Seigneur – et,
enfin, la charité, jusqu’au don de soi-même dans le soin des malades de la
peste.
Saint Ephrem nous a laissé un grand héritage théologique. Sa production
considérable peut se regrouper en quatre catégories : les œuvres écrites en
prose ordinaire (ses œuvres polémiques, ou bien les commentaires bibliques) ;
les œuvres en prose poétique ; les homélies en vers ; et enfin les hymnes, qui
sont certainement l’œuvre la plus vaste d’Ephrem. Il s’agit d’un auteur riche
et intéressant sous de nombreux aspects, mais en particulier sous le profil
théologique. Si nous voulons aborder sa doctrine, nous devons insister dès le
début sur ceci : sur le fait qu’il fait de la théologie sous une forme
poétique. La poésie lui permet d’approfondir la réflexion théologique à travers
des paradoxes et des images. Dans le même temps sa théologie devient liturgie,
devient musique : en effet, c’était un grand compositeur, un musicien.
Théologie, réflexion sur la foi, poésie, chant, louange de Dieu vont de pair ;
et c’est précisément dans ce caractère liturgique qu’apparaît avec limpidité
dans la théologie d’Ephrem la vérité divine. Dans sa recherche de Dieu, dans sa
façon de faire de la théologie, il suit le chemin du paradoxe et du symbole. Il
privilégie largement les images contrastantes, car elles lui servent à
souligner le mystère de Dieu.
Je ne peux pas présenter beaucoup de choses de lui maintenant, notamment parce
que la poésie est difficilement traduisible, mais pour donner au moins une idée
de sa théologie poétique, je voudrais citer en partie deux hymnes. Tout
d’abord, également en vue du prochain Avent, je vous propose plusieurs images
splendides tirées des hymnes Sur la nativité du Christ. Devant la Vierge, Ephrem manifeste
son émerveillement avec un ton inspiré :

« Le Seigneur vint en elle
pour se faire serviteur.
Le Verbe vint en elle
pour se taire dans son sein.
La foudre vint en elle
pour ne faire aucun bruit.
Le pasteur vint en elle
et voici l’Agneau né, qui pleure sans bruit.
Car le sein de Marie
a renversé les rôles :
Celui qui créa toutes choses
est entré en possession de celles-ci, mais pauvre.
Le Très-Haut vint en Elle (Marie),
mais il y entra humble.
La splendeur vint en elle,
mais revêtue de vêtements humbles.
Celui qui dispense toutes choses
connut la faim.
Celui qui étanche la soif de chacun
connut la soif.
Nu et dépouillé il naquit d’elle,
lui qui revêt (de beauté) toutes choses»

(Hymne De Nativitate 11, 6-8)
Pour exprimer le mystère du Christ, Ephrem utilise une grande diversité de
thèmes, d’expressions, d’images. Dans l’un de ses hymnes, il relie de manière
efficace Adam (au paradis) au Christ (dans l’Eucharistie) :
« Ce fut en fermant
avec l’épée du chérubin,
que fut fermé
le chemin de l’arbre de la vie.
Mais pour les peuples,
le Seigneur de cet arbre
s’est donné comme nourriture
lui-même dans l’oblation (eucharistique).
Les arbres de l’Eden
furent donnés comme nourriture
au premier Adam.
Pour nous, le jardinier
du Jardin en personne
s’est fait nourriture
pour nos âmes.
En effet, nous étions tous sortis
du Paradis avec Adam,
qui le laissa derrière lui.
A présent que l’épée a été ôtée
là-bas (sur la croix) par la lance
nous pouvons y retourner »
(Hymne 49, 9-11).

Pour parler de l’Eucharistie, Ephrem se sert de deux images : la braise ou le
charbon ardent, et la perle. Le thème de la braise est tiré du prophète Isaïe
(cf. 6, 6). C’est l’image du séraphin, qui prend la braise avec les pinces, et
effleure simplement les lèvres du prophète pour les purifier ; le chrétien, en
revanche, touche et consume la
Braise, qui est le Christ lui-même :

