Avril 2014

 

 

M101 Galaxy  

 

La distance de M101 a été déterminée par la mesure de variables céphéides à l’aide du Télescope Spatial Hubble en 1994/95 pour aboutir à environ 24 (+/-2) millions d’années-lumière ; voir le H0 Key Project Team (paper III, 1996). Kenneth Glyn Jones mentionne les tentatives antérieures, depuis des observatoires terrestres, à l’annonce de la détection en 1986 de deux céphéides (donnant une distance estimée entre 20 et 26 millions d’années-lumière). Tout ceci est également en bon accord avec une distance déterminée par l’étude de la fonction de luminosité des nébuleuses planétaires par Feldmeier, Ciardullo et Jacoby (1996), qui fournit une valeur de 25,1 (+/- 1,6) millions d’années-lumière. En tenant compte du récent recalibrage de l’échelle des distances à partir des céphéides, la « véritable » distance de M101 devrait être supérieure d’environ 10%, soit 27 millions d’années-lumière.

Informations techniques Télescope utilisé: 2.5-m Isaac Newton Telescope. Instrument: Wide Field Camera. Detector: EEV. Filters and exposure times: Sloan g´, r´+H-alpha and i´.
Cette image a été obtenue grâce aux membres de  « IAC astrophotography group » (A. Oscoz, D. López, P. Rodríguez-Gil and L. Chinarro). Crédit: R. Barrena

  • Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215), théologien 

      « Le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard » (Ps 18,9). Reçois le Christ, reçois la capacité de voir, reçois la lumière, afin de connaître Dieu et l’homme… Recevons la lumière afin de recevoir Dieu…, recevons la lumière et devenons les disciples du Seigneur…, chassons l’ignorance et les ténèbres qui voilent notre regard comme un brouillard, contemplons le Dieu véritable… Alors que nous étions ensevelis dans les ténèbres et prisonniers de l’ombre de la mort (Mt 4,16; Is 42,7), du ciel une lumière plus pure que le soleil, plus douce que la vie d’ici-bas, a resplendi pour nous. Cette lumière est la vie éternelle, et tout ce qui y participe a la vie. La nuit redoute cette lumière ; de peur, elle disparaît, et fait place au jour du Seigneur ; tout est devenu lumière sans déclin.

  • Mars au voisinage de l’opposition
140411 Image Crédit & Copyright: Fabio Carvalho& Gabriela Carvalho, APOD, traduction Didier Jamet
Ce soir Mars sera entre l’opposition, qu’elle a atteinte le 8 avril, et la plus grande proximité à la Terre depuis deux ans. Située actuellement dans la constellation de la Vierge et à peu près exactement à l’opposé du Soleil, elle se trouve dans des conditions idéales pour être observée au télescope, comme en témoigne cette image prise le 3 avril 2014. Elle a été prise avec un appareil photonumérique de grande sensibilité placé au foyer d’un télescope de 40 cm de diamètre depuis Assis, au Brésil. La calotte polaire Nord de Mars est bien visible, ainsi que des nuages orographiques dus à la condensation de vapeur d’eau au-dessus de la région des grands volcans de Mars. La date de l’opposition et celle de plus grande proximité sont légèrement décalées du fait que les orbites de Mars et de la Terre ne sont pas des cercles parfaits. Si vous vous trouvez aux Amériques dans la nuit du 14 au 15 avril, vous pourrez observer, en plus de Mars dans les meilleures conditions, une éclipse totale de Lune. Bien que relativement proche de nous, la taille apparente de Mars ne représente jamais que 1/100e de celle de la Lune.

 

  • Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe ; Dialogues, ch.134 (trad. Seuil 1953, p. 455 )

Je ne veux plus, ô Feu ineffable, Père éternel, ni que mon désir se lasse de vouloir ton honneur et le salut des âmes, ni que mes yeux tarissent ; je te demande que par ta grâce ils deviennent deux fleuves qui sortent de toi, océan de paix. Louange, louange à toi, Père, car tu as répondu à ma demande et même à ce que j’ignorais et même à ce que je ne t’avais pas demandé. En me donnant de pleurer tu m’as invitée à t’offrir tous mes désirs, doux, amoureux, angoissés, et mes prières, humbles et continuelles.

Je te demande maintenant de faire miséricorde au monde et à ta sainte Église. Je te prie d’accomplir ce que tu me fais te demander… Ne tarde plus à faire miséricorde au monde, consens à accomplir le désir de tes serviteurs. Tu es celui qui les fait crier, écoute donc leur voix. Ta vérité a dit que si nous appelions il nous serait répondu, que si nous frappions il nous serait ouvert, que si nous demandions il nous serait donné (Lc 11,9). Père éternel, vers toi tes serviteurs clament miséricorde. Réponds-leur donc.

  • Messier 5 vu par Hubble

140425

 Image Crédit: HST, ESA, NASA, APOD, traduction Didier Jamet
 

« Belle nébuleuse découverte entre la Balance et le Serpent »… Ainsi débute la cinquième entrée du célèbre catalogue de l’astronome français du 18e siècle Charles Messier. Bien qu’elle ait paru à Messier floue et dépourvue d’étoiles, cette mystérieuse nébuleuse est en réalité un amas globulaire rassemblant plus de 100 000 étoiles dans un diamètre de 165 années-lumière et se trouvant à 25 000 années-lumière de nous. Parcourant le halo de notre galaxie, les amas de galaxies en sont de vieux compagnons, M5 étant l’un des plus âgés avec quasiment 13 milliards d’années au compteur. Ce bel amas est un objectif de choix pour les astronomes amateurs, et encore plus pour le télescope spatial Hubble dont nous fêtons aujourd’hui même les 24 ans dans l’espace. Sur cette superbe image concentrée sur les 20 premières années-lumière de l’amas, on distingue aisément jusqu’au coeur dense de l’amas les étoiles géantes rouges et bleues et les attardées bleues rajeunies.

