Les progrés de la science, suivis des odes de Sale Youssusnaya, Pierre Chrysologue, Jean Chrysostome, Théresa de Calcutta,Jean Fisher, Jean Paul II, Epiphane deef Boomon, Bénévent, Grégoire de Naziance, Isaac Syrien, Ignace d »Antioche ,Thérèse de Lisieux.


L’Histoire de Spoutnik

Titre original:

Il y
a 50 ans : Spoutnik lance la conquête spatiale

           

                       

  • Publié le 16/01/2008

·     
Robert Clarke
revient sur l’histoire de Spoutnik, premier satellite artificiel de la Terre, lancé en octobre
1957.

 


On a Marché
sur la Lune
(Anglais)

Titre original:

On a
marché sur la Lune

              

                       

  • Publié le 21/02/08

·        
Les images des
premiers pas de l’homme sur la lune en 1969.

 


 

Regardez  " le lancement de la Navette spatiale
"  en cliquant sur :
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Regardez " la vie en orbite " en
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 Images Prises par le Télescope Hubble

Titre original:

Hubble Panorama
  • Publié le 08/02/08

  • Une vidéo qui montre ce que le télescope Hubble nous a apporté en terme d’images depuis le début de son existence.

  • Autor:
    oliviersanguy

  • Ressources:
    WatTv


Jupiter et Saturne

Titre original:

Jupiter et Saturne
                
  • Publié le 21/01/08
  • Un
    numéro de l’émission "Les mystères du cosmos" consacrée à Jupiter et
    Saturne, les deux plus grosses planètes de notre système solaire.

  • Autor:
    antinoos1

  • Ressources:
    DailyMotion

Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)


N° 42 (trad. DDB 1981, p.67)



[Le Christ parle :]

Ceux qui ne m’ont pas reconnu n’en ont pas bénéficié ;

j’ai été caché pour ceux qui ne me possédaient pas.

Je suis auprès de ceux qui m’aiment.

Tous mes persécuteurs sont morts ;

ceux qui me savaient vivant m’ont cherché.

Je suis ressuscité, je suis avec eux,

je parle par leur bouche.

Ils ont repoussé ceux qui les persécutent ;

sur eux j’ai jeté le joug de mon amour.

Comme le bras du fiancé sur sa fiancée (cf Ct 2,6),

ainsi est mon joug sur ceux qui me connaissent.

Comme la tente des fiançailles est dressée chez le fiancé,

mon amour protège ceux qui croient en moi.


Je n’ai pas été réprouvé,

quand même j’ai semblé l’être.

Je n’ai pas péri,

bien qu’ils l’aient imaginé.

Le séjour des morts m’a vu

et il a été vaincu,

la mort m’a laissé partir,

et beaucoup avec moi.

J’ai été pour elle fiel et vinaigre ;

je suis descendu avec elle, dans son séjour,

autant qu’il avait de profondeur.

La mort s’est relâchée,

elle n’a pas pu supporter mon visage.


J’ai tenu parmi ses morts

une assemblée de vivants (1P3,19;4,6).

Je leur ai parlé avec des lèvres vivantes,

en sorte que ma parole n’ait pas été pas vaine.

Ils ont couru vers moi ceux qui étaient morts ;

ils ont crié et dit : « Aie pitié de nous,

Fils de Dieu, agis avec nous selon ta grâce.

Fais-nous sortir des liens des ténèbres,

ouvre-nous la porte, que nous sortions vers toi.

Nous voyons que notre mort

ne s’est pas approchée de toi.

Soyons délivrés, nous aussi avec toi,

car tu es notre Sauveur ».


Pour moi j’ai entendu leurs voix,

leur foi, je l’ai recueillie en mon coeur

Sur leurs fronts je traçais mon nom (Ap 14,1) ;

ils sont libres et ils m’appartiennent.

Alléluia !