« Dans ton pain se cache l’Esprit
qui ne peut être consommé ;
dans ton vin se trouve le feu qui ne peut être bu.
L’Esprit dans ton pain, le feu dans ton vin :
voilà une merveille accueillie par nos lèvres.
Le séraphin ne pouvait pas approcher ses doigts de la braise,
qui ne fut approchée que de la bouche d’Isaïe ;
les doigts ne l’ont pas prise, les lèvres ne l’ont pas avalée ;
mais à nous, le Seigneur a permis de faire les deux choses.
Le feu descendit avec colère pour détruire les pécheurs,
mais le feu de la grâce descend sur le pain et y reste.
Au lieu du feu qui détruisit l’homme,
nous avons mangé le feu dans le pain
et nous avons été vivifiés ».
(Hymne De Fide 10, 8-10).
Voilà encore un dernier exemple des hymnes de saint Ephrem, où il parle de la
perle comme symbole de la richesse et de la beauté de la foi :

« Je posai (la perle), mes frères, sur la paume de ma main,
pour pouvoir l’examiner.
Je me mis à l’observer d’un côté puis de l’autre :
elle n’avait qu’un seul aspect de tous les côtés.
(Ainsi) est la recherche du Fils, impénétrable,
car elle n’est que lumière.
Dans sa clarté, je vis la Limpidité,
qui ne devient pas opaque ;
et dans sa pureté,
le grand symbole du corps de notre Seigneur,
qui est pur.
Dans son indivisibilité, je vis la vérité,
qui est indivisible »
(Hymne Sur la Perle
1, 2-3).

La figure d’Ephrem est encore pleinement actuelle pour la vie des différentes
Eglises chrétiennes. Nous le découvrons tout d’abord comme théologien, qui à
partir de l’Ecriture Sainte réfléchit poétiquement sur le mystère de la
rédemption de l’homme opérée par le Christ, le Verbe de Dieu incarné. Sa
réflexion est une réflexion théologique exprimée par des images et des symboles
tirés de la nature, de la vie quotidienne et de la Bible. Ephrem
confère un caractère didactique et catéchistique à la poésie et aux hymnes pour
la liturgie ; il s’agit d’hymnes théologiques et, dans le même temps, adaptés à
la récitation ou au chant liturgique. Ephrem se sert de ces hymnes pour
diffuser, à l’occasion des fêtes liturgiques, la doctrine de l’Eglise. Au fil
du temps, ils se sont révélés un moyen de catéchèse extrêmement efficace pour
la communauté chrétienne.
La réflexion d’Ephrem sur le thème de Dieu créateur est importante : rien n’est
isolé dans la création, et le monde est, à côté de l’Ecriture Sainte, une Bible
de Dieu. En utilisant de manière erronée sa liberté, l’homme renverse l’ordre
de l’univers. Pour Ephrem, le rôle de la femme est important. La façon dont il
en parle est toujours inspirée par la sensibilité et le respect : la demeure de
Jésus dans le sein de Marie a grandement élevé la dignité de la femme. Pour
Ephrem, de même qu’il n’y a pas de Rédemption sans Jésus, il n’y a pas
d’incarnation sans Marie. Les dimensions divines et humaines du mystère de
notre rédemption se trouvent déjà dans les textes d’Ephrem ; de manière
poétique et avec des images fondamentalement tirées des Ecritures, il anticipe
le cadre théologique et, d’une certaine manière, le langage même des grandes
définitions christologiques des Conciles du Ve siècle.
Ephrem, honoré par la tradition chrétienne sous le titre de « lyre de l’Esprit
Saint », resta diacre de son Eglise, toute sa vie. Ce fut un choix décisif et
emblématique : il fut diacre, c’est-à-dire serviteur, que ce soit dans le
ministère liturgique, ou, plus radicalement, dans l’amour pour le Christ, qu’il
chanta de manière inégalable, ou encore, dans la charité envers ses frères,
qu’il introduisit avec une rare habileté dans la connaissance de la Révélation divine.


De Saint Isaac le Syrien (7ème siècle), moine à Ninive, près de Mossoul dans
l’actuel Irak

Ne méprise pas le pécheur, car nous sommes tous coupables. Si pour l’amour de
Dieu tu t’élèves contre lui, pleure plutôt sur lui. Pourquoi le méprises-tu ?
Méprise ses péchés, et prie pour lui, afin d’être pareil au Christ, qui ne
s’est pas irrité contre les pécheurs mais a prié pour eux. Ne vois-tu pas comment
il a pleuré sur Jérusalem ? Car nous aussi plus d’une fois sommes joués par le
diable. Pourquoi mépriser celui qui comme nous a été joué par le diable qui se
moque de nous tous ? Pourquoi, ô homme, mépriser le pécheur ? Est-ce parce
qu’il n’est pas juste comme toi ? Mais où est ta justice, dès lors que tu n’as
pas l’amour ? Pourquoi n’as-tu pas pleuré sur lui ? Au contraire tu le
persécutes. C’est par ignorance que certains s’irritent, eux qui croient avoir
le discernement des oeuvres des pécheurs.



