Comète Lulin; gaz carbonique dans l’atmosphére; les climats; concile vatican II; Amos; Padre Pio; Thérésa de Calcutta; Jean de la Croix; Bernard, abbé de Clervaux; Augustin, évêque d’Hippone; Léon le Grand; Stabat Mater; Veni Créator; Marthe Robin.


LES COMETES ET LES ORIGINES DE LA VIE

Les comètes et les météorites sont souvent évoqués pour expliquer l’apport d’eau sur la Terre. Etant donné leur température d’accrétion élevée, les planétésimaux n’ont certainement pas pu conserver leur eau. De même, l’eau « protosolaire » n’a jamais pu condenser directement sur la Terre. Donc, soit des matériaux riches en eau, comme les comètes ou des chondrites, ont été mélangés au matériau protoplanétaire pour être ensuite dégazés, soit ils ont été apportés directement à la surface par impact. Comme l’ont récemment noté J. Oro et C. Cosmovici dans une review (Oro and Cosmovici, 1997), si la Lune s’est formée après l’impact avec la Terre d’un objet ayant la taille de Mars comme le suggèrent Cameron et Benz en 1991, la plupart des composés volatils terrestres ont dû être volatilisés et perdus dans l’espace. Les apports extraterrestres après cet impact deviennent alors la source d’eau la plus probable sur la Terre.  Dans le même article, Oro et Cosmovici écrivent que le rapport D/H mesuré dans plusieurs comètes n’est pas très éloignés des valeurs terrestres, ce qui serait un argument en faveur d’une origine cométaire de notre eau. Mais ce n’est pas tout à fait exact. Le rapport D/H a été mesuré dans les comètes de Halley, Hyakutake, et Hale-Bopp. Pour ces trois comètes, dont on pense qu’elles proviennent du nuage d’Oort, D/H~3×10^-4, alors que dans l’eau sur Terre D/H=1.5×10^-4. Si les océans avaient été importés par des impacts cométaires, la valeur devraient être identique dans les marges d’incertitude, ce qui n’est pas le cas. A partir de ces données, F. Robert a estimé qu’au maximum 10 % de l’eau terrestre pouvait avoir une origine cométaire. Cette question est donc toujours ouverte. D’autres comètes, provenant par exemple de la ceinture de Kuiper, pourraient avoir un rapport D/H plus compatible avec les valeurs terrestres. L’eau peut aussi provenir de météorites carbonées dont les rapports D/H sont plus satisfaisants.

Chamberlin et Chamberlin en 1908 ont proposés dès le début du siècle que des impacts de chondrites carbonnées peuvent avoir été une source importante de composés organiques sur la Terre. A partir d’observations dans les comae de radicaux contenant des atomes de carbone et d’azote, J. Oro a été le premier, en 1961, a suggérer que les comètes aient pu jouer un rôle similaire : « I suggest that one of the important consequences of the interactions of comets with the Earth would be the accumulation on our planet of relatively large amounts of carbon compounds which are known to be transformed spontaneously into amino-acids, purines and other biochemical compounds ».

    Il est maintenant clair que les comètes constituent un important réservoir d’une grande variété de composés organiques :

  • A partir d’observations depuis la Terre qui ont conduit à la détection d’une vingtaine de petites molécules.
  • A partir de mesures in-situ par les sondes Giotto et Vega, qui ont permis la détection par spectrométrie de masse d’un grand nombre de molécules organiques plus « lourdes ».
  • A partir de simulations en laboratoire sur des mélanges de glaces (Irradiation UV, protons…). Celles-ci conduisent à la formation d’un matériau organique réfractaire composé de nombreuses molécules complexes.

    On considère que cinq familles de composés sont nécessaires pour permettre d’amorcer un processus d’évolution chimique qui pourrait conduire à l’apparition de la vie. Ce sont les acides aminés, les bases puriques (Adénine, Guanine) et pyrimidiques (Cytosine, Uracile et Thymine), les sucres et les acides gras. Il est intéressant de noter que même si ces composés n’ont pas été détectés dans les comètes, essentiellement car la synthèse de la plupart d’entre eux nécessite la présence d’eau liquide, ils peuvent être facilement formés dans les océans à partir de précurseurs cométaires qui ont déjà été détectés : HCN, HC3N, H2CO et CO. Table Oro. Les autres produits nécessaires à la formation d’une protocellule selon Oro ont aussi été détectés. Le phosphore, qui est impliqué dans la synthèse des sucres, a été detecté par le SM de PUMA à bord de VEGA 1 dans les grains de la comète de Halley (m/z=31). Son abondance est cependant assez faible et sa détection peut être perturbée par l’interférence d’autres ions comme CH2OH+. Néanmoins l’analyse de grains de particules interplanétaires dont l’origine cométaire est très probable, a conduit à la détection des ion PO2 et PO3. Ni et Fe ont été détectés dans les comètes Ikeya-Seki et Halley.  Néanmoins, des composés complexes d’intérêt exobiologique peuvent aussi être présents sur les comètes. Bien qu’elle n’ait jamais été détectée que de façon très incertaine par PUMA dans la comète de Halley, une molécule comme l’Adénine peut être synthétisée à partir de HCN sans la présence d’eau liquide. De plus, lorsqu’on irradie des mélanges de glaces ayant une composition caractéristique de celle des glaces interstellaires ou cométaires, des molécules complexes sont synthétisées, et parmis elles la Glycine qui est l’acide aminé le plus simple. Après hydrolise acide dans l’eau du résidu des glaces après irradiation, d’autres acides aminés ont été identifiés : Alanine, Acide Aminobutyrique.