De Youssef
Bousnaya
(vers
869-979), moine syrien
Vie et doctrine de Rabban Youssef Bousnaya par Jean Bar Kaldoum

La miséricorde est l’image de Dieu, et l’homme
miséricordieux est, en vérité, un Dieu habitant sur la terre. De même que Dieu
est miséricordieux pour tous, sans distinction aucune, de même l’homme
miséricordieux répand ses bienfaits sur tous également.
Mon fils, sois miséricordieux et répands des bienfaits sur tous, afin de
t’élever au degré de la divinité… Prends garde de te laisser séduire par
cette pensée que tu pourrais trouver attrayante : « Il vaut mieux que je sois
miséricordieux pour celui qui est attaché à la foi que pour celui qui nous est
étranger ». Ce n’est pas là la miséricorde parfaite imitant Dieu qui répand ses
bienfaits sur tous, sans jalousie, « qui fait également lever son soleil et
descendre sa pluie sur les bons et sur les méchants » (Mt 5,45)…
« Dieu est amour » (1Jn 4,8) ; son essence est amour, et son amour est son
essence même. Par son amour, notre Créateur a été poussé à produire notre
création. L’homme qui possède la charité, c’est vraiment Dieu au milieu des
hommes.


 SAINT PIERRE CHRYSOLOGUE  théologien, conseiller du pape Léon Ier (406 – 450)

Il y a trois actes, mes frères,
trois actes en lesquels la foi se tient, la piété consiste, la vertu se
maintient: la prière, le jeûne, la miséricorde. La prière frappe à là
porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit. Prière, miséricorde, jeûne, les
trois ne font qu’un et se donnent mutuellement la vie.
En effet, le jeûne est l’âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne.
Que personne ne les divise: les trois ne peuvent se séparer. Celui qui en
pratique seulement un ou deux, celui-là n’a rien. Donc, celui qui prie doit
jeûner; celui qui jeûne doit avoir pitié; qu’il écoute l’homme qui demande, et
qui en demandant souhaite être écouté; il se fait entendre de Dieu, celui qui
ne refuse pas d’entendre lorsqu’on le supplie.
Celui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne: il doit sympathiser avec
l’homme qui a faim, s’il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim; il doit
faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde ; celui qui veut
bénéficier de la bonté doit la pratiquer; celui qui veut qu’on lui donne doit
donner. C’est être un solliciteur insolent, que demander pour soi-même ce qu’on
refuse à autrui.
Sois la norme de la miséricorde à ton égard: si tu veux qu’on te fasse
miséricorde de telle façon, selon telle mesure, avec telle promptitude, fais
toi-même miséricorde aux autres, avec la même promptitude, la même mesure, la
même façon.
Donc la prière, la miséricorde, le jeûne doivent former un patronage pour nous
recommander à Dieu, doivent former un seul plaidoyer en notre faveur, une seule
prière en notre faveur sous cette triple forme.
Ce que nous avons perdu par le mépris, nous devons le conquérir par le jeûne ;
immolons nos vies par le jeûne parce qu’il n’est rien que nous puissions offrir
à Dieu de plus important, comme le prouve le Prophète lorsqu’il dit: Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit
brisé; le coeur qui est broyé et abaissé, Dieu ne le méprise pas.

Offre à Dieu ta vie, offre l’oblation du jeûne pour qu’il y ait là une offrande
pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur et qui
soit donnée à Dieu. Celui qui ne lui donnera pas cela n’aura pas d’excuse,
parce qu’on a toujours soi-même à offrir.
Mais pour que ces dons soient agréés, il faut que vienne ensuite la
miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s’il n’est pas arrosé par la miséricorde
; le jeûne se dessèche par la sécheresse de la miséricorde ; ce que la pluie
est pour la terre, la miséricorde l’est pour le jeûne. Celui qui jeûne peut
bien cultiver son coeur, purifier sa chair, arracher les vices, semer les
vertus: s’il n’y verse pas les flots de la miséricorde, il ne recueille pas de
fruit.
Toi qui jeûnes, ton champ jeûne aussi, s’il est privé de miséricorde; toi qui
jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne
pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au
pauvre, donne à toi-même; car ce que tu n’abandonnes pas à autrui, tu ne
l’auras pas.



Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d’Antioche puis de Constantinople, docteur de
l’Église

Le Christ nous demande donc deux choses : condamner
nos péchés, pardonner ceux des autres, faire la première chose à cause de la
seconde, qui sera alors plus facile, car celui qui pense à ses péchés sera
moins sévère pour son compagnon de misère. Et pardonner non seulement de
bouche, mais « du fond du coeur », pour ne pas tourner contre nous-mêmes le fer
dont nous croyons percer les autres. Quel mal peut te faire ton ennemi, qui
soit comparable à celui que tu te fais toi-même ?… Si tu te laisses aller à
l’indignation et à la colère, tu seras blessé non par l’injure qu’il t’a faite,
mais par le ressentiment que tu en as.
 Ne dis donc pas : « Il m’a outragé, il m’a calomnié, il m’a fait quantité
de misères. » Plus tu dis qu’il t’a fait du mal, plus tu montres qu’il t’a fait
du bien, puisqu’il t’a donné occasion de te purifier de tes péchés. Ainsi, plus
il t’offense, plus il te met en état d’obtenir de Dieu le pardon de tes fautes.
Car si nous le voulons, personne ne pourra nous nuire ; même nos ennemis nous
rendent ainsi un grand service… Considère donc combien tu retires d’avantages
d’une injure soufferte humblement et avec douceur.
 



De la Bienheureuse Teresa
de Calcutta
(1910-1997),
fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité

Si nous montrons tant d’amour aux pauvres, c’est qu’en eux
nous trouvons Jésus aujourd’hui, lui qui est la Parole de Dieu faite chair.
Plus nous sommes unis à Dieu, plus grandissent notre amour pour les pauvres et
notre disponibilité à les servir du fond du cœur…
N’allez pas chercher Dieu dans des pays lointains ; il est tout près de vous ;
il est avec vous. Tenez toujours vos lampes allumées (Mt 25,1s), et vous le
découvrirez sans cesse. Veillez et priez (Lc 21,36).
Jésus offre son amitié durable, confiante, personnelle, à chacun de nous ; il
l’exprime avec tendresse et amour. Il nous a liés à lui pour toujours. Et
maintenant, par notre empressement, nous mettons cet amour en pratique. Jésus
est venu dans le monde en faisant le bien, et nous essayons maintenant de
l’imiter, parce que je crois que Dieu aime le monde à travers nous. Je vois
tant de gens dans la rue, des gens dont on ne veut pas, dont on ne s’occupe
pas, des gens avides d’amour. Ils sont Jésus.


COMMENTAIRE DE SAINT JEAN FISHER SUR LE PSAUME 129

Le
Christ Jésus est notre grand prêtre, son corps est le sacrifice de
notre rachat, qu’il a offert sur l’autel de la croix pour le salut de
tous les hommes. Le sang répandu pour notre rédemption n’était pas
celui des veaux et des boucs, comme dans la loi ancienne, mais de
l’agneau très innocent, Jésus Christ notre Sauveur.

Le Temple où
notre grand prêtre célébrait sa liturgie n’était pas bâti de main
d’homme mais édifié par la puissance de Dieu seul. En effet, il a
répandu son sang à la face du monde: celui-ci est bien un temple que
seule la main de Dieu a pu bâtir. Le Temple a deux parties: l’une est
la terre que nous habitons maintenant; l’autre est encore inconnue des
mortels que nous sommes.

Tout d’abord notre grand prêtre a
offert le sacrifice ici sur terre, lorsqu’il a subi une mort très
amère. Mais ensuite, revêtu de l’habit d’immortalité, il est entré en
vertu de son propre sang dans le Saint des saints, c’est-à-dire dans le
ciel. Et là, il a présenté devant le trône du Père céleste ce sang
d’une valeur infinie qu’il avait versé sept fois pour tous les hommes
pécheurs.