  • ROME, 27 avril 2014 (Zenit.org)Homélie du pape François,  ce dimanche qui conclut l’Octave de Pâques, et que saint Jean Paul II a voulu dédier à la Divine Miséricorde, aux plaies glorieuses de Jésus ressuscité.

Il les montre dès la première fois qu’il apparaît aux Apôtres, le soir même du jour qui suit le sabbat, le jour de la résurrection. Mais ce soir là, nous l’avons entendu, Thomas n’est pas là ; et quand les autres lui disent qu’ils ont vu le Seigneur, il répond que s’il ne voyait pas et ne touchait pas les blessures, il ne croirait pas. Huit jours après, Jésus apparut de nouveau au Cénacle, parmi les disciples, Thomas aussi était là ; il s’adresse à lui et l’invite à toucher ses plaies. Et alors cet homme sincère, cet homme habitué à vérifier en personne, s’agenouille devant Jésus et lui dit « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20,28).
Les plaies de Jésus sont un scandale pour la foi, mais elles sont aussi la vérification de la foi. C’est pourquoi dans le corps du Christ ressuscité les plaies ne disparaissent pas, elles demeurent, parce qu’elles sont le signe permanent de l’amour de Dieu pour nous, et elles sont indispensables pour croire en Dieu. Non pour croire que Dieu existe, mais pour croire que Dieu est amour, miséricorde, fidélité. Saint Pierre, reprenant Isaïe, écrit aux chrétiens : « Par ses plaies vous avez été guéris » (1P 2,24 ; Cf. Is53,5).

  • Forme humaine à la dérive dans l’espace

140427 Image Crédit: Equipage ISS Expedition 12, NASAAPOD, traduction Didier Jamet

Voici une scène qui semble tout droit tirée du film Gravity, mais ne doit cependant rien à la fiction et lui est même bien antérieure. Au cours du mois de février 2006, une combinaison spatiale s’est lentement éloignée de la Station Spatiale Internationale, sans espoir de retour. Qui a fait le coup ? Pas besoin d’une longue enquête : c’est l’équipage de la Station Spatiale, et il s’agissait d’une expérience scientifique. Rebaptisée pour l’occasion Suitsat-1, une combinaison spatiale russe Orlan qui n’était plus d’utilité a été équipée d’un émetteur radio de faible puissance et placée en orbite terrestre autonome. Le signal radio du scaphandre s’est considérablement affaibli au bout de deux orbites seulement, ce qui n’était pas prévu. Bouclant un tour de Terre toutes les 90 minutes, la combinaison a fini par se consumer dans les couches supérieures de l’atmosphère quelques semaines plus tard. On voit ici le scaphandre vide immortalisé tandis qu’il s’éloignait de la Station.

  • Pape François: Exhortation apostolique « La Joie de l’Evangile / Evangelii Gaudium »

      L’évangélisation obéit au mandat missionnaire de Jésus : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28,19s)… Le Ressuscité envoie les siens prêcher l’Évangile en tout temps et en tout lieu, pour que la foi en lui se répande partout sur la terre. 

Dans la Parole de Dieu apparaît constamment ce dynamisme de « la sortie » que Dieu veut provoquer chez les croyants. Abraham a accepté l’appel à partir vers une terre nouvelle (Gn 12,1) ; Moïse a écouté l’appel de Dieu : « Va, je t’envoie » (Ex 3,10), et a fait sortir le peuple vers la terre promise ; à Jérémie il dit : « Tu iras vers tous ceux à qui je t’enverrai » (Jr 1,7)… Nous sommes tous appelés à cette nouvelle « sortie » missionnaire. Tout chrétien et toute communauté discernera quel est le chemin que le Seigneur demande, mais nous sommes tous invités à accepter cet appel : sortir de notre propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile. 

La joie de l’Évangile qui remplit la vie de la communauté des disciples est une joie missionnaire. Les soixante-dix disciples en font l’expérience, eux qui reviennent de la mission pleins de joie (Lc 10,17). Jésus l’a vu et exulte de joie dans l’Esprit Saint… Cette joie est un signe que l’Évangile a été annoncé et donne du fruit. Mais elle a toujours la dynamique de l’exode et du don, du fait de sortir de soi, de marcher et de semer toujours de nouveau, toujours plus loin. Le Seigneur dit : « Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j’y prêche aussi, car c’est pour cela que je suis sorti » (Mc 1,38)… Fidèle au modèle du maître, il est vital qu’aujourd’hui l’Église sorte pour annoncer l’Évangile à tous, en tous lieux, en toutes occasions, sans hésitation, sans répulsion et sans peur

  • Arp 81: 100 millions d’années plus tard

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 Image Crédit: Hubble Legacy Archive, ESA, NASA; Traitement Martin Pugh, APOD, traduction Didier Jamet 
 

Depuis la Terre, nous voyons ce duo de galaxies fortement déformées tel qu’il se présente après seulement une centaine de millions d’années depuis le frôlement des deux membres du couple. Catalogué sous le nom d’ Arp 81, le chaos résultant de leur interaction gravitationnelle mutuelle est détaillé sur cette image composite montrant des jets de gaz et de poussière déformés, des flambées de formation d’étoiles massives et une traîne gravitationnelle s’étirant sur 200 000 années-lumière derrière les survivantes cosmiques. Connue aussi sous le nom de NGC 6622 (à gauche) et NGC 6621, ces galaxies sont à peu près de même taille, mais vouées à fusionner en une grande et unique galaxie dans un lointain futur, en repassant à proximité l’une de l’autre jusqu’à la fusion finale. Situées dans la constellation du Dragon ( Draco en latin), ces deux galaxies se trouvent à 280 millions d’années-lumière de nous, mais on peut en observer de bien plus lointaines dans cette image retravaillée du télescope spatial Hubble.