    Ainsi, les comètes ont pu importer sur Terre les éléments prébiotiques, qui une fois dans de l’eau liquide, ont permis la synthèse de toutes les molécules que l’on estime à ce jour nécessaires pour l’émergence de la vie. Mais avant d’ensemencer les océans, ces composés ont dû survivre à une pyrolyse éventuelle lorsque que la comète est ralentie et réchauffée lors de son entrée dans l’atmosphère, ainsi qu’à l’impact final. Cette question a été étudiée par Chyba en 1990. Il apparaît que des composés organique (même des acides aminés s’ils sont présents), peuvent être préservés lors d’une collision avec la Terre pour une comète de 100 à 200 m de taille grâce au freinage d’une atmosphère composée de 10 bar de CO2. L’étude de la composition des atmosphères de Vénus et de Mars conduit à penser qu’il s’agit de la composition probable de l’atmophère terrestre primitive. Les auteurs notent en conclusion : « It is intriguing that it is exactly these dense CO2 atmospheres, where photochemical production of organic molecules should be the most difficult, in which intact cometary organics would be delivered in large amounts ». En effet, les synthèses organiques sont favorisées dans les atmosphères réduites, même faiblement comme celle de Titan (N2, CH4), alors qu’elles sont difficiles dans l’environnement oxydé qu’était probablement l’atmosphère terrestre primitive.

http://membres.lycos.fr/comets/description/Com_des.html


La comète Lulin,  frôlera la Terre à seulement 60 millions de kilomètres à partir du 23 février et jusqu’à mi-mars, ce qui la rendra  observable avec une simple paire de jumelles.

BEIJING, 24 février (Xinhua) — Des rêveurs observant le ciel au  sud pourront découvrir à l’oeil nu la comète Lulin mardi soir,  d’après des astronomes. Cette fenêtre d’observation restera ouverte jusqu’au début de  mars, durant laquelle les observateurs pourront utiliser un petit  téléscope ou une paire de jumelles pour mieux situer la comète  verdâtre.   Lulin est une comète non périodique et il s’agit de sa seule  visite dans le système solaire, à l’issue de laquelle elle  quittera le système avant de disparaître. La comète, d’un numéro de série de C/2007 N3, a été découverte  le 11 juillet 2007,conjointement par Ye Quanzhi, étudiant de  l’Université de Sun Yat-sen, dans la province du Guangdong (sud),  et Lin Chi-sheng, de l’Observatoire de Lulin, dans le district de  Nantou à Taiwan.  "Lulin est la première comète découverte par Taiwan, et elle  est aussi la première découverte conjointement par des citoyens de Taiwan et de la partie continentale de Chine," a déclaré Lin  Chi-sheng.  En 2006, les deux observateurs ont décidé de travailler  ensemble pour découvrir de nouveaux corps céléstes. Lin Chi-sheng  prennait des photos et les expédiait par Internet à Ye Quanzhi. M. Ye a ensuite effectué des analyses de données pour tenter de  repérer la "nouvelle étoile".  Lin Hung-chin, directeur de l’Observatoire de Lulin, a souhaité que la partie continentale de la Chine et Taiwan renforcent leur  coopération dans l’astronomie.

 

Photo de gauche: La comète Lulin à l’oeil nu ou avec vos jumelles, le 24 février 2009;

Photo de droite : grossissement de la photo de gauche; on distingue bien la queue de la comète.

 
http://antwrp.gsfc.nasa.gov/apod/astropix.html



Concile Vatican II : « Gaudium et spes », § 21


L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans la vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse a l’homme de dialoguer avec lui commence avec l’existence humaine. Car, si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par amour et, par amour, ne cesse de lui donner l’être ; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet amour et s’abandonne à son Créateur. Mais beaucoup de nos contemporains ne perçoivent pas du tout ou même rejettent explicitement le rapport intime et vital qui unit l’homme à Dieu : à tel point que l’athéisme compte parmi les faits les plus graves de ce temps…
Certains athées nient Dieu expressément, d’autres pensent que l’homme ne peut absolument rien affirmer de lui. D’autres encore traitent le problème de Dieu de telle façon que ce problème semble dénué de sens. Beaucoup, outrepassant indûment les limites des sciences positives, ou bien prétendent que la seule raison scientifique explique tout, ou bien, à l’inverse, ne reconnaissent comme définitive absolument aucune vérité… D’autres se représentent Dieu sous un jour tel que, en le repoussant, ils refusent un Dieu qui n’est en aucune façon celui de l’Évangile. D’autres n’abordent même pas le problème de Dieu : ils paraissent étrangers à toute inquiétude religieuse et ne voient pas pourquoi ils se soucieraient encore de religion. L’athéisme, en outre, naît souvent d’une protestation révoltée contre le mal dans le monde… Et parmi les formes de l’athéisme contemporain, on ne doit pas passer sous silence celle qui attend la libération de l’homme surtout de sa libération économique et sociale…
L’Église…, bien consciente de la gravité des problèmes que l’athéisme soulève et poussée par son amour pour tous les hommes, estime qu’elle doit soumettre ces motifs à un examen sérieux et approfondi. Elle tient que la reconnaissance de Dieu ne s’oppose en aucune façon à la dignité de l’homme, puisque cette dignité trouve en Dieu lui-même ce qui la fonde et ce qui l’achève. Car l’homme a été établi en société, intelligent et libre, par Dieu son Créateur. Mais surtout, comme fils, il est appelé à l’intimité même de Dieu et au partage de son propre bonheur.