Ce sacrifice est si apprécié et agréé de Dieu que
celui-ci, dès qu’il l’a vu, n’a pu refuser, prenant pitié de nous,
d’accorder son pardon à tous ceux qui se repentent vraiment.

En
outre, ce sacrifice est éternel. Il n’est pas offert seulement chaque
année, comme cela se faisait chez les Juifs. Il est offert chaque jour
pour notre réconfort, et même à toute heure et à tout moment, pour nous
réconforter plus puissamment. C’est à ce sujet que l’Apôtre ajoute :
Il a obtenu une rédemption éternelle.
A
ce sacrifice saint et éternel participent tous ceux qui ont conçu une
contrition et une pénitence véritables pour leurs péchés, qui ont pris
la ferme résolution de ne plus retomber dans leurs vices mais de
persévérer courageusement dans leurs efforts pour acquérir les vertus.

Saint Jean nous l’affirme par ces paroles: Mes
petits enfants, je vous écris pour que vous évitiez le péché. Mais si
l’un de vous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père:
Jésus Christ, le Juste. il est la victime offerte pour nos péchés, et
non seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier.



Jean-Paul II

« Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à

lui jeter la pierre »



Le Christ est celui qui « sait ce qu’il y a dans l’homme » (Jn 2,25),

dans l’homme et la femme. Il connaît la dignité de l’homme, sa valeur aux yeux

de Dieu. Par son être même, le Christ confirme pour toujours cette valeur.

Tout ce qu’il dit et tout ce qu’il fait a son accomplissement définitif dans

le mystère pascal de la rédemption. L’attitude de Jésus à l’égard des femmes

rencontrées sur son chemin au cours de son ministère messianique est le reflet

du dessein éternel de Dieu qui, en créant chacune d’elles, la choisit et

l’aime dans le Christ (cf Ep 1,1-5)… Jésus de Nazareth confirme cette

dignité, il la rappelle, la renouvelle, en fait une composante du message de

l’Evangile et de la rédemption pour lequel il est envoyé dans le monde…

Jésus entre dans la situation historique concrète de ces femmes,

situation grevée par l’héritage du péché. Cet héritage se traduit notamment

par l’habitude de discriminer la femme à l’avantage de l’homme, et elle en est

marquée. A ce point de vue, l’épisode de la femme surprise en adultère paraît

d’une éloquence particulière. A la fin, Jésus lui dit : « Ne pèche plus »,

mais auparavant il éveille la conscience du péché chez les hommes qui

l’accusent… Jésus semble dire aux accusateurs : cette femme avec tout son

péché ne fait-elle pas apparaître aussi et surtout vos propres transgressions,

votre injustice masculine, vos abus ?

Il y a là une vérité qui vaut pour tout le genre humain… Une femme est

laissée seule, elle est exposée à l’opinion publique avec « son péché », alors

que derrière son péché à elle se cache un homme pécheur, coupable du péché

d’autrui, co-responsable de ce péché. Et pourtant, son péché à lui ne retient

pas l’attention, il est passé sous silence… Que de fois la femme ne

paie-t-elle pas seule de cette façon ?… Que de fois ne demeure-t-elle pas

abandonnée avec sa maternité, quand l’homme, le père de l’enfant, ne veut pas

en accepter la responsabilité ? Et à côté des nombreuses mères célibataires

dans notre société, il faut penser aussi à toutes celles qui, très souvent,

sous diverses pressions, même de la part de l’homme coupable, « se libèrent »

de l’enfant avant la naissance. Elles « se libèrent », mais à quel prix ?