 

  • ROME, 19 avril 2014 (Zenit.org) –Homélie du pape François

L’évangile de la résurrection de Jésus Christ commence par la marche des femmes vers le sépulcre, à l’aube du jour qui suit le sabbat. Elles vont au tombeau, pour honorer le corps du Seigneur, mais elles le trouvent ouvert et vide. Un ange puissant leur dit : « Vous, soyez sans crainte ! » (Mt 28, 5), et il leur demande d’aller porter la nouvelle aux disciples : « Il est ressuscité d’entre les morts ; il vous précède en Galilée » (v. 7). Vite, les femmes courent, et le long du chemin, Jésus lui-même vient à leur rencontre et dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront » (v. 10). La voix qui encourage à ouvrir le coeur.

Après la mort du Maître ; les disciples s’étaient dispersés ; leur foi s’était brisée, tout semblait fini, les certitudes écroulées, les espérances éteintes. Mais maintenant, cette annonce des femmes, bien qu’incroyable, arrivait comme un rayon de lumière dans l’obscurité. La nouvelle se répand : Jésus est ressuscité ; comme il avait prédit… Et aussi ce commandement d’aller en Galilée ; par deux fois les femmes l’avaient entendu, d’abord de l’ange, puis de Jésus lui-même : « Qu’ils aillent en Galilée, là ils me verront ».

La Galilée est le lieu du premier appel, où tout avait commencé ! Revenir au lieu du premier appel. Revenir là, revenir au lieu du premier appel. Sur la rive du lac, Jésus était passé, tandis que les pécheurs étaient en train de réparer leurs filets. Il les avait appelés, et eux avaient tout laissé et l’avaient suivi (cf. Mt 4, 18- 22).

Revenir en Galilée veut dire tout relire à partir de la croix et de la victoire. Sans peur. N’ayez pas peur! Tout relire – la prédication, les miracles, la nouvelle communauté, les enthousiasmes et les défections, jusqu’à la trahison – tout relire à partir de la fin, qui est un nouveau commencement, à partir de ce suprême acte d’amour. Pour chacun de nous aussi, il y a une “Galilée” à l’origine de la marche avec Jésus.

“Aller en Galilée” signifie quelque chose de beau, signifie pour nous redécouvrir notre Baptême comme source vive, puiser une énergie nouvelle à la racine de notre foi et de notre expérience chrétienne. Revenir en Galilée signifie surtout revenir là, à ce point incandescent où la grâce de Dieu m’a touché au début du chemin. C’est à cette étincelle que je puis allumer le feu pour l’aujourd’hui, pour chaque jour, et porter chaleur et lumière à mes frères et à mes sœurs.

À cette étincelle s’allume une joie humble, une joie qui n’offense pas la douleur et le désespoir, une joie bonne et douce.

Dans la vie chrétienne, après le Baptême, il y a aussi une “Galilée” plus existentielle : l’expérience de la rencontre personnelle avec Jésus Christ, qui m’a appelé à le suivre et à participer à sa mission. En ce sens, revenir en Galilée signifie garder au cœur la mémoire vivante de cet appel, quand Jésus est passé sur ma route, m’a regardé avec miséricorde, m’a demandé de le suivre ; retrouver la mémoire de ce moment où ses yeux ont croisé les miens, le moment où il m’a fait sentir qu’il m’aimait.

Aujourd’hui, en cette nuit, chacun de nous peut se demander : quelle est ma Galilée ? Où est ma Galilée ? Est-ce que je m’en souviens ? L’ai-je oubliée ? Je suis allé par des routes et des sentiers qui me l’ont fait oublier. Seigneur, aide-moi : dis-moi quelle est ma Galilée ; tu sais, je veux y retourner pour te rencontrer et me laisser embrasser par ta miséricorde.

L’évangile de Pâques est clair : il faut y retourner, pour voir Jésus ressuscité, et devenir témoins de sa résurrection. Ce n’est pas un retour en arrière, ce n’est pas une nostalgie. C’est revenir au premier amour, pour recevoir le feu que Jésus a allumé dans le monde, et le porter à tous, jusqu’aux confins de la terre.

 « Galilée des gentils » (Mt 4, 15 ; Is 8, 23) : horizon du Ressuscité, horizon de l’Église ; désir intense de rencontre… Mettons-nous en chemin !

  • La massive et proche galaxie spirale NGC 2841

140421

 Image Crédit: Hubble, Subaru; Composition & Copyright: Robert Gendler, APOD, traduction Didier Jamet
 

C’est une des plus massives galaxies connues. Distante de quelque 46 millions d’années-lumière de nous, la galaxie spirale NGC 2841 se trouve dans la constellation boréale de la Grande Ourse. Cette image incroyablement détaillée du splendide univers-île révèle les particularités d’une partie du disque galactique et de son noyau où le jaune prédomine. Les veines de poussière, les points rougeâtres des régions de formation d’étoiles et les régions bleutées marquant les emplacements d’amas d’étoiles jeunes sont emmitouflés dans les bras spiraux très resserrés. Ces caractéristiques sont plutôt inhabituelles par rapport aux autres grandes galaxies spirales dont les bras sont souvent plus étendus et les régions de formation d’étoiles moins ponctuelles. NGC 2841 présente un diamètre de plus de 150 000 années-lumière et est donc un tiers plus grande que notre propre galaxie, la Voie lactée. Cette image est constituée de données collectées par le télescope spatial Hubble et le télescope terrestre Subaru. L’étude du rayonnement X de cette galaxie suggère que NGC 2841 est entourée d’un vaste halo de gaz chaud résultant d’intenses vents stellaires et d’explosions de supernovae.