Amos 5,8 : Il a créé les Pléiades et l’Orion, Il change les ténèbres en aurore, Il obscurcit le jour pour en faire la nuit, Il appelle les eaux de la mer, Et les répand à la surface de la terre: L’Éternel est son nom.

Amos 4,13 : Car voici celui qui a formé les montagnes et créé le vent, Et qui fait connaître à l`homme ses pensées, Celui qui change l`aurore en ténèbres, Et qui marche sur les hauteurs de la terre: Son nom est l`Éternel.

Amos 9,6 : Celui qui a bâti sa demeure dans les cieux, Et fondé sa voûte sur la terre ; Il appelle les eaux de la mer, Et les répand à la surface de la terre : L’Éternel est son nom. 

Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
 
La prière, c’est un coeur à coeur avec Dieu… L’oraison bien faite touche le coeur de Dieu et l’incite à nous exaucer. Quand nous prions, que ce soit notre être tout entier qui se tourne vers Dieu : nos pensées, notre coeur… Le Seigneur se laissera fléchir et nous viendra en aide…
Prie et espère. Ne t’agite pas ; l’agitation ne sert à rien. Dieu est miséricordieux et il écoutera ta prière. La prière est notre meilleure arme : c’est la clé qui ouvre le coeur de Dieu. Il te faut t’adresser à Jésus moins avec les lèvres qu’avec le coeur.


Bienheureuse Teresa de Calcutta
(1910-1997), fondatrice des Soeurs Missionnaires de la Charité
Something Beautiful for God (trad. La Joie du don, p.64 rev.)

  Seigneur, que ta crucifixion et ta résurrection nous apprennent à affronter les luttes de la vie quotidienne et à y traverser l’angoisse de la mort, afin que nous vivions dans une plénitude plus grande et plus créatrice. Humblement et patiemment, tu as accepté les échecs de la vie humaine, comme les souffrances de ta crucifixion. Aide-nous à accepter les peines et les luttes que nous apporte chaque journée, comme des occasions de croître et de mieux te ressembler. Rends-nous capables de les affronter patiemment et avec courage, avec une pleine confiance dans ta protection. Fais-nous comprendre que nous n’arriverons à la plénitude de la vie que par une mort incessante à nous-mêmes et à nos désirs égoïstes, car c’est seulement en mourant avec toi que nous pouvons ressusciter avec toi.

Saint Jean de la Croix (1542-1591), carme, docteur de l’Église
La Montée du Carmel III, 43/44 (trad. cf Seuil 1947, p. 462 et OC, Cerf 1990, p. 895)

    
Pour tout ce qui concerne la prière et les exercices de dévotion, attachons-nous seulement aux rites ou manières de prier enseignés par le Christ. Il est évident que lorsque les disciples ont demandé à notre Seigneur de leur apprendre à prier (Lc 11,1), il leur a sûrement dit tout ce qu’il fallait pour être exaucés du Père éternel, dont il connaissait parfaitement la volonté. Or, il ne leur a enseigné que les sept demandes du Notre Père, où est contenue l’expression de toutes nos nécessités corporelles et spirituelles. Il ne leur a pas enseigné une foule de prières et de cérémonies ; au contraire, il leur a dit dans une autre circonstance de ne pas multiplier les paroles en priant, parce que notre Père céleste sait très bien ce dont nous avons besoin.
La seule chose qu’il leur a recommandé avec la plus vive insistance, c’est de persévérer dans la prière, c’est-à-dire dans la récitation du Notre Père. Car il a dit aussi : « Il faut toujours prier, et ne jamais se lasser » (Lc 18,1). Ainsi, il ne nous a pas enseigné à multiplier nos demandes, mais à les redire souvent avec ferveur et attention. Car, je le répète, ces demandes du Notre Père renferment tout ce qui est conforme à la volonté de Dieu et tout ce qui nous est utile. Voilà pourquoi quand le divin Maître s’est adressé par trois fois au Père éternel, il a répété chaque fois les mêmes paroles du Notre Père, comme le rapportent les évangélistes : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite » (Mt 26,42).

 SERMON DE SAINT BERNARD, ABBÉ DE CLAIRVAUX : Chercher la sagesse.