Epiphane de
Bénévent
(5e – 6e siècle), évêque

« Pour que l’Ecriture s’accomplisse jusqu’au bout » (Jn 19,28)

« Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir »… En
ce temps-là, en effet, le Seigneur a exercé son pouvoir pour accomplir en sa
personne tous les mystères que la
Loi annonçait à son sujet. Car dans sa Passion, il a mené à
terme toutes les prophéties. Lorsqu’on lui a offert, selon la prophétie du
bienheureux David (Ps 68,22), une éponge imbibée de vinaigre pour calmer sa
soif, il l’a accepté en disant : « Tout est accompli ». Puis, inclinant la
tête, il a remis l’esprit (Jn 19,30).
Il a non seulement réalisé personnellement tout ce qu’il a dit, mais il nous a
encore confié ses commandements, afin que nous les mettions en pratique. Alors
que les anciens n’avaient pas pu observer les commandements les plus
élémentaires de la Loi
(Ac 15,10), il nous a prescrit de garder les plus difficiles, par le moyen de
la grâce et de la puissance qui viennent de la croix.


 DE SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE 

Tu dois savoir d’où vient pour toi l’existence, le
souffle, l’intelligence et, ce qu’il y a de plus précieux, la connaissance de
Dieu; l’espérance du Royaume des cieux, et celle de contempler la gloire que tu
vois aujourd’hui de manière obscure, comme dans un miroir, mais que tu verras
demain dans toute sa pureté et son éclat. D’où vient que tu sois fils de Dieu,
héritier avec le Christ et, j’oserai dire, que tu sois toi-même un dieu? D’où
vient tout cela, et par qui?
Et encore, pour parler de choses moins importantes, choses qui se voient: qui
t’a donné de voir la beauté du ciel, la course du soleil, le cycle de la lune,
les astres innombrables et, en tout cela, l’harmonie et l’ordre, qui les
conduisent ainsi, à la manière d’une lyre bien accordée?
Qui donc t’a donné la pluie, l’agriculture, les aliments, les art,
l’administration, les lois, la cité, une vie civilisée, des relations
familières avec tes semblables? D’où vient que, parmi les animaux, certains
sont apprivoisés et domestiqués, tandis que d’autres fournissent ta nourriture?
Qui t’ a établi seigneur et roi de tout ce qui vit sur la terre? Qui donc, pour
arrêter là cette énumération, t’a donné tout ce qui fait de toi un homme,
supérieur à toutes les autres créatures?
N’est-ce pas celui qui, avant toute chose et en retour de tous ses dons, te
demande d’aimer les hommes? Est-ce que nous ne serions pas méprisables si,
après tout ce qu’il nous donne, de fait ou en espérance, nous ne lui apportions
pas cette seule chose : aimer les hommes? Alors que lui, notre Dieu et notre
Seigneur, n’a pas honte d’être appelé notre Père, allons-nous renier nos
frères?
Non, mes frères et mes amis, ne soyons pas les gérants malhonnêtes des biens
qui nous ont été confiés. Ne risquons pas d’entendre saint Pierre nous dire: «
Ayez honte, vous qui retenez le bien d’autrui. Imitez l’équité de Dieu, et il n’y
aura plus de pauvre. »
Ne nous donnons pas tant de peine pour amasser et conserver quand d’autres
souffrent la peine de la pauvreté; car autrement nous subirions les
malédictions et menaces acerbes du prophète Amos qui commencent ainsi: Ecoutez bien, vous qui dites: Quand donc la
fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre, et
le sabbat, pour que nous puissions ouvrir nos magasins?
~
Pratiquons nous-mêmes cette loi sublime et primordiale de Dieu, qui fait
pleuvoir pour les justes et les pécheurs et qui fait lever son soleil également
pour tous. Il déploie pour tous les immenses étendues de la terre en friche,
les sources, les fleuves et les forêts; aux oiseaux il donne l’air, et l’eau à
toutes les bêtes aquatiques. Il donne généreusement les ressources nécessaires
à la vie de tous; celles-ci ne sont pas confisquées par les puissants, limitées
par une loi, rationnées. Elles sont communes, abondantes et par conséquent Dieu
les offre sans que personne soit frustré. Car il veut honorer par cette égalité
dans ses dons l’égale dignité de la nature, et montrer toute la générosité de
sa bienfaisance.