De Youssef Bousnaya (vers
869-979), moine syrien

Vie et doctrine de Rabban Youssef Bousnaya par Jean Bar Kaldoum

La miséricorde ne mérite pas d’être louée seulement
à cause de l’abondance des bienfaits, mais quand elle procède d’une pensée
droite et miséricordieuse. Il y a des gens qui donnent et distribuent beaucoup
mais qui ne sont pas tenus pour miséricordieux devant Dieu, et il y a des gens
qui n’ont rien, qui ne possèdent rien, et qui ont pitié de tous dans leur
coeur. Ceux-ci sont considérés devant Dieu comme de parfaits miséricordieux, et
ils le sont en effet. Ne dis donc pas : « Je n’ai rien à donner aux pauvres » ;
ne t’afflige pas en croyant qu’à cause de cela tu ne peux pas être
miséricordieux. Si tu as quelque chose, donne ce que tu as ; si tu n’as rien,
donne, ne serait-ce qu’un morceau de pain sec, avec une intention vraiment
miséricordieuse et cela sera considéré devant Dieu comme la miséricorde
parfaite.
 Notre Seigneur n’a pas loué ceux qui jetaient beaucoup dans le tronc des
offrandes ; il a loué la veuve pour y avoir mis deux piécettes qu’elle avait
prises de son indigence, avec une pensée droite, pour les jeter dans le trésor
de Dieu. C’est l’homme qui a pitié de ses semblables dans son coeur qui est
réputé miséricordieux devant Dieu ; une intention droite sans effet visible
vaut mieux que beaucoup d’oeuvres éclatantes sans intention droite.


 D’Aphraate , le sage persan , père de
l’ église du quatrième siècle de l’Église syriaque.

 « Il présente le salut comme une guérison, et Jésus comme un médecin, qui
guérit les blessures que sont les péchés ».
Pour ce qui est de la vie ascétique, il a une conception de l’humilité
chrétienne, à la suite du Christ : « La vie chrétienne est centrée sur
l’imitation du Christ en suivant l’Évangile. Aussi, la première des vertus
est-elle l’humilité ; elle permet d’entrer en relation avec le Christ ».
Par ailleurs, Aphraate présente une théologie du corps dans la logique de
l’Incarnation et de a Rédemption : « Aphraate montre que le corps humain est
appelé à la beauté, à la joie, à la lumière, faisant apparaître la
dimension ascétique de la vie chrétienne, dont la foi est le fondement ».



 
DE SAINT ANDRÉ DE CRÈTE

Disons au Christ, nous
aussi : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël
Célébrons-le, non pas avec des rameaux d’olivier, mais avec les triomphes de nos
pardons réciproques
. Étendons à ses pieds, comme des vêtements, les
désirs de notre cœur
, afin qu’il fasse en nous son entrée, qu’il soit
totalement en nous, qu’il nous établisse tout entiers en lui, et lui tout
entier en nous. Disons à Sion cette parole du prophète : Confiance, fille de
Sion, n’aie aucune crainte. Voici son roi qui vient vers toi, humble et
monté sur un âne, un âne tout jeune.

, Il vient, celui qui est partout présent et qui remplit toute chose afin
d’accomplir en toi le salut de tous. Il vient, celui qui n’est pas venu
appeler les justes, mais les pécheurs à la conversion
, afin de retirer du
péché ceux qui se sont égarés. N’aie donc aucune crainte : Dieu est au
milieu de toi, tu ne seras pas ébranlée.

Accueille en élevant les mains celui qui, sur ses mains, a gravé le plan de tes
remparts. Accueille celui qui a établi tes fondations sur les paumes de ses
mains. Accueille celui qui a pris sur lui tout ce qui est à nous, à l’exception
du péché, afin d’absorber en lui tout ce qui est à nous. Réjouis-toi, ô Mère,
cité de Sion, célèbre tes fêtes. Glorifie pour sa miséricorde celui
qui vient à nous au milieu de toi. Réjouis-toi grandement, fille de Jérusalem,
chante et danse. Resplendis, resplendis ! (Nous t’acclamons à la
manière d’Isaïe, le prophète retentissant). Elle est venue, ta lumière, et
la gloire du Seigneur s’est levée sur toi !