Travaillons pour une nourriture qui ne périt pas, travaillons à l’oeuvre de notre salut. Travaillons dans la vigne du Seigneur pour obtenir le denier – le salaire de la journée. Travaillons dans la sagesse, elle qui dit: Ceux qui travaillent en moi ne pécheront pas. Le champ, c’est le monde, dit la Vérité, creusons-le. Un trésor y est caché, trouvons-le c’est la sagesse, elle que l’on tire des profondeurs cachées. Tous, nous le cherchons, tous, nous le désirons.
Si vous cherchez, cherchez bien, dit le prophète: convertissez-vous et venez. Tu te demandes de quoi il faut te convertir? Détourne-toi de ta volonté propre, est-il écrit. Mais, dis-tu, si je ne trouve pas la sagesse dans ma volonté propre, où la trouverai-je? Mon âme, en effet, la désire avec force, et s’il lui arrive de la trouver, elle ne se contentera pas de cela, mais elle en voudra une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, que je puisse verser dans mon tablier. Elle a raison, certes: Heureux en effet l’homme qui a trouvé la sagesse et qui acquiert l’intelligence. Cherche-la donc tant qu’on peut la trouver, et tant qu’elle est proche, appelle-la. Tu veux savoir à quel point elle est proche? La Parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur, mais seulement à la condition que tu la recherches d’un coeur droit. De la sorte, tu trouveras la sagesse avec ton coeur, et l’intelligence abondera dans ta bouche. Qu’elle y abonde, oui, mais qu’elle n’en déborde pas: prends garde de ne pas la vomir!
C’est vraiment du miel que tu as trouvé, en trouvant la sagesse. Pourtant n’en mange pas trop, pour ne pas la vomir d’écoeurement. Manges-en de manière à rester toujours sur ta faim. Car c’est elle qui dit: Ceux qui me mangent auront encore faim. Ne va pas estimer comme une grande quantité ce que tu as; ne t’en gorge pas pour ne pas la vomir: cela même que tu parais avoir te serait enlevé, car avant qu’il ne soit temps tu te serais arrêté dans ta recherche. Or, tant qu’on peut la trouver, tant qu’elle est proche, il ne faut cesser de la chercher et de l’appeler. Sinon il en sera comme de celui qui mange beaucoup de miel: Salomon lui-même le dit bien: Cela ne lui vaut rien, car celui qui aura cherché sans discrétion la majesté sera écrasé par la gloire.
En effet, de même qu’il est écrit: Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse, de même: Heureux l’homme, et même plus heureux, s’il persévère dans la sagesse, et de fait, c’est peut-être bien en cela que consiste son abondance.
Voilà les trois manières dont tu peux avoir la bouche pleine de sagesse et d’intelligence: d’abord par l’aveu de ta propre injustice, ensuite par l’action de grâce et la proclamation de la louange, enfin par une parole qui édifie. Car celui qui croit du fond de son coeur devient juste, celui qui, de sa bouche, affirme sa foi, parvient au salut. C’est vrai d’ailleurs : Dès qu’il se met à parler, le juste se fait son propre accusateur. En deuxième lieu, il faut qu’il exalte le Seigneur. et en troisième lieu (s’il lui reste encore de la sagesse), il doit édifier son prochain.

Esprit de vérité, tu nous conduis
"dans la vérité tout entière.
"La sagesse est brillante et ne se ternit pas,
"elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.
"La sagesse prévient ceux qui la désirent,
"elle marche à leur rencontre.

Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord)

"Ton coeur est secoué par les flots ; l’outrage a suscité en toi le désir de la vengeance. Et voici : tu t’es vengé…, et tu as fait naufrage. Pourquoi ? Parce que le Christ s’est endormi en toi, c’est-à-dire que tu as oublié le Christ. Réveille-donc le Christ, souviens-toi du Christ, que le Christ s’éveille en toi… As-tu oublié la parole qu’il a dite sur la croix : « Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font » ? (Lc 23,34) Celui qui s’était endormi dans ton coeur a refusé de se venger.
Réveille-le, rappelle-toi son souvenir. Son souvenir, c’est sa parole ; c’est son commandement. Et quand tu auras éveillé le Christ en toi, tu te diras à toi-même : « Quel homme suis-je pour vouloir me venger ?… Celui qui a dit : ‘ Donnez, et vous recevrez ; pardonnez, et vous serez pardonnés ‘ (Lc 6,37) ne m’accueillera pas. Je réprimerai donc ma colère, et mon coeur trouvera à nouveau le repos. » Le Christ a commandé à la mer, et elle s’est calmée… Réveille le Christ, laisse-le te parler. « Qui donc est celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? » Quel est celui à qui la mer obéit ? « À lui la mer, c’est lui qui l’a faite » (Ps 94,5) ; « par lui, tout a été fait » (Jn 1,3). Imite plutôt les vents et la mer : obéis au Créateur. La mer entend l’ordre du Christ, vas-tu rester sourd ? La mer obéit, le vent s’apaise, vas-tu continuer à souffler ?… Parler, agir, ourdir des machinations, n’est-ce pas souffler et refuser de s’apaiser au commandement du Christ ? Quand ton coeur est troublé, ne te laisse pas submerger par les vagues.
Si pourtant le vent nous renverse — car nous ne sommes que des hommes — et qu’il excite les passions mauvaises de notre coeur, ne désespérons pas. Réveillons le Christ, afin de poursuivre notre voyage sur une mer paisible et de parvenir à la patrie."