  • SERMON DE SAINT LÉON LE GRAND POUR LA PASSION

 

Le Seigneur est livré à ceux qui le haïssent. Pour insulter sa dignité royale, on l’oblige à porter lui-même l’instrument de son supplice. Ainsi s’accomplissait l’oracle du prophète Isaïe : Il a reçu sur ses épaules le pouvoir . En se chargeant ainsi du bois de la croix, de ce bois qu’il allait transformer en sceptre de sa force , c’était certes aux yeux des impies un grand sujet de dérision mais, pour les fidèles, un mystère étonnant : Le vainqueur glorieux du démon, l’adversaire tout-puissant des puissances du mal, présentait sur ses épaules, avec une patience invincible, le trophée de sa victoire, le signe du salut, à l’adoration de tous les peuples.

Comme la foule allait avec Jésus au lieu du supplice, on rencontra un certain Simon de Cyrène, et on fit passer le bois de la croix des épaules du Seigneur sur les siennes. Ce transfert préfigurait la foi des nations, pour qui la croix du Christ devait devenir, non un opprobre, mais une gloire. En vérité, le Christ, notre Pâque, a été immolé . Il s’est offert au Père en sacrifice nouveau et véritable de réconciliation, non dans le Temple, dont la dignité avait déjà pris fin, mais à l’extérieur et hors du camp , pour qu’à la place des victimes anciennes dont le mystère était aboli, une nouvelle victime fût présentée sur un nouvel autel, et que la croix du Christ fût cet autel, non plus du temple, mais du monde.

Devant le Christ élevé en croix, il nous faut dépasser la représentation que s’en firent les impies, à qui fut destinée la parole de Moïse : Votre vie sera suspendue sous vos yeux, et vous craindrez jour et nuit, sans pouvoir croire à cette vie . Pour nous, accueillons d’un cœur libéré la gloire de la croix qui rayonne sur le monde. Pénétrons d’un regard éclairé par l’Esprit de vérité le sens de la parole du Seigneur annonçant l’imminence de sa Passion : C’est maintenant le jugement du monde, c’est maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors. Et moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tout à moi.

O admirable puissance de la croix ! O gloire inexprimable de la Passion ! En elle apparaît en pleine lumière le jugement du monde et la victoire du Crucifié ! Oui, Seigneur, tu as tout attiré à toi ! Alors que tu avais tendu les mains tout le jour vers un peuple rebelle , le monde entier comprit qu’il devait rendre gloire à ta majesté. Tu as tout attiré à toi, Seigneur, puisque, le voile du temple déchiré, le saint des saints devenu béant, la figure a fait place à la réalité, la prophétie à son accomplissement, la Loi à l’Évangile. Tu as tout attiré à toi, Seigneur, puisque la piété de toutes les nations célèbre partout, au vu et au su de tous, le mystère qui jusqu’alors était voilé sous des symboles dans un temple unique de Judée.

Ta croix, ô Christ, est la source de toutes les bénédictions, la cause de toute grâce. Par elle, les croyants tirent de leur faiblesse la force, du mépris reçu la gloire, et de la mort la vie. Désormais, l’unique offrande de ton corps et de ton sang donne leur achèvement à tous les sacrifices, car tu es, ô Christ, le véritable Agneau de Dieu, toi qui enlèves le péché du monde . L’ensemble des mystères trouve en toi seul son sens plénier : au lieu d’une multitude de victimes, il n’y a plus qu’un unique sacrifice.

  • Eclipse de Lune au lac Waterton

140417

Image Crédit & Copyright: Yuichi Takasaka / TWAN / www.blue-moon.ca, APOD, traduction: Didier Jamet
 

Cette série d’images de l’éclipse de Lune du 15 avril 2014 a été prise dans le Parc National de Waterton Lakes, dans l’Alberta, au Canada, planète Terre. L’horizon le plus lointain comprend les sommets du Parc National Glacier, aux Etats-Unis. Constitué d’une série de photos prises à intervalles réguliers de 10 minutes, ce montage permet de suivre la position de la Lune ainsi que les différentes phases de l’éclipse, dont les 80 minutes de totalité. Vers 270 avant notre ère, l’astronome grec Aristarque mesurait déjà la durée des éclipses de Lune, et ce sans montre à quartz ni appareil photo. En utilisant simplement certaines propriétés géométriques, il parvint cependant à mettre au point une méthode incroyablement simple et précise pour en déduire la distance de la Lune exprimée en rayons terrestres. Sur cette image, on peut également suivre le déplacement de Mars, juste au-dessus de la Lune, de Spica juste en dessous, et de Saturne en bas à gauche.

 

  • Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231), franciscain, docteur de l’Église  « Se levant de table, Jésus quitte son vêtement, prend un linge et s’en ceint. Puis il met de l’eau dans un bassin et commence à laver les pieds de ses disciples. » On lit dans la Genèse un récit du même genre. Abraham dit aux messagers, aux trois anges qui le visitent : « Je vais vous apporter un peu d’eau ; vous vous laverez les pieds et vous vous reposerez sous cet arbre ; je placerai devant vous une bouchée de pain, et vous reprendrez des forces » (18,4-5). Ce qu’Abraham a fait pour les trois anges, le Christ l’a fait pour ses apôtres, ces messagers de la vérité, qui allaient annoncer au monde entier la foi de la Trinité Sainte. 
     Il s’incline devant eux comme un enfant ; il s’incline et leur lave les pieds. Quelle humilité incompréhensible, quelle bonté inexprimable ! Lui que les anges adorent dans le ciel, il est aux pieds de ces pêcheurs ! Cette face qui fait trembler les anges se penche sur les pieds de ces pauvres ! C’est pourquoi Pierre est saisi de crainte… Après leur avoir lavé les pieds, il les fait « se reposer sous l’arbre », comme il est dit dans le Cantique des Cantiques : « Je me suis assis à l’ombre de celui que j’ai désiré, et son fruit est doux à mon palais » (2,3). Ce fruit, c’est son Corps et son Sang, qu’il leur a donnés en ce jour. C’est la « bouchée de pain » qu’il a placée devant eux, et qui les a réconfortés pour les travaux qu’ils devaient entreprendre…