Quelle est cette lumière ? Celui qui éclaire tout homme venant en ce
monde
. Lumière éternelle, lumière hors du temps qui se montre dans
le temps, lumière manifestée dans la chair et cachée par nature ; lumière qui a
enveloppé les bergers et guidé les mages. Lumière qui était dans le monde au
commencement, par qui le monde a été fait, mais que le monde n’a pas connue
.
Lumière qui est venue chez les siens, mais que les siens n’ont pas reçue.

La gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Quelle est cette gloire ?
Eh bien, c’est la croix, sur laquelle le Christ a été glorifié. C’est la
lumière éclatante de la gloire du Père
, comme lui-même l’a dit, la veille
de sa passion : Maintenant le Fils de l’homme vient d’être glorifié, et
Dieu a été glorifié en lui ; et bientôt il le glorifiera
. Ce qu’il appelle
alors sa gloire, c’est son élévation sur la croix. Car la croix du Christ est
sa gloire et son élévation. Il a dit en effet : Moi, quand j’aurai été
élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes.


 DE
SAINT AUGUSTIN SUR LE PSAUME 63


La lumière s’est levée pour le juste, et pour les
coeurs droits, la joie
. Tu cherches d’où vient cette joie? Écoute "
le juste se réjouira dans le Seigneur
".
Nous réjouir dans le Seigneur. Qui peut se réjouir de ce qu’il ne voit pas ?
Est-ce que nous voyons le Seigneur? Maintenant, nous cheminons dans la foi ; tant que nous habitons dans ce corps, nous sommes en exil loin du
Seigneur
. Nous cheminons dans la foi, non dans la vision. Quand
sera-ce dans la vision? Lorsque s’accomplira cette parole de saint Jean : Bien-aimés, dès maintenant nous sommes fils de Dieu;
mais ce que nous serons n ‘apparaît pas encore clairement. Nous le savons,
lorsque le Fils de Dieu apparaîtra, nous serons semblables à lui, parce que
nous le verrons tel qu’il est.

Alors ce sera l’allégresse immense et parfaite, la joie plénière: on ne sera
plus allaité par l’espérance, mais nourri par la réalité. Toutefois, dès
maintenant, avant que la réalité nous advienne, avant que nous parvenions à la
réalité elle-même, réjouissons-nous dans le Seigneur. Car elle ne donne pas une
petite joie, cette espérance d’une réalité que nous obtiendrons ensuite.
Maintenant, aimons dans l’espérance. C’est pourquoi, dit le psaume, le juste se réjouit dans le Seigneur. Et
pour l’instant, parce qu’il ne voit pas encore, il espérera en lui.
Cependant, nous avons les premières avances de l’Esprit, peut-être davantage;
nous nous rapprochons de celui nous aimons. Et ce que nous désirons avec
avidité manger et boire, nous y goûtons et nous le touchons, si c’est du bout
des lèvres.
Comment nous réjouissons-nous dans le Seigneur, si le Seigneur est loin de
nous? Mais il n’est pas loin! C’est par ta faute qu’il est loin. Aime-le, et il
s’approchera; aime-le, et il habitera en toi. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien. Tu veux
savoir comment celui que tu aimes est avec toi ? Dieu est amour.
Tu vas me dire: «Mais qu’est-ce que l’amour»? L’amour est ce par quoi nous
aimons. Qu’est-ce que nous aimons? Le bien inexprimable, le bien plein de
bienfaits, le Créateur qui est bon, et qui a créé tous les biens. C’est lui qui
fera tes délices, car c’est de lui que tu reçois tout ce qui fait tes délices.
Je ne parle pas du péché, car le péché est la seule chose qui ne vienne pas de
lui. Hormis le péché, c’est de lui que tu tiens tout ce que tu as.


 de saint Pierre Apôtre (2P 1, 1-11)

La
vocation chrétienne

S’il a été donné aux chrétiens tout ce qui est "nécessaire à la
vie", il y a lieu cependant de redoubler d’efforts.