SERMON DE CARÉME DE SAINT LEON LE GRAND : Le vrai jeûne.

Il est vrai en tout temps, mes bien-aimés, que la terre est comblée de miséricorde par le Seigneur. La nature elle-même enseigne à chacun des croyants qu’il doit adorer Dieu, puisque le ciel, la terre et la mer, avec tout ce qu’ils renferment, attestent la bonté et la toute-puissance de leur Créateur; puisque l’admirable beauté des éléments mis à notre service exige de la créature douée d’intelligence une juste action de grâce. Mais voici revenus les jours plus spécialement marqués par les mystères qui ont renouvelé les hommes, les jours qui précèdent immédiatement la fête de Pâques; nous sommes donc invités à nous y préparer plus activement par une religieuse purification. La solennité pascale a ceci de propre que toute l’Eglise s’y réjouit de la rémission des péchés. Cette rémission se réalise non seulement chez ceux qui renaissent par le baptême mais encore chez ceux qui déjà font partie de la communauté des fils adoptés par Dieu. Le bain de la nouvelle naissance a pour effet principal de faire des hommes nouveaux; toutefois, il incombe à tous de se renouveler quotidiennement pour combattre la routine de notre condition mortelle et, dans les étapes de notre progrès, chacun doit toujours devenir meilleur; tous doivent faire effort pour qu’au jour de la rédemption personne ne demeure dans les vices de sa vie ancienne. Ce que chaque chrétien doit faire en tout temps, mes bien-aimés, doit donc être recherché maintenant avec plus d’empressement et de générosité. C’est ainsi que nous accomplirons le jeûne de quarante jours institué par les Apôtres; nous ne nous contenterons pas de réduire notre nourriture, mais nous nous abstiendrons absolument du péché. Rien n’est plus profitable que de joindre aux jeûnes spirituels et religieux la pratique de l’aumône; sous le nom de miséricorde, elle englobe beaucoup d’actions de bonté qui méritent l’éloge, et c’est ainsi que les âmes de tous les croyants peuvent se rejoindre dans un même mérite, mal-gré l’inégalité de leurs ressources. En effet, l’amour que l’on doit avoir tout ensemble pour Dieu et pour le prochain n’est jamais entravé par de tels obstacles que ce désir du bien ne soit librement à sa disposition. Les anges ont dit: Gloire à Dieu dans les hauteurs et paix sur la terre aux hommes pleins de bienveillance; parce que non seulement la vertu de bienveillance, mais aussi le bien de la paix rend bienheureux celui qui compatit par sa charité à toutes les misères dont souffrent les autres.

Les oeuvres de bonté sont extrêmement vastes, et leur diversité même permet aux vrais chrétiens de participer àla distribution des aumônes, s’ils sont riches et dans l’abondance, et même s’ils sont de fortune modeste ou dans la pauvreté; et ceux qui, pour faire des largesses, sont inégaux en ressources, se ressemblent pourtant par les sentiments profonds.

Homélie du Vème siècleLa prière est la lumière de l’âme

La prière est la lumière de l’âme bien suprême, c’est la prière, l’entretien familier avec Dieu. Elle est communication avec Dieu et union avec lui. De même que les yeux du corps sont éclairés quand ils voient la lumière, ainsi l’âme tendue vers Dieu est illuminée par son inexprimable lumière. La prière n’est donc pas l’effet d’une attitude extérieure, mais elle vient du coeur. Elle ne se limite pas à des heures ou à des moments déterminés, mais elle déploie son activité sans relâche, nuit et jour. En effet, il ne convient pas seulement que la pensée se porte rapidement vers Dieu lorsqu’elle s’applique à la prière; il faut aussi, même lorsqu’elle est absorbée par d’autres occupations – comme le soin des pauvres ou d’autres soucis de bienfaisance -, y mêler le désir et le souvenir de Dieu, afin que tout demeure comme une nourriture très savoureuse, assaisonnée par l’amour de Dieu, à offrir au Seigneur de l’univers. Et nous pouvons en retirer un grand avantage, tout au long de notre vie, si nous y consacrons une bonne part de notre temps. La prière est la lumière de l’âme, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes



Stabat Mater dolorosa (Massacio,Bellini,…)

Stabat Mater (1)