  • Insolite globule dans IC 1396

140414

 Crédit & Copyright: T. Rector (U. Alaska Anchorage) & H. Schweiker (WIYN, NOAO, AURA, NSF), APOD, traduction  Didier Jamet

Un monstre est-il tapi dans l’antre d’IC 1396 ? Hébergeant entre autres la nébuleuse de la Trompe d’Eléphant, cette région de formation d’étoiles riche en gaz et en poussières peut aussi, avec un brin d’imagination, donner l’impression d’abriter d’autres formes familières, dont certaines presque humaines. C’est surtout vrai si on la considère dans sa globalité, où c’est alors une sorte de monstrueux visage qui semble se dessiner. Cependant le seul monstre réellement présent sur cette image est une jeune et brillante étoile fort heureusement très éloignée de la Terre. Son rayonnement est si intense qu’il grignote lentement la poussière des globules cométaires sombres visibles en haut à droite de l’image. Les jets et les vents de particules émis par cette étoile repoussent également le gaz et la poussière ambiants. Distant de quelque 3000 années-lumière, le complexe d’IC 1396 est assez discret bien qu’il couvre une portion du ciel égale à 10 pleines lunes. Tout récemment, on a découvert plus de 100 jeunes étoiles en train de se former dans cette nébuleuse.

  • CATÉCHÈSE BAPTISMALE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME

Veux-tu savoir quelle vertu possède le sang du Christ ? Revenons à ce qui en a été la figure, aux récits anciens de ce qui s’est passé en Égypte. ~
Moïse dit : « Immolez un agneau sans tache et marquez vos portes de son sang. » Que dis-tu, Moïse ? Le sang d’un animal sans raison peut-il sauver des hommes doués de raison ? Oui, dit Moïse, non pas parce que c’est du sang, mais parce qu’il est la figure du sang du Seigneur. ~ À présent, au lieu des portes marquées par le sang de la préfiguration, le diable voit sur les lèvres des fidèles le sang de la vérité préfigurée marquer la porte de ce temple du Christ qu’ils sont maintenant ; à plus forte raison va-t-il donc battre en retraite ! ~
Veux-tu connaître encore par un autre biais la vertu de ce sang ? Vois d’où il a commencé à couler et d’où il a pris sa source : il descend de la croix, du côté du Seigneur. Comme Jésus déjà mort, dit l’Évangile, était encore sur la croix, le soldat s’approcha, lui ouvrit le côté d’un coup de sa lance et il en jaillit de l’eau et du sang . Cette eau était le symbole du baptême, et le sang, celui des mystères. ~ C’est donc le soldat qui lui ouvrit le côté ; il a percé la muraille du temple saint ; et moi, j’ai trouvé ce trésor et j’en ai fait ma richesse. Ainsi en a-t-il été de l’Agneau : les Juifs égorgeaient la victime, et moi j’ai recueilli le salut, fruit de ce sacrifice.

  • Spica, Mars et une Lune éclipsée

140416

 Image Crédit & Copyright: Damian Peach, APOD, traduction Didier Jamet 
 

Une Belle lune rougie glissait dans les cieux au matin du 15 avril 2014, totalement immergée dans l’ombre de la Terre pour largement plus d’une heure. Il s’agissait de la première éclipse totale de Lune de l’année et elle a pu être appréciée au mieux depuis les Amériques. Vue depuis l’île caribéenne de la Barbade, le disque lunaire à l’éclat diminué est vu ici pendant la phase de totalité. Le rouge profond de la Lune contraste avec le bleu de Spica, Alpha de la Vierge, à deux degrés d’arc d’elle. Bien plus brillante que Spica et à environ 10 degrés sur la droite, Mars, qui venait d’être à l’opposition, est au même moment au plus proche de la Terre depuis deux ans. La teinte caramel de la planète rouge semble répéter le thème de la lune éclipsée.

« Cette semaine, cela nous fera du bien à tous de regarder le crucifix, d’embrasser les plaies de Jésus, de les embrasser sur le crucifix. Il a pris sur lui toute la souffrance humaine, il s’est revêtu de cette souffrance », explique le pape François.

Le pape a en effet consacré sa catéchèse du mercredi matin à la Semaine Sainte, en insistant sur la « victoire de Dieu dans l’échec »: « Quand tout semble perdu, quand il ne reste plus personne (…), c’est alors que Dieu intervient avec la puissance de la résurrection. (…) Au moment le plus obscur, Dieu intervient et ressuscite. »

Le pape s’est exclamé: « Cette semaine, pensons beaucoup à la douleur de Jésus et disons-nous à nous-mêmes : c’est pour moi. »

En levant l’index pour indiquer le chiffre « ‘un », le pape a ajouté: « Même si j’avais été seul au monde, il l’aurait fait. Il l’a fait pour moi. »

Il a proposé ce petit exercice spirituel d’amour: « Embrassons le crucifix et disons : pour moi. Merci Jésus! Pour moi. »

Le pape a conclu là-dessus sa catéchèse: « Cette semaine, cela nous fera du bien de prendre le crucifix dans nos mains et de beaucoup l’embrasser, beaucoup, en disant : merci Jésus, merci Seigneur. »

 

  • En plein dans la nébuleuse d’Orion

140408

Image Crédit: R. Villaverde, Hubble Legacy Archive, NASA, APOD, traduction Didier Jamet
 