Syméon
Pierre, serviteur et apôtre de Jésus Christ, à ceux qui ont reçu, par la
justice de notre Dieu et Sauveur Jésus Christ, une foi de même prix que la
nôtre:
que la grâce et la paix vous viennent en abondance par la connaissance de Dieu
et de Jésus, notre Seigneur.
En effet, la puissance divine nous a fait don de tout ce qui est nécessaire à
la vie et à la piété en nous faisant connaître celui qui nous a appelés par sa
propre gloire et sa force agissante.
Par elles, les biens du plus haut prix qui nous avaient été promis nous ont été
accordés, pour que par ceux-ci vous entriez en communion avec la nature divine,
vous étant arrachés à la pourriture que nourrit dans le monde la convoitise.
Et pour cette raison même, concentrant tous vos efforts, joignez à votre foi la
vertu, à la vertu la connaissance,
à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la ténacité, à la
ténacité la piété,
à la piété l’amitié fraternelle, à l’amitié fraternelle l’amour.
Car ces qualités, si vous les possédez en abondance, ne vous laissent pas
inactifs ni stériles pour connaître notre Seigneur Jésus Christ;
en effet, celui à qui elles manquent, c’est un aveugle qui tâtonne: il oublie
qu’il a été purifié de ses péchés d’autrefois.
C’est pourquoi, frères, redoublez d’efforts pour affermir votre vocation et
votre élection; ce faisant, pas de danger de jamais tomber.
C’est ainsi, en effet, que vous sera généreusement accordée l’entrée dans le
Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.


 de Saint léon le Grand  pour le jeûne du 7ème mois
« Amassez-vous des trésors dans le
ciel »

Le
Seigneur déclare : Si votre justice ne
surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le
Royaume des cieux
. Mais comment la justice surpassera-t-elle, si la miséricorde ne triomphe pas ? Et qu’y a-t-il d’aussi
juste ou d’aussi digne, pour la créature faite à l’image et ressemblance de
Dieu, que d’imiter son auteur ? Celui-ci a fait consister le pardon des péchés
dans la restauration et la sanctification des croyants ; en écartant la
sévérité de la vengeance, en faisant cesser tout supplice, il a voulu que le
coupable revienne à l’innocence et que la disparition du péché soit la
naissance des vertus. ~
Voilà en quoi la justice chrétienne peut surpasser celle des scribes et des
pharisiens, sans abolir la loi mais en refusant de la comprendre de façon
charnelle. Aussi le Seigneur, en enseignant à ses disciples la manière de
jeûner, disait-il : Quand vous jeûnez, ne
prenez pas un air abattu comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se
composent une mine défaite pour bien faire connaître aux hommes qu’ils jeûnent.
Amen, je vous le déclarent, ils ont touché leur récompense
. Quelle
récompense, sinon celle de la louange humaine ? Parce qu’on désire celle-ci, on
étale souvent une apparence de justice et, sans écouter sa conscience, on
s’attache à une réputation qui est fausse ; si bien que l’injustice, décelée
par sa dissimulation même, prend plaisir à une renommée mensongère. ~
Si l’on aime Dieu, on se contente de plaire à celui qu’on aime, car on ne doit
pas attendre une récompense meilleure que l’amour lui-même. En effet, la
charité qui vient de Dieu est telle que Dieu lui-même est charité ; l’âme
religieuse et chaste se réjouit tellement d’être comblée par lui qu’elle désire
trouver son bonheur en rien d’autre que lui. Car elle est très vraie, la parole
du Seigneur : Là où sera ton trésor, là
aussi sera ton cœur
. Qu’est-ce que le trésor de l’homme, sinon un
certain rassemblement de ses récoltes, et le total de ses travaux ? Car chacun
récolte ce qu’il a semé, et le bénéfice de chacun correspond à son ouvrage ; là
où l’on met son plaisir dans la jouissance, c’est là que le cœur attache son
intérêt. Mais comme il y a beaucoup de genre de richesses, et des sources de
joie très différentes, chacun a un trésor correspondant au penchant de son
désir. Si ce désir se porte sur les biens terrestres, il ne rend pas heureux,
mais misérables, ceux qui en jouissent.
Quant à ceux qui ont le goût des biens d’en haut, non des biens de la terre,
qui ne s’intéressent pas aux biens périssables, mais aux biens éternels, ils
ont en réserve des ressources incorruptibles en celui dont le prophète nous dit
: Notre trésor, notre salut nous advient ;
sagesse, doctrine et piété viennent du Seigneur : ce sont des trésors de la
justice
. Par eux, avec le secours de la grâce de Dieu, les biens de
la terre eux-mêmes se transforment en biens célestes ; car beaucoup d’hommes
emploient les richesses dont ils ont légitimement hérité ou qu’ils ont acquises
autrement, au service de la bienfaisance. Et lorsqu’ils distribuent leur
superflu pour le soulagement des pauvres, ils accumulent pour eux-mêmes des
richesses inaliénables ; ce qu’ils ont mis de côté par leurs aumônes ne risque
plus de se perdre ; et il est bien juste qu’ils aient leur cœur là où est leur
trésor, car le plus grand bonheur est de faire valoir de telles richesses pour
qu’elles s’accroissent, et de ne pas craindre qu’elles disparaissent.