"Debout, la Mère des douleurs, Près de la croix était en larmes, Quand son Fils pendait au bois. Alors, son âme gémissante, Toute triste et toute dolente, Un glaive le transperça. Qu’elle était triste, anéantie, La femme entre toutes bénie, La Mère du Fils de Dieu ! Dans le chagrin qui la poignait, Cette tendre Mère pleurait Son Fils mourant sous ses yeux. Quel homme sans verser de pleurs Verrait la Mère du Seigneur Endurer si grand supplice ? Qui pourrait dans l’indifférence Contempler en cette souffrance La Mère auprès de son Fils ? Pour toutes les fautes humaines,Elle vit Jésus dans la peine Et sous les fouets meurtri. Elle vit l’Enfant bien-aimé Mourir tout seul, abandonné, Et soudain rendre l’esprit. Ô Mère, source de tendresse, Fais-moi sentir grande tristesse Pour que je pleure avec toi. Fais que mon âme soit de feu Dans l’amour du Seigneur mon Dieu : Que je lui plaise avec toi. Mère sainte, daigne imprimer Les plaies de Jésus crucifié En mon cœur très fortement. Pour moi, ton Fils voulut mourir, Aussi donne-moi de souffrir Une part de ses tourments. Donne-moi de pleurer en toute vérité, Comme toi près du crucifié, Tant que je vivrai ! Je désire auprès de la croix Me tenir, debout avec toi, Dans ta plainte et ta souffrance. Vierge des vierges, toute pure, Ne sois pas envers moi trop dure, Fais que je pleure avec toi. Du Christ fais-moi porter la mort, Revivre le douloureux sort Et les plaies, au fond de moi. Fais que ses propres plaies me blessent, Que la croix me donne l’ivresse Du sang versé par ton Fils. Je crains les flammes éternelles; O Vierge, assure ma tutelle A l’heure de la justice. Ô Christ, à l’heure de partir, Puisse ta Mère me conduire À la palme des vainqueurs à l’heure où mon corps va mourir, À mon âme, fais obtenir La gloire du paradis."

Veni Creator Spiritus (Mina)

Veni Creator Spiritus (Mina)


"Viens, Esprit Créateur, visite l’âme de tes fidèles, emplis de la grâce d’En-Haut les coeurs que tu as créés. Toi qu’on nomme le Conseiller, don du Dieu très-Haut, source vive, feu, charité, invisible consécration. Tu es l’Esprit aux sept dons, le doigt de la main du Père, L’Esprit de vérité promis par le Père, c’est toi qui inspires nos paroles. Allume en nous ta lumière, emplis d’amour nos coeurs, affermis toujours de ta force la faiblesse de notre corps. Repousse l’ennemi loin de nous, donne-nous ta paix sans retard, pour que,sous ta conduite et ton conseil, nous évitions tout mal et toute erreur. Fais-nous connaître le Père, révèle-nous le Fils, et toi, leur commun Esprit, fais-nous toujours croire en toi. Gloire soit à Dieu le Père, au Fils ressuscité des morts, à l’Esprit Saint Consolateur,maintenant et dans tous les siècles.
"

Ave Maria (Pietro Mascagni)

Ave Maria, Pietro Mascagni (Placido Domingo, Sissel)

Marthe Robin « Prends ma vie, Seigneur » du P. Peyret, p. 109

"La plus infinie louange à l’Immaculée exigerait pour être dignement exprimée un cœur plus limpide que le mien, une plume plus habile et expérimentée que la mienne. Et c’est pourtant d’Elle que je veux parler, quand bien même mes faibles balbutiements seront indignes d’Elle. Mais certaine néanmoins qu’Elle les agréera et les accueillera dans son cœur de maman, parce que vous êtes toute bonne, ô Marie, et parce que je vous aime et que vous êtes ma Mère. Arrière donc les grands mots, les belles phrases, les livres savants ! Moi, toute seule dans mon cœur d’enfant, je veux me recueillir pour contempler, non une image, mais la plus vivante et la plus splendide réalité qui, descendue du Ciel, s’est accomplie dans le cadre mystérieusement grand et pauvre de la Palestine. Cette réalité, c’est toute la genèse extérieure de l’Esprit Saint".


Guigues le Chartreux (1083-1136), prieur de la Grande Chartreuse
 
C’est par de tels discours que l’âme appelle son Époux. Et le Seigneur, qui regarde les justes et qui non seulement écoute leur prière mais est présent dans cette prière, n’attend pas la fin de celle-ci. Il l’interrompt au milieu de son cours ; il se présente tout-à-coup, il se hâte de venir à la rencontre de l’âme qui le désire, ruisselant de la douce rosée du ciel comme du parfum le plus précieux. Il recrée l’âme fatiguée, il nourrit celle qui a faim, il fortifie sa fragilité, il la vivifie en la mortifiant par un admirable oubli d’elle-même, il la rend sobre en l’enivrant. « Seigneur, que personne ne peut voir sinon les coeurs purs (Mt 5,8), je recherche, par la lecture et la méditation, ce qu’est la vraie pureté de coeur et comment on peut l’obtenir pour devenir capable, grâce à elle, de te connaître, si peu que ce soit. J’ai cherché ton visage, Seigneur, j’ai cherché ton visage (Ps 26,8). J’ai longtemps médité en mon coeur, et un feu s’est allumé dans ma méditation : le désir de te connaître davantage. Quand tu romps pour moi le pain de la sainte Écriture, tu m’es connu dans cette fraction du pain (Lc 24,30-35). Et plus je te connais, plus je désire te connaître, non seulement dans l’écorce de la lettre mais dans la saveur de l’expérience. « Je ne demande pas cela, Seigneur, en raison de mes mérites, mais à cause de ta miséricorde. J’avoue, en effet, que je suis pécheur et indigne, mais ‘ les petits chiens eux-mêmes mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ‘. Donne-moi donc, Seigneur, les gages de l’héritage futur, une goutte au moins de la pluie céleste pour rafraîchir ma soif, car je brûle d’amour »… 

saint Marc 7,24-30.