De Saint Isaac le Syrien (7ème siècle), moine à Ninive, près de Mossoul dans l’actuel
Irak

De même que le désir de la lumière suit les yeux sains, de même le désir de la
prière suit le jeûne mené avec discernement. Quand un homme commence à jeûner,
il désire communier à Dieu dans les pensées de son esprit. En effet le corps
qui jeûne ne supporte pas de dormir toute la nuit sur sa couche. Quand le jeûne
a scellé la bouche de l’homme, celui-ci médite en état de componction, son
coeur prie, son visage est grave, les mauvaises pensées le quittent ; il est
l’ennemi des convoitises et des vaines conversations. Jamais on n’a vu un homme
jeûner avec discernement et être asservi au désir mauvais. Le jeûne mené avec
discernement est une grande demeure abritant tout bien…
Car le jeûne est l’ordre qui a été donné dès le commencement à notre nature,
pour la garder de manger le fruit de l’arbre (Gn 2,17), et c’est de là que
vient ce qui nous trompe… C’est par là aussi que le Sauveur a commencé, quand
il s’est révélé au monde dans le Jourdain. Après le baptême en effet, l’Esprit
l’a mené dans le désert, où il a jeûné quarante jours et quarante nuits.
Tous ceux qui partent pour le suivre font désormais de même : c’est sur ce
fondement qu’ils posent le commencement de leur combat, car cette arme a été
forgée par Dieu… Et quand maintenant le diable voit cette arme dans la main
d’un homme, cet adversaire et tyran se met à craindre. Il pense aussitôt à la
défaite que lui a infligée le Sauveur dans le désert, il s’en souvient, et sa
puissance est brisée. Il se consume dès qu’il voit l’arme que nous a donnée
celui qui nous mène au combat. Quelle arme est plus puissante et ranime autant
le coeur dans sa lutte contre les esprits du mal ?



Du TRAITÉ DE SAINT IRÉNÉE CONTRE LES HÉRÉSIES

Notre Seigneur, le Verbe de
Dieu, a d’abord amené les hommes à Dieu pour qu’ils soient ses serviteurs, puis
il a libéré ceux qui lui étaient soumis, comme il le dit lui-même à ses
disciples: Je ne vous appelle plus
serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître, mais je vous
appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris du Père, je vous l’ai révélé
.
~
En effet, l’amitié de Dieu confère à ceux qui y accèdent l’immortalité.
Au commencement, Dieu modela Adam non par besoin, mais pour pouvoir
cristalliser en lui ses bienfaits. Car c’est non seulement avant Adam, mais
avant toute création que le Verbe glorifiait le Père, tout en demeurant en lui
et lui-même était glorifié par le Père, comme il le dit lui-même: Père, glorifie-moi de la gloire que j’avais auprès
de toi, avant que le monde fût
.
Ce n’est pas non plus par besoin de notre service qu’il nous ordonne de le
suivre, mais pour nous procurer le salut. Car suivre le Sauveur, c’est
participer à la lumière.
Les hommes qui sont dans la lumière n’illuminent pas, eux, la lumière, mais par
elle sont illuminés et par elle resplendissent : loin d’apporter quoi que ce soit
à la lumière, ils en bénéficient et sont illuminés par elle.
Ainsi en va-t-il du service de Dieu: à Dieu, il n’apporte rien, car Dieu n’a
pas besoin du service humain. Mais à ceux qui le suivent et le servent, Dieu
procure la vie incorruptible et la gloire éternelle. Il accorde ce bienfait à
ceux qui le servent, parce qu’ils le servent, et à ceux qui le suivent, parce
qu’ils le suivent, mais ne reçoit d’eux nul bienfait : car il est riche,
parfait, et sans besoin.
Dieu sollicite le service des hommes par bonté et miséricorde pour combler de
bienfaits ceux qui le servent avec persévérance. Car autant Dieu n’a besoin de
rien, autant l’homme a besoin de la communion de Dieu.
La gloire de l’homme, c’est de persévérer et demeurer au service de Dieu. Et
c’est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples: Ce n ‘est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis;
il voulait dire par là qu’eux ne le glorifiaient pas en le suivant, mais que,
pour avoir suivi le Fils de Dieu, ils étaient par lui glorifiés. Et il disait
encore: Je veux que là où je suis, là ils
soient aussi, pour qu’ils voient ma gloire
.