 


 DE SAINT
AUGUSTIN

Chaque fois que
nous avons à souffrir quelque angoisse ou quelque épreuve, ce sont pour nous
des avertissements et aussi des réprimandes. Car nos saintes Ecritures ne nous
promettent pas la paix, la sécurité et le repos; l’Évangile nous annonce des
épreuves, des angoisses, des occasions de chute. Mais celui qui persévérera jusqu’au bout, celui-là sera
sauvé
. Cette vie a-t-elle jamais eu quelque chose de bon, depuis le
premier homme, qui lui a valu la mort, de qui elle a reçu la malédiction, cette
malédiction dont le Christ Seigneur nous a délivrés?


De Saint Paul  aux
Corinthiens

Pour m’éviter tout orgueil,
il a été mis une écharde dans ma chair, un ange de Satan chargé de me frapper,
pour m’éviter tout orgueil. A ce sujet, par trois fois, j’ai prié le Seigneur
de l’écarter de moi.
Mais il m’a déclaré: "Ma grâce te suffit; ma puissance donne toute sa
mesure dans la faiblesse." Aussi mettrai-je mon orgueil bien plutôt dans
mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ.
Donc je me complais dans les faiblesses, les insultes, les contraintes, les
persécutions, et les angoisses pour Christ! Car lorsque je suis faible, c’est
alors que je suis fort.


De la bienheureuse Theresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des
Soeurs Missionnaires de la
Charité

Chaque soir, avant de vous endormir, vous devez faire votre
examen de conscience (car vous ne savez pas si vous serez encore de ce monde le
lendemain !). Quel que soit le mal que vous avez fait, vous devez vous engager
à réparer si c’est possible. Si, par exemple, vous avez volé quelque chose,
essayez de le rendre. Si vous avez froissé quelqu’un, essayez de vous en
excuser sans délai. S’il est impossible de réparer, exprimez à Dieu vos regrets
ou vos remords. C’est très important, car nous devons être capables de
contrition pour être rendus capables d’amour. Vous pourriez dire, par exemple :
« Seigneur, je suis navré de t’avoir offensé et je te promets de faire de mon
mieux pour ne plus recommencer ». Alors, tout à coup, quelle impression de
bien-être, de délivrance, que de sentir son coeur purifié ! Souvenez-vous que
Dieu est miséricorde. Il est notre Père prévenant, prêt à tout pardonner et à
tout oublier, à la condition que nous essayions d’en faire autant envers ceux
qui nous ont fait du tort.


De Saint Maxime le Confesseur
(vers 580-662), moine et théologien .

Certains pensent qu’ils
n’ont aucune part aux dons du Saint Esprit. A cause de leur négligence à mettre
en oeuvre les commandements, ils ne savent pas que celui qui garde inaltérée la
foi dans le Christ réunit en lui-même tous les dons divins. Dès lors que, par
inertie, nous sommes loin de l’amour actif que nous devrions lui porter, cet
amour qui nous montre les trésors de Dieu cachés en nous, il va de soi que nous
pensions ne pas avoir part aux dons divins.
Si « le Christ demeure dans nos coeurs par la foi », selon l’apôtre Paul (Ep 3,17),
et si « tous les trésors de la sagesse et de la connaissance sont cachés en lui
» (Col 2,3), c’est donc que tous les trésors de la sagesse et de la
connaissance sont cachés dans nos coeurs. Mais ils se révèlent au coeur dans la
mesure de la purification de chacun, cette purification que suscitent les
commandements. Tel est le trésor caché dans le champ de ton coeur et que tu
n’as pas encore trouvé, à cause de ta paresse. Car, si tu l’avais trouvé, tu
aurais tout vendu et tu aurais acquis ce champ. Mais maintenant tu as laissé le
champ et tu cherches autour de lui, là où ne se trouve rien d’autre que des
épines et des ronces. C’est pourquoi le Sauveur dit : « Bienheureux les coeurs
purs, car ils verront Dieu » (Mt 5,8). Ils le verront, et ils verront les
trésors qui sont en lui, quand, par l’amour et la tempérance, ils se seront
purifiés. Et ils le verront d’autant plus qu’ils se seront purifiés davantage.