En partant de là, Jésus se rendit dans la région de Tyr. Il était entré dans une maison, et il voulait que personne ne sache qu’il était là ; mais il ne réussit pas à se cacher. En effet, la mère d’une petite fille possédée par un esprit mauvais avait appris sa présence, et aussitôt elle vint se jeter à ses pieds. Cette femme était païenne, de nationalité syro-phénicienne, et elle lui demandait d’expulser le démon hors de sa fille. Il lui dit : « Laisse d’abord les enfants manger à leur faim, car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. » Mais elle lui répliqua : « C’est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants. » Alors il lui dit : « A cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. » Elle rentra à la maison, et elle trouva l’enfant étendue sur le lit : le démon était sorti d’elle.

De plus en plus de CO2 dans l’atmosphère
 
 « Lors de la dernière décennie, les pays en développement comme la Chine et l’Inde ont accru leurs capacités de production électrique en brûlant plus de charbon »", souligne Chris Field, un biologiste de la Carnegie Institution.
 « Les économies du monde en développement continuent à émettre de plus en plus de carbone (CO2) dans l’atmosphère et nous sommes désormais dans une situation nouvelle quant à l’évolution du changement climatique », a poursuivi ce scientifique. Ce qui aura, conclut-il, « un impact bien pire que prédit dans le 4e rapport du GIEC. »
 
 

Une forêt tropicale


Les biocarburants : une mauvaise solution ?  
 C’est ainsi que le développement des biocarburants vu comme une des solutions pour lutter contre le réchauffement pourrait en fait l’aggraver : une grande partie de la production de ces carburants verts se fait au détriment des forêts tropicales, aujourd’hui défrichées pour cultiver du palmier à huile et de la canne à sucre.
 Ces forêts, connues pour leur capacité d’absorption du CO2, et protégées des incendies par leur fort taux d’humidité, sont aujourd’hui menacées par le réchauffement climatique et la modification de la distribution des précipitations.
 De plus, « l’homme risque d’aggraver ce phénomène en détruisant à un rythme accéléré des forêts tropicales pour des cultures destinées aux biocarburants », a mis en garde Holly Gibbs, de l’Université Stanford (Californie). « Le volume de CO2 libéré dans l’atmosphère par la déforestation est supérieur à celui non émis grâce à l’utilisation de bio-carburant », a-t-elle souligné.

Les climats de l’Atlantique Nord et de l’Atlantique Sud s’inverseraient dans un mouvement de bascule assez brutal sur  une échelle de milliers d’années, selon une étude internationale qui a paru dans la revue britannique Nature.

Le saviez-vous ? ( http://www.ushuaia.com/ushuaia-terre/info-planete/ )

A la fin de la dernière période glaciaire (il y a 120.000 à 10.000 ans), l’Atlantique Nord s’est réchauffé alors que l’Atlantique Sud se refroidissait. La bascule climatique entre ces deux zones a été "instantanée" selon les chercheurs.

Le Gulf StreamL’inversion très rapide entre les deux zones de l’Atlantique proviendrait de la circulation des eaux

Les chercheurs, après avoir étudié des sédiments de l’Atlantique Sud sous la  conduite de Stephen Baker (Université de Cardiff au Royaume Uni), estiment  que leur étude confirme les modèles théoriques déjà réalisés.
L’inversion très rapide entre les deux zones de l’Atlantique proviendrait de la circulation des eaux, le tapis roulant océanique dont fait partie le Gulf Stream, qui redistribue les températures entre le Nord et le Sud. 

Les océans se réchauffentLa dernière étude montre l’importance de l’Océan austral dans ces phénomènes

Des travaux précédents avaient montré que l’Antarctique réagissait seulement "graduellement" aux changements de température abrupts se produisant au Groenland, avec un réchauffement ou un refroidissement s’étendant sur des centaines de milliers d’années.
Et ce n’est pas tout ! Selon les auteurs, la dernière étude montre l’importance de l’Océan austral dans ces phénomènes et devrait aider aux prévisions sur les futurs changements climatiques.



Le darwinisme est une théorie scientifique, pas une idéologie : Entretien avec le professeur Marc Leclerc S.J.

ROME, Lundi 23 février 2009 (ZENIT.org) – Le 12 février dernier était célébré le 200e anniversaire de la naissance du scientifique et observateur anglais Charles Darwin, auteur de « L’origine des espèces » et de la seconde théorie de l’évolution, après celle de Lamarck. Cet anniversaire a été une occasion de dialogue ouvert entre scientifiques et théologiens, permettant de concilier la vision de la foi avec celle de la science, souvent considérées à tort comme s’opposant.A ce propos, ZENIT s’est entretenu avec le père Marc Leclerc S.J, professeur de philosophie de la Nature à l’université pontificale Grégorienne, qui organise aux côtés du Conseil pontifical pour la culture, le congrès sur le thème « Evolution biologique, faits et théories », qui se déroulera à Rome du 2 au 7 mars.