De Richard Rolle (vers 1300-1349), ermite anglais

« Je suis venu appeler…les pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »

Le Christ en croix appelle à grands cris…
Il offre la paix, il s’adresse à toi, désireux de te voir embrasser l’amour…:
Considère ceci, bien-aimé ! Moi le Créateur sans limite, j’ai épousé la chair
pour être capable de naître d’une femme. Moi, Dieu, je me suis présenté aux
pauvres comme leur compagnon. C’est une mère humble que j’ai choisie. C’est
avec les publicains que j’ai mangé. Les pécheurs ne m’ont pas inspiré
d’aversion. Les persécuteurs, je les ai supportés. J’ai fait l’expérience des
fouets, et c’est « jusqu’à la mort de la croix que je me suis abaissé » (Ph
2,8). « Qu’aurais-je dû faire que je n’aie fait ? » (Is 5,4) J’ai ouvert mon
côté à la lance. Mes mains et mes pieds, je les ai laissé transpercer. Ma chair
ensanglantée, pourquoi ne la regardes-tu pas ? Ma tête inclinée (Jn 19,30),
comment n’y prêtes-tu nulle attention ? J’ai accepté d’être compté au nombre
des condamnés, et voici que, submergé de souffrances, je meurs pour toi, afin
que toi, tu vives pour moi. Si tu ne fais pas grand cas de toi-même, si tu ne cherches
pas à te tirer des filets de la mort, repens-toi, du moins à présent, à cause
de moi qui ai répandu pour toi le baume tellement précieux de mon propre sang.
Regarde-moi sur le point de mourir, et arrête-toi sur la pente du péché. Oui,
cesse de pécher : tu m’as coûté si cher !
Pour toi je me suis incarné, pour toi aussi je suis né, pour toi je me suis
soumis à la Loi,
pour toi j’ai été baptisé, accablé d’opprobres, saisi, garrotté, couvert de
crachats, moqué, flagellé, blessé, cloué à la croix, abreuvé de vinaigre, et
enfin pour toi immolé. Mon côté est ouvert : saisis mon coeur. Accours, enlace
mon cou : je t’offre mon baiser. Je t’ai acquis comme ma part d’héritage, en
sorte que nul autre ne t’ait en sa possession. Remets-toi tout entier à moi qui
me suis tout entier livré pour toi.


Jacques de Saroug (vers 449-521), moine et évêque syrien

      « Le visage de Moïse rayonnait parce qu’il avait parlé avec Dieu. Aaron

et tous les Israëlites le virent…et avaient peur de l’approcher… Quand

Moïse eut fini de leur parler, il mit un voile sur son visage » (Ex 34,29s).

L’éclat dont resplendissait le visage de Moïse, c’était le Christ qui brillait

en lui ; mais il a été caché aux yeux des Hébreux ; ils ne l’ont pas vu…

Tout l’Ancien Testament se présente à nous voilé, comme Moïse, le symbole de

toute prophétie. Derrière ce voile, étendu sur les livres des prophètes,

apparaît le Christ, auguste juge, siégeant sur son trône de

gloire…
Si Moïse était voilé, quel autre prophète aurait pu

se découvrir la face ? A sa suite, tous voilèrent donc leurs discours.

Simultanément, ils annonçaient et voilaient ; ils présentaient leur message,

et en même temps le recouvraient d’un voile… C’est parce que Jésus brillait

dans leurs livres qu’un voile le dérobait aux yeux, voile qui proclame à tout

l’univers que les paroles des Saintes Écritures ont un sens caché…

Notre Seigneur a soulevé ce voile lorsqu’il a expliqué les

mystères à l’univers entier. Par sa venue, le Fils de Dieu a découvert le

visage de Moïse voilé jusqu’alors, paroles inintelligibles. La nouvelle

alliance est venue éclairer l’ancienne ; le monde peut enfin saisir ces

paroles que plus rien ne recouvre. Le Seigneur, notre Soleil, s’est levé sur

le monde et a illuminé toute créature ; mystère, énigmes sont enfin éclaircis.