De Saint Silouane (1866-1938), moine orthodoxe

Il y a des hommes qui
souhaitent à leurs ennemis et aux ennemis de l’Église les peines et les
tourments du feu éternel. Ils ne connaissent pas l’amour de Dieu en pensant
ainsi. Qui a l’amour et l’humilité du Christ pleure et prie pour tout le monde.
Seigneur, de même que tu as prié pour tes ennemis, de même enseigne-nous par
ton Saint Esprit à les aimer et à prier pour eux avec des larmes. Ceci est
cependant bien difficile pour nous, pécheurs, si ta grâce n’est pas avec nous
!…
Si la grâce de l’Esprit Saint habite le coeur d’un homme, même en une mesure infime,
cet homme pleure pour tous les hommes ; il a plus encore pitié de ceux qui ne
connaissent pas Dieu ou qui lui résistent. Il prie pour eux jour et nuit afin
qu’ils se convertissent et reconnaissent Dieu. Le Christ priait pour ceux qui
le crucifiaient : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc
23,34). Etienne, lui aussi, priait pour ses persécuteurs afin que Dieu ne leur
impute pas ce péché… (Ac 7,60). Il faut prier pour nos ennemis si nous
voulons conserver la grâce, car celui qui n’a pas compassion du pécheur n’a pas
en lui la grâce du Saint Esprit. Louange et grâce à Dieu et à sa grande
miséricorde, car il nous a accordé, à nous autres hommes, la grâce de l’Esprit
Saint.


De l’Imitation de Jésus-Christ, traité spirituel du 15ème siècle

Tu sais bien excuser et colorer tes actes, et tu ne veux pas accepter les
excuses des autres. Il serait plus juste de t’accuser, toi, et d’excuser ton
frère. Si tu veux qu’on te supporte, supporte aussi les autres. Vois combien tu
es encore loin de la vraie charité et de la vraie humilité, qui ne sait se
fâcher ni s’indigner contre personne sinon contre soi-même. Ce n’est pas une
grande chose de bien vivre en compagnie de personnes bonnes et paisibles, car
cela plaît naturellement à tout le monde. Chacun aime volontiers la paix et
éprouve davantage d’affection pour ceux qui pensent comme nous. Mais pouvoir
vivre en paix avec des gens durs, méchants et indisciplinés qui nous rebutent,
c’est une grande grâce, une façon de vivre louable et courageuse…
Celui qui sait le mieux gérer la souffrance gardera une plus grande paix. C’est
lui qui est vainqueur de lui-même et maître du monde, ami du Christ et héritier
du ciel.