La Grande Nébuleuse d’Orion, une immense et proche région où naissent des étoiles, est probablement la plus célèbre de toutes les nébuleuses astronomiques. Ici, le gaz luminescent entoure les jeunes étoiles chaudes au bord d’un immense nuage moléculaire interstellaire à seulement 1500 années-lumière de la Terre. Sur l’image ci-dessus prise par le télescope spatial Hubble, de faibles filaments et nappes de poussière et de gaz sont particulièrement manifestes. La Grande Nébuleuse d’Orion est visible à l’oeil nu juste en dessous et à gauche de la ceinture aisément identifiable de trois étoiles dans la constellation populaire d’Orion. En plus d’abriter un brillant amas ouvert d’étoiles connu sous le nom de Trapèze, la Nébuleuse d’Orion contient de nombreuses nurseries stellaires. Ces pouponnières contiennent de l’hydrogène, de jeunes étoiles chaudes, des proplyds et des jets stellaires déversant de la matière à de hautes vitesses. Connue aussi sous le nom de M 42, la Nébuleuse d’Orion couvre environ 40 années-lumière et est située dans le même bras spiral de notre Galaxie que le Soleil.

  • Pape François, « Evangelii Gaudium / La Joie de l’Évangile »

La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours… Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée. Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts, il n’y a plus de place pour les autres, les pauvres n’entrent plus, on n’écoute plus la voix de Dieu…  Même les croyants courent ce risque…

  • Mars la rouge et Spica la bleue

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 Image Crédit & Copyright: P-M Hedén (Clear Skies, TWAN), APOD, traduction  Didier Jamet
 
Ce duo de corps célestes effectuera une brillante chorégraphie au cours des mois à venir. Mars étincellera dans la robe rouge qui a fait sa réputation alors qu’elle sera au meilleur de sa forme pour 2014 la semaine prochaine. La raison pour laquelle Mars est si brillante en ce moment est tout simplement que la Terre et Mars sont relativement proches l’une de l’autre. Spica brille en revanche d’un éclat bleuté relativement constant. Spica et ses feux de saphir ont été visibles tout au long de l’histoire de l’humanité, raison pour laquelle son nom remonte à l’antiquité. Sur cette image, la planète et l’étoile se levaient au-dessus de l’horizon sud-est la semaine dernière, leur éclat perçant les ramures encore décharnées d’une forêt de chênes suédoise au sortir de l’hiver.

  • L’Imitation de Jésus Christ, traité spirituel du 15ème siècle 

       « Celui qui scrute la majesté de Dieu sera accablé par sa gloire » (Pr 25,27 Vulg). Dieu n’a pas donné à l’homme l’intelligence suffisante pour tout connaître…; ce que l’on exige de toi, c’est une foi solide et une vie pure, et non une connaissance universelle. Si tu ne peux parfois même pas comprendre et saisir ce qui est au-dessous de toi, comment comprendrais-tu ce qui est au-dessus ? Abandonne-toi à Dieu, soumets ta raison à ta foi, et la lumière nécessaire te sera donnée.   Certains sont tentés au sujet de la foi et du saint sacrement ; il peut y avoir là une suggestion de l’ennemi. Ne te laisse donc pas assaillir par les doutes que le démon t’inspire, ni tourmenter par les pensées qu’il te suggère, mais crois à la parole de Dieu, crois à ses saints et à ses prophètes, et l’esprit mauvais s’enfuira. Il est souvent très profitable à un serviteur de Dieu de subir de telles épreuves. En effet, le diable ne tente pas les incroyants et les pécheurs, puisqu’il est sûr de les posséder ; c’est aux fidèles et aux amis de Dieu qu’il s’attaque afin de s’emparer d’eux par tous les moyens. Continue donc d’avancer dans la voie de Dieu avec une foi simple et inébranlable ; approche-toi de lui avec un respect humble, et pour tout ce qui dépasse ta compréhension, abandonne-toi avec confiance à la toute-puissance de Dieu. Dieu ne trompe jamais personne, mais celui qui se fie trop à lui-même risque fort de tomber dans l’erreur. Dieu s’approche des simples, se révèle aux humbles, « donne l’intelligence aux petits » (Ps 118,130), montre le chemin aux âmes pures, mais prive de sa grâce les curieux et les orgueilleux. La raison humaine tombe souvent dans l’erreur, mais la vraie foi est infaillible. La raison et toutes ses recherches doivent se ranger derrière la foi, et non la précéder ou la combattre.

  • En lisière de NGC 2174

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 Image Crédit: NASA, ESA, Hubble Heritage Team (STScI/AURA), APOD, traduction  Didier Jamet

Ce fantastique paysage céleste se trouve en lisière de NGC 2174, une région de formation d’étoiles distante de quelque 6400 années-lumière dans la constellation d’Orion. Il est constitué de pittoresques nuages de gaz et de poussières sculptés par les vents et les radiations des jeunes étoiles des environs, réparties dans des amas ouverts situés hors champ, au-delà du haut de l’image, autour du centre de NGC 2174. Les montagnes de NGC 2174 sont en réalité encore moins denses que l’air que nous respirons, et ne doivent leur apparence massive qu’à la poussière dont elles sont chargées. Alors que la formation d’étoiles se poursuit au sein de ces nuages, ils seront probablement dispersés par le rayonnement des étoiles qu’ils auront formées d’ici quelques millions d’années. Prise dans l’infrarouge proche par le télescope spatial Hubble, cette image couvre un champ d’environ 6 années-lumière. Elle a été publiée dans le cadre des célébrations des 24 ans du lancement d’Hubble à bord de la navette spatiale Discovery intervenu le 24 avril 1990.

  •  Sentence de saint Isidore.  