Le voile qui recouvrait les livres a été soulevé et le monde contemple le Fils

de Dieu à visage découvert.



Saint Ignace d’Antioche (?-vers 110), évêque et martyr

Lettre aux Philadelphiens

Vous, enfants de la vraie lumière, fuyez les querelles et les mauvaises

doctrines. Comme des brebis, suivez partout votre berger. Car souvent des

loups apparemment dignes de foi égarent ceux qui courent dans la course de

Dieu, mais si vous demeurez unis, ils ne trouveront pas de place parmi

vous.

Ayez donc soin de ne participer qu’à une seule eucharistie ; il n’y a,

en effet, qu’une seule chair de notre Seigneur, une seule coupe pour nous unir

en son sang, un seul autel, comme il n’y a qu’un seul évêque entouré des

prêtres et des diacres. Ainsi, tout ce que vous ferez, vous le ferez selon

Dieu… Mon refuge, c’est l’Evangile, qui est pour moi Jésus lui-même en chair,

et les apôtres, qu’incarne le presbytérium de l’Église. Aimons aussi les

prophètes, car eux aussi ont annoncé l’Évangile ; ils ont espéré dans le

Christ et l’ont attendu ; croyant en lui, ils ont été sauvés et, demeurant

dans l’unité de Jésus Christ, saints dignes d’amour et d’admiration, ils ont

mérité de recevoir le témoignage de Jésus Christ et d’avoir part à l’Évangile,

notre commune espérance…

Dieu n’habite pas là où règnent la division et la colère. Mais le

Seigneur pardonne à tous ceux qui se repentent, si le repentir les ramène à

l’unité de Dieu et à la communion avec l’évêque. Je crois en la grâce de Jésus

Christ qui nous délivrera de toute chaîne. Je vous en supplie, n’agissez

jamais par esprit de querelle, mais selon l’enseignement du Christ. J’en ai

entendu qui disaient : « Ce que je ne trouve pas dans les archives, je ne le

crois pas dans l’Évangile »… Pour moi, mes archives, c’est le Christ ; mes

archives inviolables, c’est sa croix, sa mort et sa résurrection et la foi qui

vient de lui. Voilà d’où j’attends, avec l’aide de vos prières, toute ma

justification.


Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église


 
Être ton épouse, ô Jésus, être carmélite, être par mon union avec toi la

mère des âmes, cela devrait me suffire. Il n’en est pas ainsi. Sans doute, ces

trois privilèges sont bien ma vocation — carmélite, épouse et mère —

cependant je sens en moi d’autres vocations… Je sens le besoin, le désir

d’accomplir pour toi, Jésus, toutes les oeuvres les plus héroïques… Malgré

ma petitesse, je voudrais éclairer les âmes comme les prophètes, les docteurs

; j’ai la vocation d’être apôtre. Je voudrais parcourir la terre, prêcher ton

nom et planter sur le sol infidèle ta Croix glorieuse, mais, ô mon Bien-Aimé,

une seule mission ne me suffirait pas, je voudrais en même temps annoncer

l’Évangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus

reculées. Je voudrais être missionnaire non seulement pendant quelques années,

mais je voudrais l’avoir été depuis la création du monde et l’être jusqu’à la

consommation des siècles…
Ô mon Jésus ! à toutes mes folies

que vas-tu répondre ? Y a-t-il une âme plus petite, plus impuissante que la

mienne ? Cependant à cause même de ma faiblesse tu t’es plu, Seigneur, à

combler mes petits désirs enfantins, et tu veux aujourd’hui combler d’autres

désirs plus grands que l’univers… J’ai compris que l’amour renfermait toutes

les vocations, que l’amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous

les lieux ; en un mot qu’il était éternel… Ma vocation, enfin je l’ai

trouvée, ma vocation, c’est l’amour.



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