 DE S.
GRÉGOIRE LE GRAND
SUR L’ÉVANGILE DE JEAN

Thomas, l’un des douze
(dont le nom signifie Jumeau) n’était pas avec eux quand Jésus était venu
. Ce disciple était le seul absent.
À son retour, quand on lui raconta ce qui s’était passé, il ne voulut pas le
croire. Le Seigneur vint une seconde fois, et il présenta au disciple incrédule
son côté à toucher, lui montra ses mains et, en lui montrant les cicatrices de
ses blessures, guérit en lui la blessure de l’incrédulité. Que remarquez-vous
en tout cela, frères très chers? Croyez-vous que tout cela se soit produit par
hasard? Que ce disciple choisi ait été d’abord absent; qu’en arrivant ensuite
il entende ce récit; qu’en l’entendant, il doute; qu’en doutant, il touche, et
qu’en touchant il croie?
Non, cela ne s’est pas produit par hasard, mais selon
un plan divin
. En effet, la clémence divine agit alors d’une manière
admirable pour que ce disciple qui doutait, tandis qu’il touchait les blessures
que son maître portait dans la chair, guérisse en nous les blessures de
l’incrédulité. En effet l’incrédulité de Thomas a été
plus avantageuse pour notre foi que la foi des disciples qui ont cru
.
Car, tandis que disciple, en touchant, est ramené à la foi, notre esprit, en
dominant toute hésitation, est confirmé dans la foi; ce disciple, en doutant et
en touchant, est devenu témoin de la réalité de la
résurrection
.
Il toucha donc, et il s’écria: Mon
Seigneur et mon Dieu. Jésus lui dit: Parce que tu m’as vu, tu crois
.
Or, l’Apôtre Paul a dit: La
foi est la manière de posséder déjà ce qu’on espère, et de connaître des
réalités qu’on ne voit pas
. Il est donc bien clair que la foi fait connaître ce qui ne peut pas se voir. Ce qu’on
voit, en effet, ne produit pas la foi niais la constatation
. Alors que
Thomas a vu, lorsqu’il a touché pourquoi lui est-il dit: Parce que tu m’as vu, tu as cru? Mais ce
qu’il a cru n’était pas ce qu’il a vu. Car la divinité ne peut être vue par
l’homme mortel. C’est donc l’homme qu’il a vu, et c’est Dieu qu’il a reconnu en
disant: Mon Seigneur et mon Dieu.
Il a donc cru tout en voyant, puisqu’en regardant un vrai homme, il a proclamé
que celui-ci était Dieu, et cela, il n’avait pas pu le voir.
Ce qui suit nous donne de la joie: Heureux
ceux qui croient sans avoir vu !
Par cette phrase, c’est nous qui
sommes spécialement désignés, nous qui nous attachons par l’esprit à celui que
nous n’avons pas vu dans la chair. Car celui-là croit véritablement, qui met en
pratique, par ses actions, ce qu’il croit. Au contraire, Paul dit de ceux dont
la foi est purement nominale : Ils font
profession de connaître Dieu, mais par leurs actes ils le renient
.
Et Jacques: La foi sans les oeuvres est
morte
. Benoist XVI rajoute :
Le cas de l’apôtre Thomas est
important pour nous pour au moins trois raisons : la première, parce qu’il nous
réconforte dans nos insécurités ; la seconde, parce qu’il nous montre que tout
doute peut déboucher sur une issue lumineuse, au-delà de toute incertitude ; et
enfin parce que les paroles que Jésus lui adresse nous rappellent le vrai sens
de la foi qui a mûri et nous encouragent à poursuivre, malgré la difficulté, sur
notre chemin d’adhésion à sa personne.


La liberté trouve son sens dans l’amour, explique
Benoît XVI

ROME, dimanche 1 juillet 2007 (ZENIT.org) – La vraie liberté
trouve son sens dans l’amour. Pour le chrétien, être libre signifie marcher à
la suite du Christ.
La liturgie de ce dimanche (Luc 9, 51-62) présente Jésus qui marche «
résolument » vers Jérusalem alors qu’il sait que la mort l’attend. « Par
obéissance à la volonté de son Père, il se donne lui-même par amour ».
« C’est à travers son obéissance au Père que Jésus
réalise sa propre liberté comme choix conscient motivé par l’amour »

« Cependant, il n’a pas vécu sa liberté comme la faculté d’agir à sa guise ou
comme une domination. Il l’a vécu comme un service »,
« Comme la vie même de l’homme, la liberté trouve son sens dans l’amour. Qui est en effet le plus libre ? Celui qui garde pour lui
toutes les possibilités de peur de les perdre, ou celui qui se donne «
résolument » dans le service et se retrouve ainsi plein de vie en raison de
l’amour qu’il a donné et reçu ?
» s’est interrogé le pape.
« Vivre selon la chair signifie suivre la tendance
égoïste de la nature humaine. Vivre selon l’Esprit en revanche signifie se
laisser guider dans ses intentions et ses actions par l’amour de Dieu, que le
Christ nous a donné
», a expliqué Benoît XVI.
La liberté chrétienne « signifie marcher à la suite du Christ dans le don de
soi jusqu’au sacrifice de la
Croix », a-t-il déclaré.
Il a expliqué que c’est sur la croix que Jésus a vécu « l’apogée de sa liberté,
comme sommet de l’amour ». Il est resté sur la croix « pour accomplir jusqu’au
bout la volonté miséricordieuse du Père ».
« Celui qui appartient à la vérité ne sera esclave
d’aucun pouvoir, mais saura toujours se faire librement le serviteur de ses
frères
», a conclu Benoît XVI.


 

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