Celui-là est heureux qui est sage selon Dieu : la vie heureuse, c’est la connaissance de la divinité ; la Connaissance de la divinité est 1e fruits des bonnes ŒuvresLa prière nous purifie, la lecture nous instruit; si nous pouvons faire les deux, c’est bien . Si nous ne pouvons pas, la prière vaut mieux que la lecture. Celui qui veut être toujours avec Dieu doit prier fréquemment et lire fréquemment. Car lorsque nous prions, c’est nous qui parlons à Dieu, et lorsque nous lisons, c’est Dieu qui parle avec nous. Tout progrès vient de la lecture et de la méditation. Ce que nous ignorons, nous l’apprenons avec la lecture. Ce que nous avons appris, nous le conservons par la méditation. La lecture des Saintes écritures procure un double don: d’une part, elle forme l’intelligence, d’autre part, elle détache l’homme des vanités du monde et le conduit à aimer Dieu. La lecture comporte une double recherche, d’abord comprendre les écritures ? Ensuite quelle utilité fait leur valeur? Ensuite on est capable d’exprimer ce qu’on a appris. Le lecteur courageux sera plus disposé à accomplir ce qu’il lit qu’à rechercher la science. Il est en effet moins pénible d’ignorer ce que l’on désire savoir que de ne pas accomplir ce que l’on connaît. De même qu’en lisant nous désirons savoir, de même en connaissant devons nous accomplir ce que nous avons appris de bien.