Zenit – Quelques mots d’abord de la vie de Darwin. Sa formation théologique dans l’Eglise anglicane a-t-elle eu une influence sur ses théories de l’évolution ?

P. Leclerc – Darwin était essentiellement un grand biologiste. Il n’était pas un philosophe ni un théologien. S’il est vrai qu’au départ sa formation a été davantage théologique au sein de l’Eglise anglicane, il a pris ses distances vis-à-vis de l’Eglise pour des raisons personnelles : principalement la mort de sa fille qui lui a semblé une grande injustice et a contribué à l’éloigner de la foi. Mais on peut dire qu’il est resté toujours respectueux ; sa femme, elle, était très croyante. Darwin a évolué. Pour finir, il a opté, comme il le disait lui-même, pour un agnosticisme ouvert, mais il n’a jamais été un athée qui utilise ses convictions religieuses contre la foi, comme le feront, malheureusement, certains de ses disciples. Mais il ne faut pas y voir une influence directe et encore moins la faute de Darwin. Il n’intervient ni dans un sens ni dans l’autre. Et sa théorie scientifique en tant que telle n’a rien à voir avec l’existence ou pas de Dieu, car nous sommes sur un tout autre plan.

Zenit – Quel risque y a-t-il  de voir la théorie de l’évolution de Darwin se transformer en une idéologie ?

P. Leclerc – Je pense tout particulièrement à deux éléments de sa théorie : le caractère aléatoire des variations et le mécanisme de la sélection naturelle. Faire abstraction de ces deux éléments et les ériger en clé d’interprétation de toute la réalité, c’est passer, probablement même sans s’en rendre compte, d’un plan scientifique à un plan idéologique, ce qui est une fausse philosophie, une fausse théologie, et s’oppose directement à l’explication religieuse de la réalité. Les adversaires du darwinisme ne doivent pas tomber dans le même piège, en confondant la théorie scientifique avec ces extrapolations. La théorie scientifique mérite tout notre respect, mais doit être discutée au seul niveau scientifique, et c’est ce que nous nous proposons de faire dans ce congrès. Ses extrapolations théologiques n’ont rien à voir avec la science.

Zenit – Comment parvenir à une juste vision entre évolution et création ?

P. Leclerc – Je suis convaincu que la médiation philosophique est indispensable pour éviter une confusion entre les deux domaines : un conformisme ou un désaccord, une séparation radicale ou un méli-mélo de tout dans lequel on ne comprend plus rien, pour arriver à articuler de façon rationnelle des plans qui sont distincts. C’est là qu’une médiation philosophique s’avère indispensable.

Zenit – Dire que l’homme est le résultat de l’évolution du singe correspond-il à une vision chrétienne ? Si oui, à quel moment a été créée l’âme ?

P. Leclerc – Tout d’abord, nous sommes différents des singes. Ce sont nos cousins, pas nos ancêtres. Le problème est que biologiquement nous avons des ancêtres communs, nous sommes donc cousins sur le plan biologique. Mais leur histoire est différente de la nôtre. Les uns diront que la nôtre « commence avec l’homo sapiens », pour d’autres : « bien avant  l’homo erectus », d’autres encore prétendent qu’ « elle commence avant avec l’homo habilis ». Il est impossible de trancher. Nous avons des indices, mais aucune preuve formelle. Ces indices correspondent au caractère symbolique de la pensée, au langage articulé et symbolique ouvert  à tous et  à la possibilité d’avoir, librement, des relations avec autrui, avec Dieu. Je suis incapable de dire à quel moment est apparue l’âme humaine : ce que l’on sait, c’est que l’humanité est aujourd’hui  une espèce unique de l’homme moderne sapiens sapiens. Au sein de cette espèce, chacun d’entre nous est créé par l’âme de Dieu, chacun étant doté d’une âme propre. Quand tout cela a-t-il  commencé ? Nous disposons, entre autres, d’une donnée importante : l’évolution biologique aurait culminé avec l’homo sapiens. Mais déjà avant l’apparition de l’homo sapiens commence la révolution culturelle,  propre à l’homme.

Zenit – La Genèse est-elle une théorie de la création du monde ou une théorie théologique pour expliquer la création de l’homme et sa liberté ?

P. Leclerc – Je rappelle ce que disait Galilée : la Bible ne nous enseigne pas « comment le ciel va, mais comment on va au ciel ». La Genèse nous relate comment l’homme a été créé par la pensée de Dieu, comment on va à Dieu et comment on s’est éloigné de Dieu. Elle ne nous dit pas scientifiquement pourquoi. A partir de cette conception, elle veut nous faire comprendre quel est le projet de Dieu sur l’homme et comment l’homme doit s’adapter à ce projet.

Zenit – L’homme est-il le seigneur de la création ou une espèce animale plus évoluée ?

P. Leclerc – Au niveau simplement phénoménologique, seul l’homme est capable d’une interaction avec son milieu en le modifiant à son gré, et il n’est pas obligé de s’adapter aux changements extérieurs du milieu. Un exemple : l’homme a produit  « L’origine des espèces ». On n’a jamais vu un animal réfléchir sur son origine et sur l’origine de tous les êtres vivants.

Advertisements
Cet article a été publié dans connaissance. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s