Carthagène fut la patrie d’Isidore. Son père Sévérien, et sa mère Théodora. Il eut deux frères, saint Léandre et saint Fulgence, tous deux évêques, et une sœur, Florentine, aussi honorée d’un culte public. Lorsqu’il était encore dans les langes, sa nourrice l’ayant laissé seul dans le jardin, il fut environné d’un essaim d’abeilles, dont quelques-unes entraient dans sa bouche et y déposaient leur miel, tandis que les autres couraient sur son visage sans lui faire aucun mal ; ce qui fût-pris pour un présage de sa douceur et de son admirable éloquence. Il fut d’abord l’élève de son frère aîné, saint Léandre, évoque de Séville, qui l’aimait comme un fils, mais qui usait envers lui d’une telle sévérité, qu’un jour le jeune Isidore, craignant les corrections trop énergiques et trop fréquentes de son frère, s’enfuit de l’école de Séville. Après avoir erré quelque temps dans la campagne, le jeune écolier s’assit auprès d’un puits où il se mit à regarder la margelle creusée en divers endroits par la chute continuelle de quelques gouttes d’eau. Il se demandait d’où provenaient ces sillons, lorsqu’une femme qui venait chercher de l’eau, et que frappèrent vivement la beauté et l’humble innocence de l’écolier, lui expliqua que les gouttes d’eau, en tombant sans cesse sur le même endroit, avaient creusé la pierre. Il rentra en lui-même, et il comprit que si l’eau avait pu creuser cette pierre, l’assiduité à l’étude pourrait bien imprimer dans son esprit les sciences qu’on demandait qu’il apprît : aussi il retourna sur ses pas et s’appliqua plus que jamais aux lettres humaines. Il se fit même, par l’opération de Dieu qui le destinait à être le premier docteur de son siècle, un si grand changement dans sa personne, qu’il devint en peu d’années très-habile dans les langues latine, grecque et hébraïque, excellent orateur, savant philosophe, bon mathématicien et théologien incomparable. Son historien ne fait point difficulté de dire qu’il a égalé Platon en élévation d’esprit, Aristote dans la connaissance des choses naturelles, Cicéron en éloquence, Didyme en abondance, Origène en érudition, saint Jérôme en solidité de jugement, saint Augustin en doctrine et saint Grégoire dans la facilité de tirer des sens moraux de l’Ecriture sainte. Il vécut longtemps dans une cellule où son frère le tint enfermé pour l’empêcher de se trop répandre au dehors, en lui donnant les plus savants maîtres du temps.
Devenu le collaborateur actif de son frère dans la conversion des Ariens, il combattit avec beaucoup de vigueur ceux qui résistaient et que soutenait le roi Leuvigilde, son beau-frère ; et, bien que ce prince fût armé de fureur contre son propre sang, et qu’il n’eût pas même épargné son propre fils, saint Herménégilde, notre Saint ne laissa pas néanmoins de s’opposer courageusement à sa perfidie et de confirmer sans cesse les catholiques dans la foi de la consubstantialité du Verbe divin avec son Père ; aussi regardait-il le martyre comme un souverain bonheur, et il eût volontiers acheté au prix de tous ses biens l’honneur de mourir pour la défense de la vérité catholique. Deux conciles furent célébrés de son temps en Espagne ; il y présida : le premier est celui que nous appelons le second de Séville, où il convainquit un hérétique Acéphale, nommé Grégoire, et guérit un aveugle par le seul attouchement de son gant. Le second fut le quatrième de Tolède, où il fit faire soixante-quatorze Canons très-utiles pour l’explication de la foi et pour le rétablissement de la discipline de l’Eglise. On croit que ce fut ce concile qui le pria de dresser le Missel et le Bréviaire à l’usage des églises d’Espagne 2. Il fit beaucoup d’autres ouvrages, dont saint Braulion et saint Ildefonse, qui étaient sortis de son séminaire, et qui avaient admirablement bien profité de ses instructions, ont fait le catalogue. On lui en attribue encore d’autres, que l’on peut voir mentionnés dans ses œuvres. La persécution finit par la mort du persécuteur et par la conversion de Récarède, son autre frère et son successeur au royaume des Goths, à laquelle saint Isidore ne contribua pas peu ; alors notre Saint se retira dans un monastère qu’il avait fait bâtir, pour y travailler plus facilement à la mortification de ses sens et de ses passions, à la ruine de son amour-propre, à l’étude des saintes Ecritures et à la méditation continuelle des vérités divines. Ce fut là une école céleste où il acquit en peu de temps de grands trésors de science et de vertu ; mais le décès de saint Léandre, son frère, étant arrivé, il fut tiré du cloître par force et après plusieurs résistances, pour gouverner l’église de Séville, qui était alors la première de toute l’Espagne (600 ou 601). On ne saurait rien ajouter au soin qu’il apporta pour s’acquitter dignement de ce grand emploi, et pour être pasteur d’effet comme il l’était de nom. Il se fit l’œil de l’aveugle, le pied du boiteux, la consolation des affligés, le soulagement des pauvres et le refuge de tous les malheureux. Il n’épargna rien pour exterminer l’arianisme qui infestait encore une grande partie de son diocèse ; pour réformer les mœurs des fidèles, qui s’étaient corrompues sous le règne des hérétiques ; pour rétablir dans sa splendeur la discipline ecclésiastique et pour faire que les offices de l’Eglise fussent célébrés avec la majesté et la dévotion que demande la grandeur du Dieu que l’on y honore. Il composa pour cela deux livres des divins Offices, avec un Missel et un Bréviaire, qui ont été longtemps en usage parmi les Goths et les Mozarabes. On croit que cet Office était aussi en usage en France avant Charlemagne. Comme ce vigilant Prélat savait que l’instruction et l’éducation des jeunes clercs est d’une extrême importance pour la bonne conduite d’un diocèse, il fit bâtir un collège, ou séminaire, pour y élever ceux qui aspiraient aux saints Ordres et à l’état ecclésiastique ; et, quoique le gouvernement de son évêché lui donnât beaucoup d’affaires, il ne laissait pas de s’y rendre assidûment, non-seulement pour leur enseigner la doctrine sacrée, que nous appelons maintenant théologie, mais aussi pour les former aux fonctions et aux cérémonies de leur état. Il fonda aussi par toute l’Espagne plusieurs beaux monastères, bientôt remplis d’un grand nombre de saints religieux, pour la conduite desquels il composa une règle, que l’on appelle la Règle de saint Isidore ; le saint Abbé d’Aniane en fait souvent mention dans sa Concorde des Règles. Cela fait juger à plusieurs que celle de saint Benoît n’était pas encore reçue en ces provinces 1. Six mois avant sa mort, il en ressentit les approches par une fâcheuse maladie ; quoiqu’elle lui affaiblît le corps, elle semblait néanmoins lui fortifier l’esprit. Sa première application, dans ce mal, fut de redoubler ses aumônes, ou, pour mieux dire, de faire distribuer aux pauvres, aux vierges, aux monastères et aux étudiants tout ce qui lui restait de biens. Une augmentation de fièvre l’ayant averti, quatre jours avant son décès, que l’heure en était fort proche, il fit venir deux évêques, ses suffragants, pour l’assister dans ce passage. Après leur arrivée, il se fit porter dans l’église de Saint-Vincent, où il donna la bénédiction à son peuple, accouru les larmes aux yeux pour la recevoir. Ensuite, étant assis au milieu du chœur, il se dépouilla de ses habits, se fit donner le cilice et la cendre par ces évêques, et, en cet habit de pénitence, il fit cette prière à Dieu : « 0 Dieu, qui connaissez les cœurs des hommes, qui avez pardonné au Publicain ses péchés, lorsque, éloigné par respect de vos autels, il se frappait humblement la poitrine ; et qui avez rendu la vie à Lazare, mort depuis quatre jours, recevez maintenant ma confession et détournez vos yeux des péchés sans nombre que j’ai commis contre votre majesté. C’est pour moi, et non pas pour les justes que vous avez mis dans l’Eglise, le bain salutaire de la pénitence ». Il prolongea encore cette oraison, et, après avoir été absous par un des évêques, il reçut la sainte communion avec de grands sentiments d’humilité et de contrition. Ensuite il se recommanda aux prières de toute l’assistance et pria aussi pour son peuple ; et, pour couronner par une action héroïque une si belle disposition à la mort, il fit venir tous ses débiteurs et leur rendit leurs obligations ; il commanda en même temps que ce qui lui pouvait rester d’argent fût sur-le-champ donné aux pauvres. Il se fit de même porter à l’église les autres jours, et, le quatrième, il rendit son âme à Dieu, entre les mains de ses clercs et d’un nombre infini de moines, de vierges et de saints laïques, qui voulurent assister à une mort si précieuse, le 4 avril 639.
Le corps de saint Isidore fut inhumé au lieu même où il mourut. En l’année 1058, il fut transféré en la ville de Léon, capitale du royaume du même nom, où il repose dans l’église de Saint-Jean-Baptiste, laquelle porte aujourd’hui le nom de Saint-Isidore.
  • La trompe d’éléphant dans IC 1396

101106

 Crédit & Copyright: Rolf Geissinger, APOD, traduction Didier Jamet
 
La nébuleuse de la trompe d’éléphant serpente au travers du complexe IC 1396 formé d’une nébuleuse par émission immergée au cœur d’un jeune amas stellaire, dans la haute et lointaine constellation de Céphée. Cette trompe d’éléphant cosmique fait plus de 20 années-lumière de long. Cette mosaïque en fausses couleurs a été prise au travers de filtres étroits ne laissant passer que la lumière émise par les atomes ionisés d’hydrogène, de soufre et d’oxygène qui peuplent la région. Le résultat met en valeur les brillants contours qui soulignent les poches de gaz et de poussières interstellaires froides. Ces sombres nuages en forme de filaments contiennent le matériau brut à partir duquel vont se former les étoiles et dissimulent les proto-étoiles. À près de 3000 années-lumière de distance, le relativement peu brillant complexe d’IC 1396 couvre une vaste région du ciel, à peu près 5° sur le ciel. Ce gros plan spectaculaire couvre un champ de 2° sur le ciel, à peu près 4 fois la taille de la pleine Lune.

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